La légende prétend que l’Andorre a été fondée par Charlemagne en l’an 805 mais si l’on en croit les découvertes archéologiques réalisées dans les années 80, les traces des premiers habitants des vallées remontent à 9000 ans avant J.-C.
Les hommes se sont vite adaptés aux rudesses du climat et du relief, utilisant peu à peu les matériaux humbles et robustes qu’offrent la montagne, la pierre, le fer ou le bois pour édifier leurs premiers abris.
Ainsi au XIIe siècle les églises romanes, souvent frustres et sévères semblent avoir fleuri aux points stratégiques du paysage, parfois sur des constructions antérieures, wisigothiques ou carolingiennes.
A l’image des « parrochiae » romaines, ces centres de vie spirituelle et communautaires jouent un rôle important dans les cérémonies et les actes qui rassemblent les habitants des paroisses. Surplombant la vallée, dressés sur un contrefort rocheux, les clochers servent de tour de guet pour avertir des dangers et les porches ou les sanctuaires, espaces dévolus au recueillement vont abriter les premières formes de l’organisation politique andorrane.
La tradition préromane au IXe siècle se caractérise par une abside carrée séparée de la nef par un arc triomphal outrepassé, un appareillage irrégulier, des fenêtres archaïques à ébrasement simple, ces édifices sont réalisés avec les matériaux disponibles sur place (granit, schiste, pierre ponce, ardoise).
L’influence lombarde, venue d’Italie du Nord se développe dans les vallées à partir du XIIe siècle, ne modifiant cependant en rien la modestie des édifices habillés de galets ou de moellons dégrossis, recouverts de crépis avec pour seul élément décoratif des frises en pierre ponce ou en dents de scie sur les porches des églises et quelques visages stylisés sur les clochers comme à Sant Miquel ou Santa Coloma.
Tranchant avec cette sobriété architecturale, les clochers se dressent avec orgueil comme celui d’Encamp qui culmine à 23 mètres. Véritables emblèmes communautaires, ces tours rondes ou carrées ont un rôle à la fois de défense et de communication à l’instar des forteresses cathares : du haut de ces promontoires, on sonne le tocsin et l’on envoie des signaux lumineux d’un bout à l’autre de la Principauté.
Des restes de pigments noirs, rouges ou blancs témoignent comme à Santa Coloma de l’ancienne décoration polychrome de ces tours. Les façades de pierre naturelle étaient crépies et blanchies à la chaux puis ornées de motifs géométriques rehaussant l’architecture du bâtiment.
A l’intérieur de ces églises l’on peut encore découvrir des fresques d’une grande expressivité narrative. Ces peintures dont le registre de couleurs alterne du rouge au noir en passant par le jaune ou le gris, occupaient autrefois le chevet des édifices.
Outre les figures du collège apostolique, les symboles des quatre évangélistes, notons dans l’abside de Sant Marti de la Cortinada une composition assez remarquable pour être détaillée:
d’un côté la représentation de religieux de face parmi lesquels Saint Martin de Tours et saint Brice, son successeur à l’évêché tourangeaux;
de l’autre, des laïcs de trois quarts parmi lesquels un joueur de viole, un danseur, un archer et, se mêlant à l’ensemble, des oiseaux et des animaux fantastiques.
Au milieu du XIIe siècle un artiste désigné sous le nom de maître de Santa Coloma, influencé par la production du grand Maître de Pedret, celle de Taüll ou de la Seu d’Urgell, exerce ses talents à Santa Coloma, San Miquel d’Engolaster, Sant Roma de les Bons ou Sant Cristofold’Anyos.
Ses représentations proches de la sensibilité populaire se caractérisent par l’allongement des visages ou l’accentuation des joues et du front en utilisant des pigments rouges.
Si l’art roman ne pénètre dans ces contrées de haute montagne qu’un siècle après son apparition en Catalogne, il s’y installe de manière durable.
Certes, un retable baroque se substitue à un décor roman mais dès qu’il s’agit de construire un nouveau bâtiment c’est sur le modèle médiéval traditionnel.
Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à parler pour l’art roman, d’art national andorran. Si bien que lorsque l’on a reconstruit, en 1972, le sanctuaire de Meritxell endommagé par un terrible incendie, l’architecte Ricardo Bofill, fidèle au modèle roman, l’a doté d’arcs pleins cintres et a combiné ardoise et pierre du pays dans sa réalisation.
Exceptionnellement bien conservées, les églises romanes andorranes forment un ensemble unique et cohérent que l’on peut visiter durant la période estivale avec un service gratuit de guides culturels. Les chemins de l’art roman, de Sant Miquel à Sant Joan de Caselles, à découvrir sans attendre.
Syndicat d’initiative tél : +374 820 214
Adresse électronique : sindicatdinitiativa@andorra.ad
Crédit photos: Ministère du Tourisme Andorra

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