La tête de liste d’Europe Ecologie Midi-Pyrénées a choisi le Pays de l’Ours pour dévoiler le détail de son programme, et le plan de campagne des écologistes pour cet important scrutin.
Les Arbasiens avaient répondu nombreux (environ quatre vingt personnes sur une population de moins de deux cent cinquante habitants) à l’invitation de leur maire, le très médiatique François Arcangeli, de venir débattre avec ceux qui proposent, d’«anticiper enfin, réorienter vraiment, et gouverner autrement»
Gérard Onesta est en fait un habitué de ce village situé à la limite de la Haute Garonne et de l’Ariège: déjà, il y a moins d’un an, il y avait tenu son dernier meeting pour les européennes, alors qu’il était encore vice-président du parlement européen.
«Il y avait déjà du monde dans la salle, mais ce soir c’est encore mieux»
Il revient sur cette élection qui a vu l’émergence d’Europe Ecologie comme parti politique majeur: «la première fois, on a passé un cap […] En juin, on a semé l’espoir, aujourd’hui, on ne peut plus décevoir»
Puis, il parle de la campagne actuelle: «on sent qu’il se passe quelque chose, même des gens qui ne sont pas de notre parti nous soutiennent […] c’est très surprenant !»
Les chiffres sont parfois trompeurs, mais aussi, souvent révélateurs: le programme proposé par les écologistes a ainsi «nécessité cinq mois de travail, provoqué un millier de rencontres, mobilisé cent cinquante rédacteurs, pour l’élaboration de seize fiches thématiques ne déclinant pas moins de deux cents propositions ciblées»
Avant de répondre aux questions de la salle, la tête de liste régionale expose sa méthode de travail en trois points:
• Anticiper la crise: «une spécialité des écologistes», seul moyen de proposer des solutions pour demain. «L’emploi se fait la malle, on a très peu de temps»
• Réorienter vraiment: «on n’est pas dans le cosmétique […] Il faut dès aujourd’hui préparer la société du post-pétrole !»
• Gouverner autrement: «il y a quatre vingt onze élus au conseil régional, ils seront tous respectés, y compris l’opposition»
D’ailleurs la gouvernance est un des chevaux de bataille de Gérard Onesta.
Elle se déroulera en trois temps:
• Concertation: «elle pourra aller jusqu’au référendum […] il ne faut pas avoir peur du citoyen !»
• Décision: «elle sera collégiale au travers de commissions au rôle renforcé»
• Evaluation: «toutes les actions seront évaluées publiquement et dans la transparence !»
Au hasard des questions, on apprend que le mot «décroissance, mot casse-gueule par excellence» a été choisi par les écologistes parce qu’ils en avaient assez de se faire piquer leur vocabulaire.
«Tout le monde parle aujourd’hui de développement durable» et parce que derrière «décroissance», il y a surtout, la «croissance» voulue, en matière de transports en commun, d’énergies renouvelables, d’agriculture bio, de temps libre […]
Il n’est pas question pour nous d’ajouter de la misère à la misère […] les indices de mesure de la croissance sont vieux de soixante ans […]
Plutôt que l’accumulation de biens, nous préférons le tissage de liens […]
Le changement de société est inévitable: ou on le choisit dès maintenant, ou il nous sera imposé plus tard […] Nous faisons le choix d’un monde plus apaisé, plus solidaire»
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