Continental: le bras de fer se poursuit
17/12/2010 | 20:01
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La situation est aujourd’hui en «stand-by» dans le conflit qui oppose depuis des semaines les salariés et la direction de l’équipementier automobile Continental Automotive France (installé sur les sites de Boussens, Toulouse et Foix).

Il est toujours demandé aux salariés de choisir entre sacrifices salariaux et garantie de l’emploi.

La médiation qui avait repris sous l’égide des pouvoirs publics a accouché d’un nouveau texte.

Et une réunion devait être organisée ce vendredi en Préfecture de Région à Toulouse pour «signer» ce nouveau projet.

La rencontre a finalement été annulée au dernier moment. L’accord n’avait, dans tous les cas, aucune chance d’aboutir.

Les deux syndicats majoritaires, la Cfdt et la Cgt, ont en effet fait savoir hier qu’ils s’y opposeraient une nouvelle fois (dans la loi, un ou plusieurs syndicats disposant de la majorité des voix aux élections professionnelles peuvent s’opposer à ce type d’accord).

Un scénario qui avait déjà bloqué la route au plan proposé par la direction en octobre.

Les trois autres syndicats (FO, CFE-CGC et CFTC) avaient à cette époque décidé de le signer.

«Pratiquement rien n’avait changé par rapport à la première version. On a négocié.

Et une nouvelle fois, nous n’avons pas été entendus
» explique une délégué syndicale Cfdt du site de Foix.

Dans le nouveau protocole, la direction s’engageait à maintenir les emplois jusqu'à fin 2015, ainsi que des investissements de 100 millions d'euros dans les trois usines, avec un maintien du pouvoir d'achat en 2011.

Mais la CGT et la CFDT refusent le fait que les salariés devraient travailler huit jours supplémentaires par an, et donc qu'ils paieraient eux-mêmes le maintien de leur pouvoir d'achat.

De plus, les deux syndicats dénoncent une manipulation des primes et de l'intéressement qui ne suffirait même pas à maintenir le niveau total de rémunération des salariés par rapport à 2010.

Bref, ils dénoncent toujours le même «chantage à l’emploi», et montrent du doigt les profits records réalisés par l’entreprise qui devrait totaliser des bénéfices de 50 millions d’euros en 2010.

La direction de sont côté s’inquiète toujours des «conséquences catastrophiques» dans le cas où cet accord ne serait une nouvelle fois pas signé.

Et brandit toujours le spectre d’une baisse importante des commandes en 2012 et 2013.

Cette fameuse réunion qui devait servir de «conclusion» devrait être reportée.

Et on se demande d’ailleurs à quoi elle servira dans la mesure où le nouveau plan proposé par la direction restera vraisemblablement lettre morte.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/12/2010 | 20:01 | Lu: 11001 fois