Les Ariégeois à Paris: chroniques du 49e Salon international de l'Agriculture
Après une interruption de six ans, le département de l’Ariège a fait son grand retour au salon de l’agriculture de Paris…
Berceau de races rustiques comme la vache Gasconne ou de la Casta, la brebis tarasconnaise ou de la Castillonnaise, le cheval de Mérens ou le Castillonnais, ce territoire niché au cœur des Pyrénées, adossé à l’Andorre est l’un des mieux préservés de France.
L’agriculture ariégeoise recèle d’énormes atouts au regard de la qualité de sa production et de l’image d’authenticité véhiculée par ses produits.
Le Ariégeois ont su puiser dans ces richesses pour cultiver les traditions culinaires et artisanales qui font aujourd’hui leur fierté.
La Gasconne en majesté
Depuis le 25 février, date de l’ouverture du salon, des milliers de personnes viennent voir et photographier Valentine, 7 ans, beauté rustique de 887 kg à la robe grise et aux yeux immenses soulignés de noir.
Cette belle vache gasconne aux muscles déliés trône en majesté sur le stand des gasconnes et son effigie est alignée en 4 par 3 sur toutes les affiches qui pavoisent la capitale.
A ses côtés, ses congénères venues pour la plupart du département de l’Ariège prennent la pause avec la même nonchalance…
Depuis leur arrivée à la capitale les journées sont longues, réveil à 6h, puis grande toilette avant de changer de litière et de prendre des forces avant d’attaquer une longue journée et de répondre aux sollicitations du public toujours plus nombreux à venir flatter la croupe des stars du Salon.
Le concours national de la race à consacré mardi 28 février les éleveurs ariégeois qui ont accédés aux plus hautes marches des podiums.
Preuve une fois de plus de l’excellence de notre élevage.
Le cheval de Castillon en vedette
François 1er à la bataille de Pavie (1525) avait déjà choisi ce petit cheval de montagne pour gravir les Alpes et aller guerroyer en Italie.
Cette race rustique à la robe noir Pangaré trouve son berceau de race dans la partie occidentale du département, le Couserans.
Longtemps utilisé par les montagnards pour sa résistance aux conditions météo et son pied sûr, puis par l’armée (la cavalerie) pour ses capacités à porter ou à tirer, pourtant au siècle dernier, concurrencé par l’industrialisation, le Castillonnais tombe peu en peu dans l’oubli.
Mais c’était sans compter sur la pugnacité des éleveurs du Couserans qui se sont battus pour faire reconnaître la race par les Haras Nationaux.
Aujourd’hui ils sont près de 500 spécimens, en Bretagne, en Corse mais surtout dans les Pyrénées occidentales.
Cheval de loisir, cheval de bât mais également bête de concours (dressage, complet ou obstacles), ce cheval polyvalent mérite d’être mieux connu du grand public.
La présence de la championne suprême 2011 et des membres de l’association du cheval castillonnais Ariège-Pyrénées au Salon de l’Agriculture y ont certainement contribué.
Ces ambassadeurs du département de l’Ariège...
-Du fromage pour titiller les papilles
Bethmale, chèvre ou brebis, tous les départements sont valorisés par leurs fromages et l’Ariège est à lui seul un véritable plateau… une tradition ancestrale et une production pastorale qui remontent à la nuit des temps.
Les tommes, essentiellement élaborées à partir de lait de vache, sont produites au cœur du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, une économie fromagère active, porteuse d’emplois qui perpétue la tradition.
Plus d’une vingtaine de petits producteurs fermiers et presque autant d’artisans transformateurs et/ou affineurs travaillent aussi le lait crû de vache, brebis ou chèvre pour la fabrication des tommes des Pyrénées au lait crû.
Un IGP valorisera bientôt ce savoir-faire.
Eric, de la Ferme de Liers près de Massat, est présent à la foire pour valoriser les fromages ariégeois… il fait un véritable tabac!
-Eric la fine lame de la Barguillère
Polissoirs, lustreuse, martinet, forges pour chauffer et transformer les barres d’acier, fer et carbone, ce forgeron-coutelier installé sur les hauteurs de Foix à laissé un temps ses machines hors d’âge pour venir présenter ses couteaux d’exception au salon de l’agriculture.
Des pièces uniques aux lames polies et aux manches fabriqués à partir de corne ou de bois régionaux.
Eric est un habitué du salon (c’est sa 20e édition), ce sont des vacances pour lui, il parle avec amour de son métier et de son pays.
Ici tout le monde peut trouver son bonheur: couteau de cuisine ou Pyrène en bois de genévrier, rien à voir avec la marchandise bradée plus loin par les marchands du temple: «ma croisade c’est la qualité, vous le voyez, on a pris soin de faire un véritable stand pour mettre en valeur un véritable travail […]
Pas besoin d’argumenter il suffit de voir mes mains calleuses pour comprendre mon travail !»
-Olivier, l’homme qui chuchote à l’oreille des ânesses
Producteur de lait d’ânesse depuis quinze ans et créateur de la gamme de cosmétiques «Asinus», Olivier accueille les visiteurs l’été sur l’estive de la Plagne en Haut-Couserans où son troupeau de 40 ânesses va passer l’été de juin à octobre à 1000m d’altitude.
Leur lait aux vertus connues depuis l’Egypte ancienne sera transformé en savonnettes, onctueuses crèmes pour le visage, voluptueuses crèmes pour le corps…
Ce pionnier dans la cosmétique au lait d’ânesse a fait aujourd’hui des émules et pour lui le Salon de l’Agriculture est une formidable vitrine avec ses 700 000 visiteurs sur 10 jours:
«C’est ma quinzième année, il a y ici des visiteurs qui viennent de toute la France, la visibilité est énorme»
La soirée ariégeoise met le feu au Salon de l’Agriculture
Vendredi soir, le département Ariège-Pyrénées a investi le stand Midi-Pyrénées (hall7).
Pas un instant à perdre, quatre chefs ariégeois mettent les bouchées doubles pour préparer les produits locaux venus par la route en camion réfrigéré: bonbons de chèvre à l’Hypocras et aux épices, financiers pâtes de fruits à la pomme de Mirepoix, velouté de potimarron chantilly au pain d’épices, tartare de bar à l’orange confite, citrons et basilic frais, écrasée de «cocos» en verrine, croustillant de lard de cochon noir bio, sushi ariégeois au foie gras d’ici, escargot de Faurou façon Parmentier… ambiance «master-chef»!
«On ne serait pas monté à Paris sans ramener avec nous des produits ariégeois issus de circuits courts, nous avons envie de les faire découvrir aux Parisiens» explique Gilles Sabatier un des chefs du restaurant les Sapins (Nalzen).
Une véritable opération de séduction et de communication orchestrée par le conseil général en partenariat avec l’agence départementale du tourisme et la chambre d’agriculture.
«Au lieu de faire petit sur toute la durée du salon, nous avons décidé de faire gros et fort pendant un jour et demi […]
Une opération vivante et dynamique pour partager avec les Ariégeois du salon et tous les visiteurs, les meilleurs aspects de l’Ariège: bien vivre et bonne humeur concentrés sur un jour et demi, cela vaut tous les dépliants du monde pour donner envie de venir en Ariège !» poursuit Philippe Jugie, directeur de l’ADT.
D’«Ariejo moun païs» à «Se canto» en passant par «Le refuge au Pays des isards» et «Que la montagne est belle», les Ariégeois ont chanté l’amour de leur montagne jusqu’à tard dans la soirée, ralliant à leur cause Bretons, Corses et bon nombre de visiteurs de ces nocturnes au salon.
Une soirée émaillée par la visite de Jean-Pierre Bel, président du Sénat, qui s’est replongé sans effort dans l’ambiance festive du pays… décidemment il y avait un peu d’Ariège dans ce coin du XVe arrondissement de Paris.
dans la même rubrique
- Pamiers: Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées en visite au lycée agricole, pionnier en matière d'agroécologie
- La Confédération Paysanne dénonce les «coûts exorbitants» de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
- Castillon-en-Couserans: chouette nuit en perspective le 1er avril
- Solidarité chez les apiculteurs: deux cents essaims venus de toute la France réceptionnés samedi à Fabas dans l'Ariège
- Les apiculteurs Ariégeois attendent les essaims de la solidarité
- La Confédération Paysanne de l'Ariège dit non aux services payants de la Chambre d'Agriculture
- Fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 mais pas fin des contraintes pour les producteurs ariégeois
- Manifestation devant la Chambre d'Agriculture: «il y a un terreau de ZAD dans le département de l'Ariège»
- Rencontres au sommet au Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises: premiers pas vers un Parc Pyrénéen des Trois Nations?
- Le photovoltaïque agricole en Ariège, oui, mais pas à n'importe quel prix!
- Les médailles ariégeoises du Salon international de l'Agriculture
- Salon de l'Agriculture: ces Ariégeois fidèles au rendez-vous parisien
- Réserve Naturelle Régionale de Montségur: un acte fondateur
- Salon de l'agriculture: Mérens et Castillonnais, les races ariégeoises en représentation à Paris
- Surveillance sanitaire du chevreuil en Ariège
- Salon de l'Agriculture: l'Ariège au rendez-vous de la plus grande ferme de France

























