Lavelanet: émotion après le décès de trois personnes dans l'incendie d'une pension de famille, la piste criminelle privilégiée
Dans la nuit de jeudi vers 2h45, un incendie s’est déclaré dans le parking situé sous la pension de famille de Lavelanet où étaient logées 18 personnes.
Trois hommes, trois résidents, sont décédés. À 11 h du matin, les soldats du feu étaient encore à pied d’œuvre, alors que les 15 rescapés étaient pris en charge par la mairie et la Croix rouge.
Trois personnes sont décédées dans l’incendieC’est une scène de cauchemar, le pire des scénarios qui s’est produit cette nuit en plein cœur de Lavelanet, au 19 rue Jacquard, où se dressait jusqu’alors la pension de famille inaugurée voici bientôt un an. Le sinistre s’est déclaré vers 2 h 45 heures du matin dans le parking de cet immeuble en bois, construit sur pilotis et de facture très moderne en U. Un bâtiment qui respectait les dernières normes environnementales. Toute la matinée, l’incertitude a régné quant au nombre de personnes ayant péri dans l’incendie. Un médecin légiste s’attelant au difficile travail d’identification des restes de corps calcinés.
Finalement, ce sont trois corps, ceux de deux quinquagénaires (le plus âgé avait 57 ans) et d’un quadragénaire (46 ans), qui ont été retrouvés, selon Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège. Deux des victimes ont semble-t-il été piégées par les flammes dans leur logement, et parmi elles, le frère d’un syndicaliste bien connu en Pays d’Olmes. Selon nos informations, la troisième victime serait à nouveau entrée dans son logement pour aller chercher son chat prisonnier du feu. La pension de famille abritait un concept innovant de logement social, avec 18 appartements pour personnes seules et un autre destiné à héberger un couple. L’édifice, appartenant à l’office HLM de l’Ariège, était géré par la Croix-Rouge.
Aucune piste n’est écartée quant à l’origine de l’incendieUne enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République de Foix pour déterminer les causes de cet incendie et confiée à la brigade de recherche de Pamiers, avec le concours des gendarmes lavelanétiens et la Section de recherche de Toulouse. Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu serait parti d’une voiture stationnée sous l’immeuble, construit sur pilotis. L’incendie se serait alors propagé à un autre véhicule roulant au GPL. Toute une aile du bâtiment, celle côté Sud et dirigée vers la prairie adjacente s’est alors embrasée et les planchers se sont effondrés. Ce matin, la gendarmerie n’était pas en mesure de se prononcer sur l’origine précise du feu, accidentelle ou criminelle.
Vers 16 h, Olivier Caracotch procureur de la République de Foix a tenu une conférence de presse.
Le procureur a indiqué: «nous n’avons aucune raison de penser que l’incendie est accidentel». Se pose dès lors la question d’un incendie criminel, piste sur laquelle devrait s’orienter l’enquête. En effet, et selon les experts sur place, difficile d’imaginer que la première voiture ait pu s’embraser seule, à moins d’un problème électrique.
«Un incendie de grande ampleur». Le premier incendie mortel en Ariège cette annéeEn fin de matinée, les pompiers s’affairaient encore à maîtriser le sinistre et à éviter toute reprise, notamment au niveau des cloisons en bois. En charge des secours, le Ltd colonel Marcaillou, parle « d’un incendie de grande ampleur » qui a mobilisé une quarantaine de pompiers des centres de secours de Lavelanet, Laroque d’Olmes, Bélesta et Mirepoix.
La grande échelle de Foix, ainsi que des moyens spécifiques comme une berce d’air respirable (pour les pompiers) ont été requis. Vers 10 h du matin, les soldats du feu étaient toujours à pied d’œuvre. «Nous éteignons le feu à la tronçonneuse» nous a expliqué le Ltd colonel Marcaillou, rajoutant: «l’effet cheminée peut expliquer la violence et la rapidité de la propagation du sinistre. Quant au bâtiment, il s’est effondré sur l’aile gauche».
Les rescapés, et les habitants de la résidence Jean Miquel pris en charge par la Mairie et la Croix rougeLes 15 sinistrés ayant échappé à l’incendie ont été pris en charge dès cette nuit, par la municipalité de Lavelanet, ses personnels techniques et la Croix-Rouge. Idem pour les habitants de la résidence Jean Miquel, bâtiment accolé à la pension de famille. Tous ont été conduits au centre multisports de Lavelanet (route de Mirepoix) où les ont accueilli les bénévoles. Des bénévoles (une vingtaine de Foix, Laroque et Lavelanet) et des figures de la Croix Rouge effondrés par ce drame, comme Francis Masdeu ou Marie-Paule Ivon, responsable de la Croix rouge de Lavelanet sur le pont dès 3 h du matin pour préparer l’accueil des survivants.
Profondément choqués par le décès de ces trois hommes qu’ils côtoyaient quotidiennement, les bénévoles de la Croix rouge lavelanétienne et leurs homologues, s’attachaient dès lors à réconforter et accompagner.
Une cellule de veille psychologique a été mise en place pour soutenir les résidents et les familles des victimes. Sur place, un médecin psychiatre, le sapeur-pompier Marie Laure Soucarre, psychologue de formation, le personnel du centre médico-psychologique ou le psychothérapeute et président de la Croix rouge de Foix, Jean-Paul Xibéras.
Marc Sanchez, un maire effondréLes résidents seront relogés dès ce soir nous a confié Marc Sanchez, maire de Lavelanet. Le couple ira dans sa famille et les autres rescapés dans des logements vides situés en centre-ville (derrière l’église) et appartenant à l’OPAC. Marc Sanchez est un maire effondré ; «notre ville vient de vivre une véritable catastrophe. Ces personnes qui avaient trouvé là un lieu de vie extraordinaire, une chance doublée pour eux d’un accompagnement de la Croix rouge, viennent de vivre des moments dramatiques». En adressant ses condoléances aux familles et proches des victimes, Marc Sanchez a rappelé: «les lavelanétiens se sont mobilisés et la population s’associe à la douleur des familles».
La Pension de Famille de Lavelanet avait été inaugurée le 25 octobre 2013, devenant ainsi la 4e Pension de Famille de la Croix-Rouge française en région Midi-Pyrénées accompagnant les personnes isolées en situation d’insertion, d’exclusion ou de précarité. Cette structure ne s’inscrivait pas dans une logique de logement temporaire, «mais bien dans une logique d’habitat durable, sans limitation de durée, et offrant un cadre semi-collectif valorisant la convivialité et l’intégration dans l’environnement social»
Ainsi que le soulignait lors de son inauguration Isabelle Belbéze (directrice des établissements exclusion en Midi-Pyrénées), «il s’agit d’humaniser la vie» Sa position en centre-ville, la mitoyenneté de la maison avec la résidence Jean Miquel, le partage d’une salle commune, «donnent du sens aux liens sociaux, une richesse supplémentaire» pour Nathalie Marthien, soulignant alors «un projet exemplaire, un ensemble très convivial»
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