Union sacrée des banquiers et du patronat ariégeois contre la crise financière
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28/11/2008 | 17:47
L’Union Patronale Ariège-Pyrénées a réussi l’impossible, à savoir réunir l’ensemble des banquiers ariégeois devant un parterre de chefs d’entreprises mobilisés par «la crise financière et ses conséquence économiques»…
Tel était le thème de la conférence débat organisée par l’Union Patronale jeudi soir.
Parmi les orateurs, Paul-Louis Maurat, président de la CCI, Jean-Michel Escure, directeur de la Banque de France et médiateur départemental, Raymond Martinez, président du conseil local de la fédération bancaire française ou Daniel Thébault, président du MEDEF Midi-Pyrénées.
Le nouveau président de l’UPAP, Pierre Musset, avait également convié le préfet Valette avec qui il siège au Comité de Suivi mis en place dans le département de l’Ariège depuis le mois dernier à la demande du président de la République afin de réaliser régulièrement un diagnostic local de la crise.
Le patron de l’UPAP a remercié en préambule la CCI pour l’accueil dans ses locaux de formation puis il a rappelé les missions de l’Union Patronale créée en 1983 pour défendre les intérêts des chefs d’entreprises.
«La crise financière représente 25 mille milliards de dollars, a-t-il indiqué. La France n’est pas encore officiellement en récession (+00,1%) mais le PIB devrait reculer dans les prochains mois. Les secteurs durablement touchés sont le BTP, l’automobile, le textile et l’Intérim.
Les Etats préparent des plans de relance économique et 20 milliards d’euros devraient être officialisés la semaine prochaine par le président Sarkozy […] mais le 1er semestre 2009 devrait être difficile»
Jean-Michel Escure a pris ensuite la parole. A l’instar de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, il a rappelé que les «banques sont solides, qu'elles ne risquent rien, qu'aucune ne risque bien évidemment la faillite et qu'en tout état de cause, le gouvernement est derrière»… cela avant de se lancer dans une démonstration de macro économie avec la lecture du rapport du gouverneur Noyer lors de son dernier voyage à Tokyo le 17 novembre...
Avant de conclure qu’il ne fallait pas céder à la panique: «concernant la médiation bancaire, en Ariège, il n’y a pas un afflux considérable de dossiers. Les procédures sont précises, les banquiers font preuve de bonne volonté et je les remercie pour leur collaboration»
Pour Raymond Martinez, président du conseil local de la fédération bancaire française, il s’agit bien d’une crise inédite venue des Etats-Unis d’Amérique, «la France a mis rapidement en place un plan de financement de l’économie mais la distribution des crédits s’est poursuivie en septembre sans problème […]
Aujourd’hui la demande est en diminution mais nous n’avons pas de problème de liquidité […] Nous n’avons pas de principe de droit au crédit, il doit être raisonnable mais il ne faut pas confondre raison et frilosité.
Nous serons attentifs pour accompagner avec raison mais avec une volonté affichée toutes les entreprises qui en auront besoin. Un plan national permet de mobiliser 320 Milliards, ce sont des avances faites aux banques pour soutenir l’activité économique mais des avances rémunérées»
Faisant état de la rencontre du 12 novembre dernier avec René Ricol, le médiateur du crédit, la fédération bancaire française (FBF) s’est engagée à ne pas réduire le montant des crédits accordés à chaque entreprise et à ne pas leur demander de garanties supplémentaires, «sauf situation exceptionnelle»
De plus, les représentants des établissements financiers ont conclu une convention avec le gouvernement selon laquelle ils augmenteront leurs encours de crédit de 4% à 4,5% en 2009.
Raymond Martinez s’est félicité des modalités de coopération, soulignant «la réelle volonté de l’ensemble des banques d’intervenir avec écoute, attention et professionnalisme pour accompagner les dossiers […] tous sont mobilisés sur le sujet dans une approche volontariste»
Daniel Thébault, membre du comité exécutif du MEDEF national a rappelé la nécessité d’activer les réseaux et de ne pas sombrer dans la «sinistrose ambiante car la consommation n’est pas si mal, certains indicateurs virent au vert: le prix du baril a été divisé par trois, la parité euro/dollar a encore baissée favorisant ainsi les entreprises exportatrices […]
La présence des banquiers aujourd’hui dans la salle est un point très positif, il y a un mois cette situation n’était pas envisageable !»
Il a également exhorté les entreprises de faire appel aux fonds Oséo pour anticiper leurs besoins d’investissement en garantie ou en partage de risques de trésorerie.
Par contre Jean-François Valette a indiqué que «cette crise pouvait présenter des atouts pour surmonter les difficultés mais il ne faut pas s’arrêter en chemin dans les réformes des institutions publiques […] ce sont des services mais également des charges considérables pour les entreprises: 54% de charges obligatoires […]
Si cette crise peut nous servir à quelque chose elle nous permettra peut-être d’avancer […] après tout étymologiquement «Crise» vient du grec «krisis»: décision, jugement, mais aussi ce qui sépare, la faculté de jugement, la capacité d’adaptation […]
Ce que nous vivons aujourd’hui est la conséquence d’une série d’excès de la part des banques, des sociétés d’assurance qui ont réalisé des enrichissements personnels à l’encontre de la morale […]
En France, le taux d’épargne est important, les banques possèdent des fonds propres qui sont autant de capacité de rebond. De plus le gouvernement a décidé de mettre en place un plan de relance qui ne coûtera rien aux contribuables […]
Mais malheureusement la cohérence n’est pas encore acquise au niveau européen, il faut tirer dans le même sens […] En Ariège les enjeux sont davantage périlleux dans certains bassins d’emplois (Pays d’Olmes, Couserans) et pour certains secteurs industriels.
Les entreprises fragiles qui doivent être soutenues le seront mais pour cela il faut que les choses soient cadrées, cohérentes, structurées et disciplinées […] dans ce département comme dans les autres nous y arriverons»
Photos et vidéo: AriegeNews TV 2008
Tel était le thème de la conférence débat organisée par l’Union Patronale jeudi soir.
Parmi les orateurs, Paul-Louis Maurat, président de la CCI, Jean-Michel Escure, directeur de la Banque de France et médiateur départemental, Raymond Martinez, président du conseil local de la fédération bancaire française ou Daniel Thébault, président du MEDEF Midi-Pyrénées.
Le nouveau président de l’UPAP, Pierre Musset, avait également convié le préfet Valette avec qui il siège au Comité de Suivi mis en place dans le département de l’Ariège depuis le mois dernier à la demande du président de la République afin de réaliser régulièrement un diagnostic local de la crise.
Le patron de l’UPAP a remercié en préambule la CCI pour l’accueil dans ses locaux de formation puis il a rappelé les missions de l’Union Patronale créée en 1983 pour défendre les intérêts des chefs d’entreprises.
«La crise financière représente 25 mille milliards de dollars, a-t-il indiqué. La France n’est pas encore officiellement en récession (+00,1%) mais le PIB devrait reculer dans les prochains mois. Les secteurs durablement touchés sont le BTP, l’automobile, le textile et l’Intérim.
Les Etats préparent des plans de relance économique et 20 milliards d’euros devraient être officialisés la semaine prochaine par le président Sarkozy […] mais le 1er semestre 2009 devrait être difficile»
Jean-Michel Escure a pris ensuite la parole. A l’instar de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, il a rappelé que les «banques sont solides, qu'elles ne risquent rien, qu'aucune ne risque bien évidemment la faillite et qu'en tout état de cause, le gouvernement est derrière»… cela avant de se lancer dans une démonstration de macro économie avec la lecture du rapport du gouverneur Noyer lors de son dernier voyage à Tokyo le 17 novembre...
Avant de conclure qu’il ne fallait pas céder à la panique: «concernant la médiation bancaire, en Ariège, il n’y a pas un afflux considérable de dossiers. Les procédures sont précises, les banquiers font preuve de bonne volonté et je les remercie pour leur collaboration»
Pour Raymond Martinez, président du conseil local de la fédération bancaire française, il s’agit bien d’une crise inédite venue des Etats-Unis d’Amérique, «la France a mis rapidement en place un plan de financement de l’économie mais la distribution des crédits s’est poursuivie en septembre sans problème […]
Aujourd’hui la demande est en diminution mais nous n’avons pas de problème de liquidité […] Nous n’avons pas de principe de droit au crédit, il doit être raisonnable mais il ne faut pas confondre raison et frilosité.
Nous serons attentifs pour accompagner avec raison mais avec une volonté affichée toutes les entreprises qui en auront besoin. Un plan national permet de mobiliser 320 Milliards, ce sont des avances faites aux banques pour soutenir l’activité économique mais des avances rémunérées»
Faisant état de la rencontre du 12 novembre dernier avec René Ricol, le médiateur du crédit, la fédération bancaire française (FBF) s’est engagée à ne pas réduire le montant des crédits accordés à chaque entreprise et à ne pas leur demander de garanties supplémentaires, «sauf situation exceptionnelle»
De plus, les représentants des établissements financiers ont conclu une convention avec le gouvernement selon laquelle ils augmenteront leurs encours de crédit de 4% à 4,5% en 2009.
Raymond Martinez s’est félicité des modalités de coopération, soulignant «la réelle volonté de l’ensemble des banques d’intervenir avec écoute, attention et professionnalisme pour accompagner les dossiers […] tous sont mobilisés sur le sujet dans une approche volontariste»
Daniel Thébault, membre du comité exécutif du MEDEF national a rappelé la nécessité d’activer les réseaux et de ne pas sombrer dans la «sinistrose ambiante car la consommation n’est pas si mal, certains indicateurs virent au vert: le prix du baril a été divisé par trois, la parité euro/dollar a encore baissée favorisant ainsi les entreprises exportatrices […]
La présence des banquiers aujourd’hui dans la salle est un point très positif, il y a un mois cette situation n’était pas envisageable !»
Il a également exhorté les entreprises de faire appel aux fonds Oséo pour anticiper leurs besoins d’investissement en garantie ou en partage de risques de trésorerie.
Par contre Jean-François Valette a indiqué que «cette crise pouvait présenter des atouts pour surmonter les difficultés mais il ne faut pas s’arrêter en chemin dans les réformes des institutions publiques […] ce sont des services mais également des charges considérables pour les entreprises: 54% de charges obligatoires […]
Si cette crise peut nous servir à quelque chose elle nous permettra peut-être d’avancer […] après tout étymologiquement «Crise» vient du grec «krisis»: décision, jugement, mais aussi ce qui sépare, la faculté de jugement, la capacité d’adaptation […]
Ce que nous vivons aujourd’hui est la conséquence d’une série d’excès de la part des banques, des sociétés d’assurance qui ont réalisé des enrichissements personnels à l’encontre de la morale […]
En France, le taux d’épargne est important, les banques possèdent des fonds propres qui sont autant de capacité de rebond. De plus le gouvernement a décidé de mettre en place un plan de relance qui ne coûtera rien aux contribuables […]
Mais malheureusement la cohérence n’est pas encore acquise au niveau européen, il faut tirer dans le même sens […] En Ariège les enjeux sont davantage périlleux dans certains bassins d’emplois (Pays d’Olmes, Couserans) et pour certains secteurs industriels.
Les entreprises fragiles qui doivent être soutenues le seront mais pour cela il faut que les choses soient cadrées, cohérentes, structurées et disciplinées […] dans ce département comme dans les autres nous y arriverons»
Photos et vidéo: AriegeNews TV 2008
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 28/11/2008 | Lu: 13878 fois
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