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Le textile ariégeois dans la tourmente
29/01/2009 | 20:21
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TEXTILE EN PAYS D'OLMES Textile en Pays d'Olmes: le Comité d'Entreprise de TCS inquiet pour l'avenir de l'entreprise

L’année 2008 s’est achevée avec 28 licenciements chez Roudière SA et les effets de la crise n’ont pas fini d’ébranler un secteur déjà sous perfusion.

Le géant du textile automobile Michel Thierry est contraint à des ajustements imposés par la crise économique.

L’entreprise TCS à La Bastide de Bousignac, déjà aux prises d’importantes difficultés de trésorerie l’été dernier, risque fort aujourd’hui d’arrêter son activité et des menaces planent sur d’autres entreprises et pas des moindres.

Les représentants locaux de la CGT ont donné mercredi soir une conférence de presse pour faire le jour sur la situation du textile en Pays d’Olmes.

Pour Christophe Couderc secrétaire départemental, «c’est une réponse à un système économique privilégiant la rémunération des actionnaires, le libéralisme sauvage et le retour sur investissement au détriment de l’emploi, de l’investissement productif et de la création de richesses […]

Il me semble que ce système économique montre ses limites, il faut construire autre chose et remettre au cœur du système l’homme et la femme dans toute leur dimension»

Et pour inverser la tendance, le responsable de la CGT compte sur la mobilisation de la population: «une occasion nous sera donnée demain, cette manifestation devra contraindre le patronat et le gouvernement […]

Ils devront écouter la rue. Cette manifestation a un caractère unitaire large et une importante force de proposition
»

Alain Fournès, délégué CGT Pays d’Olmes, malgré sa bonhomie et sa nature optimiste, avoue son inquiétude face à la situation.

Rappelant qu’il a interpellé le préfet et les élus pour mettre en place une cellule tripartite afin de trouver des solutions pour sauver les emplois textiles, son pont de vue est alarmiste.

«On assiste à une déstructuration du textile, les patrons profitent de la crise pour accélérer la démarche, on le voit bien chez Michel Thierry à Laroque où l’on passe à la vitesse supérieure avec un plan social (plus exactement un plan de sauvegarde de l’emploi) pour licencier 50 personnes […] Idem pour Chargeur et Avelana qui coupent les robinets de TCS et de Mirabeau, restructurent Roudière»

Quant aux moyens d’actions évoqués, les syndicats n’ont pas le choix, c’est «la mobilisation sur tous les fronts»

Christian Cassagnaud, délégué CGT chez Michel Thierry, évoque les «difficultés» de l'entreprise: «il y a trois ans on parlait du départ de 130 personnes»

Aujourd’hui, l’entreprise a changé de mains mais «on annonce 50 licenciements secs, la situation financière est tendue avec 60% d’activité en moins et du chômage partiel qui devrait s’étendre au premier semestre 2009 […] Une première réunion de concertation aura lieu la semaine prochaine […] La situation chez Michel Thierry s’est fortement dégradée»

Du côté de chez TCS «ce n’est pas brillant du tout», comme l’indique Bruno Di Tommaso. «Nous avons en tout et pour tout 11 000 euros en caisse, comment payer les salaires de janvier, le dépôt de bilan est inévitable […]

En juillet dernier nous avions déjà déclenché un droit d’alerte et le cabinet comptable nous avait indiqué que la situation n’était pas viable, la situation de trésorerie faisait apparaître des difficultés pour la fin août […] Cela se confirme aujourd’hui
»

Philippe Terride, président de TCS ne dissimule pas les problèmes que rencontre son entreprise: «nous avons de grosses difficultés de trésorerie générées par la manque de commandes des principaux donneurs d’ordre […]

Aujourd’hui si, l’on n’arrive pas à renflouer la trésorerie (ce qui parait très difficile), on ne pourra pas faire les payes des 58 salariés et cela nous contraindra inévitablement au dépôt de bilan […]

Le dialogue n’est pas rompu avec les donneurs d’ordres qui assurent 99% de notre chiffre d’affaires, le problème vient du manque de commandes. Pour être clair, il y a trop d’outils à alimenter et trop peu de travail […]

Avelana ne tourne même pas à plein. La crise du textile n’est pas liée aux subprimes ou à Maddox […] il y a 10 à 15 ans que l’on a tiré la sonnette d’alarme, tout était en train de partir dans des pays à faible coût de main d’œuvre.

Aujourd’hui on s’aperçoit que les Chinois sont également concernés par la crise et que leur industrie textile va très mal […] nous vivons la fin de cette crise, 2009 sera difficile pour le textile en Pays d’Olmes
»

Alain Koenig, directeur de la division Europe chez Michel Thierry, a également répondu à nos questions.

Pour lui, malgré la crise économique qui touche l’hexagone, les objectifs de Michel Thierry n’ont pas changé: «Laroque reste et restera le bateau amiral, le siège de l’entreprise […] la politique d’internationalisation est très forte, nous sommes positionnés sur la quasi-totalité des continents, la direction générale s’y est employée avec succès lors de l’exercice précédent […]

Le groupe Michel Thierry est profitable malgré les difficultés […] en terme de qualité, de productivité, d’efficacité industrielle, Laroque a fait du chemin, reste un point à finaliser: sa structuration, maintenir la sauvegarde de l’emploi à travers les projets lancés depuis un an et qui font appel à des départs volontaires accompagnés par l’entreprise, la Région et l'Etat […]

Cela reste néanmoins difficile mais quand une personne change d’orientation et trouve un emploi ce n’est pas la fin de quelque chose c’est le début d’autre chose
»

Quant aux perspectives d’avenir, Alain Koenig repositionne l’entreprise dans la crise qui agite l’ensemble des entreprises de l’hexagone et indique qu’elle a des problèmes de trésorerie.

«Nous avons réussi à les résoudre, nous avons le soutien actif de nos partenaires […] nous sommes dans l’impatience de voir se concrétiser les annonces qui ont été faites»

Rappelant que la direction générale a pris des mesures dès le mois de septembre, dès les prémices de la crise, afin d’adapter la charge de travail à la demande des constructeurs automobile, Alain Keonig indique que les politiques de réajustement ont lieu actuellement sur tous les sites du Groupe Michel Thierry et cela dans le monde entier.

«Si nous avons mis en place un plan de sauvegarde de l’emploi à Laroque, il y en a un également au Brésil, en Slovaquie, en Espagne […] Nous montrerons que nous sommes capables de sortir de cette crise»

Photos et vidéo: Ariegenews TV 2009

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publié le: 29/01/2009 | 20:21 | Lu: 21486 fois