Le torchon brûle entre la direction de la Poste et les salariés du centre de tri de Dreuilhe qui depuis quatre mois et les nouvelles mesures faisant jour aux restructurations, dénoncent leurs conditions de travail: heures supplémentaires non payées, emplois manquants, stress permanent, impression de travail mal fait…
Ce matin, malgré le froid mordant, une vingtaine de salariés ont décidé de marquer «leur ras le bol» en organisant un piquet de grève devant le centre de tri qui travaille désormais au ralenti.
«Nous en avons assez de faire du bénévolat, indique une postière mécontente. Notre tournée commence à 8h20 et doit s’achever à 14h37 […]
Mais en réalité nous finissons à 15 ou 16h, sans être pour autant payés davantage […]
Quant à la pause repas, inutile d’y penser, on mange au volant, comme on peut et quand on peut»
Les employés qui le matin trient le courrier avant d’aller le distribuer ont vu le nombre des tournées diminuer (5 sur 29) mais la surcharge de travail s'est s’amplifiée…
«On parle de 6 personnes de trop sur le site, les départs à la retraite ne seront pas remplacés […] alors que l’on n’arrive pas à faire notre travail dans de bonnes conditions», s’indigne un facteur.
«On commence la journée en ayant le sentiment que l’on n’aura pas le temps de tout faire, c’est une cadence infernale et un stress omniprésent» poursuit cette salariée.
«Il est bien révolu le temps où l’on portait le pain en même temps que le courrier aux personnes âgées dans les hameaux isolés» explique cet ancien qui après 41 ans dans la maison regrette de voir se déprécier le service au public.
Certaines communes sont mécontentes ainsi que des particuliers: «pendant 3 ou 4 jours un quartier de Laroque n’a pas eu de courrier sans que personne ne s’en émeuve […]
Sur le papier tout va bien, les statistiques sont au beau fixe mais est-il normal qu’une lettre postée le vendredi matin ne parte que le lundi après-midi?
Nous dénonçons ces problèmes de fonctionnement qui entravent sérieusement le service public; la direction répond au coup par coup en embauchant des CDD qui malgré leurs compétences ne peuvent pas rester […]
Ceux qui arrivent à tenir le rythme car beaucoup démissionnent aussi»
Quoiqu’il en soit le dialogue social n’est pas rompu, depuis trois jours, des négociations sont en cours.
M. Pagès, directeur du centre de tri de Dreuilhe joint au téléphone, nous indique qu’il n’y a pas eu d’accord ce matin et que le mouvement se poursuit…
«Nous sommes conscients des problèmes que les salariés peuvent rencontrer tant au niveau des méthodes que des techniques d’organisation mises en place depuis 4 mois, cependant elles permettent de palier les absences inopinées.
Il s’agit peut être de contraintes mais elles contribuent à assurer la continuité du service public et à couvrir la distribution […]
Au quotidien, il y a de 24 à 36 facteurs sur le site y compris le samedi […] le service est assuré à 99,98% tous les jours.
Il a été reconnu et calculé une compensation; nous avons mis 8000 euros sur la table et nous proposons un renfort (l’aide d’une personne supplémentaire) certains jours lorsqu’il y a davantage de courrier […]
Nous sommes arrivés au bout des propositions […] les négociations ont été interrompues à 12h15 et nous ne sommes pas arrivés à trouver un accord à ce jour»
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