Avocats, magistrats, greffiers, fonctionnaires des juridictions ariégeoises ont répondu à l’appel à la mobilisation nationale unitaire lancé ce mardi par une vingtaine d’associations et de syndicats, dénonçant «le manque de moyens de la justice et la casse du service public»
Réunis sur les marches du Palais, ces professionnels ont à travers les propos de Marie-France Baquero, bâtonnier de l’Ordre des Avocats de l’Ariège et de Didier Trembleau, Juge d’application des peines, évoqué le profond malaise que traverse la profession.
«Nous sommes profondément inquiets des évolutions récentes de la Justice et des perspectives de réforme, nous avons décidé de nous unir pour défendre une Justice de qualité, indépendante, égale pour tous et dotée des moyens nécessaires à son action»
Pour eux les atteintes à l’indépendance de l’autorité judiciaire se multiplient et le projet de réforme de la procédure pénale avec la suppression du juge d’instruction, signe la fin de l’autonomie de l’institution en confiant l’ensemble des enquêtes pénales au procureur de la République.
«Ce projet de réforme est contraire aux conclusions de la commission dite d’Outreau, contraire au vote à l’unanimité de nos représentants parlementaires, contraire à l’opinion des français et aux recommandations des instances européennes […]
il apparaît clairement comme une volonté du pouvoir politique de contrôler les affaires sensibles ou gênantes pour le gouvernement»
Le monde judiciaire dénonce également le problème d’accès à la Justice conforté par la baisse du budget de l’aide juridictionnelle, passant dans la loi des finances pour 2010 de 320 à 270 millions d’euros alors que les demandes explosent.
«Aussi les citoyens qui n’ont pas de moyens suffisants pour défendre leurs intérêts seront privés d’un accès normal au juge, à l’assistance d’un avocat ou à la désignation d’un expert […]
Nous nous refusons à cette Justice à deux vitesses a ajouté Me Baquero d’autant que les critiques récentes des gardes à vue ont mis au jour la nécessaire intervention d’avocats […]
Et la suppression des tribunaux de proximité creuse encore davantage le fossé des inégalités car ce sont les citoyens les plus modestes qui assument des déplacements importants»
Enfin les manifestants ont dénoncé les réformes permanentes («une loi de sécurité répond à un fait divers») faites selon eux sans réelle concertation et la pauvreté de la Justice française classée par le conseil de l’Europe au 35e rang sur 43, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Des efforts qui visiblement restent à faire.
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Les Avocats du Barreau de l'Ariège vent debout contre les réformes du gouvernement
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