Depuis hier mercredi, les salariés de la société d’exploitation des eaux du Montcalm bloquent l’entrée de l’usine aux camions et ont arrêté la production de la célèbre eau minérale ariégeoise.
A la veille de leurs congés, ils ont appris qu’un plan social toucherait huit postes: 2 caristes, 1 logisticien, 2 opérateurs, 1 technicien, 1 polyvalent et 1 agent de nettoyage.
Ces salariés, qui pour la plupart ont plus de 15 ans d’expérience dans l’entreprise, indiquent regretter le manque de concertation et dénoncent «la pression» faite sur les délégués du personnel convoqués le mois dernier pour leur annoncer ces licenciements secs.
«Nous sommes élus depuis très peu de temps, expliquent-t-ils, et nous ne connaissons pas encore toutes les règlementations.
Mais il n’empêche que nous avons été choqués d’une part d’apprendre la nouvelle des licenciements puis d’être menacés de poursuites au pénal si l’on en parlait […]
Alors que quelque part c’est notre rôle de délégué du personnel […]
On ne peut pas procéder au licenciement d’un tiers des salariés en catimini, aussi nous nous sommes tournés vers la CGT et l’inspection du travail […]
Aujourd’hui, nous regrettons le manque de dialogue, c’est à travers des communiqués de presse que la direction du groupe communique mais peut-être que nous en saurons davantage demain puisqu’un réunion avec la direction est prévue»
La direction qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, renvoie au communiqué diffusé hier à 17h (et distribué aux salariés) dans lequel elle évoque les difficultés économiques rencontrées par le site, et aggravées depuis le début 2010.
Des difficultés confirmées par les salariés: «depuis 2007, on enregistre près de 50% de pertes des marchés, nous avons notamment perdu de gros clients espagnols, belges et surtout le marché avec l’enseigne de supermarché Champion […]
Nous avons déjà eu cinq semaines de chômage partiel en 2009; nous avons proposé à la direction une période de chômage partiel pour avoir le temps de se retourner mais nous nous sommes vus opposer un refus catégorique»
«Nous savons compter, 8 ce n’est pas anodin, c’est à partir de 10 licenciements qu’ils sont obligés légalement de mettre en place une cellule de reclassement, et 8 fois 3 font 24»
Hasard du calendrier: ce matin en préfecture, la commission spéciale départementale examinait le projet de labellisation des eaux du Montcalm en «eau minérale», un dossier pour lequel Bernard Piquemal, maire d’Auzat, s’est investi personnellement (la mairie est propriétaire de la source d’Arties et a passé une convention avec la société d’exploitation des Eaux du Montcalm qui l’exploite) car il pensait que ce précieux label permettrait de développer et pérenniser cette activité, la dernière de la vallée depuis le départ en 2003 de Péchiney.
Demain vendredi, aura lieu une réunion avec les délégués du personnel.
Ces derniers souhaitent aussi la présence d’un représentant de l’UD CGT et la mairie d’Auzat enverra également sur site une délégation.
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