Grève aux Eaux du Montcalm: ouverture des négociations
09/07/2010 | 21:26
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Ce vendredi, troisième jour de grève pour les salariés des Eaux du Montcalm, plus que jamais déterminés à poursuivre le bras de fer qui les opposent à la direction.

Un mouvement qui fait suite aux inquiétudes des 25 salariés à propos d’un projet de réorganisation lié aux difficultés économiques rencontrées par le site qui se sont aggravées depuis le début d’année 2010.

D’après la direction ce projet qui prévoit huit licenciements aurait été communiqué lors d’une réunion d’information avec les délégués du personnel le 28 juin et le 2 juillet.

Du côté des salariés, on parle de manque de consultation, d’absence de dialogue, de pressions sur les délégués du personnel, on soupçonne même la direction de vouloir profiter de la période des vacances d’été pour réaliser cette coupe sombre dans les effectifs (il s’agit tout de même du tiers des salariés du site).

Face au manque d’expérience des représentants du personnel, élus depuis quelques semaines à peine, les salariés ont décidé de se faire accompagner par la CGT qui s’est s’invitée aux négociations.

Négociations qui, semble-t-il depuis l’arrivée ce matin sur le site d’Auzat du directeur général de la Société des Eaux du Montcalm et du DRH du groupe Saint-Amand, semblent vouloir démarrer.

Avant la réunion officielle des délégués du personnel et des représentants de l’UD CGT, les salariés de l’usine ariégeoise ont tenté de gagner du temps en demandant une réunion informelle car ils connaissent la procédure; s’ils acceptent de se réunir officiellement ils acceptent également d’entendre la décision prise par la direction: à savoir la suppression des huit postes.

Du côté des élus présents devant l’usine, l’inquiétude est de mise car depuis la fermeture de Péchiney, ils ont mis toutes leurs espérances sur les Eaux du Montcalm qui «devaient créer 30 à 40 emplois»...

On est loin du compte puisqu’aujourd’hui on parle de licenciements: «ce sont huit familles de la vallée qui vont être touchées, indique Aymé Maury, conseiller municipal. On ne peut pas l’accepter.

On a beaucoup investi sur l’usine car la source nous appartient mais ce que semblent oublier les exploitants du site c’est que nous avons participé aux captages, aux conduites, au second forage, nous réalisons tous les travaux d’entretien des abords de la source et des routes pour que les camions par n’importe quel temps puissent accéder à l’usine.

Nous pensions qu’après avoir obtenu le label eau minérale qui donne une certaine plus value à la production, l’entreprise des Eaux du Montcalm était prête à investir… et c’est tout le contraire, c’est inacceptable !
»

Côté direction, le site serait en déficit depuis 2007 et la perte de 60% des clients (et pas des moindres, de gros clients espagnols, belges et les supermarchés Champion) n’a fait qu’augmenter les difficultés économiques.

La société des Eaux du Montcalm fait partie des 7 usines appartenant au groupe Saint Amand (qui emploie en tout 275 personnes ce qui le place en 4e position des eaux de source françaises).

«Nous sommes un petit dans le monde des géants», précise François-Pierre Martin. Le groupe produit aussi l’eau minérale Saint Amand et la Roche des Ecrins.

Pour le directeur général de la société des Eaux du Montcalm, le site d’Auzat rencontre un réel problème de compétitivité: «le prix de revient est trop haut face aux concurrents… à titre d’exemple de janvier à juin de cette année, 600 camions sont venus s’approvisionner ici alors qu’en 2003 il y en avait 3000 […]

Le prix de revient d’une palette est ici de 50 euros alors que nos concurrents la font payer 30€ […] on ne peut pas répercuter ces prix dans la grande distribution et on ne peut pas rester sans adapter le site à sa production avec un projet de réorganisation.

Il pourrait effectivement y avoir huit suppressions d’emploi… nous souhaitons dialoguer, il y a eu deux réunions avec les délégués du personnel, le 23 juin et le 2 juillet.

Il est prévu de recueillir leurs observations car ils ont le sentiment de ne pas être informés.

On est malheureux de ce qui arrive […] il faut trouver une solution pour que le site s’adapte et puisse survivre
»

Il aura fallu plusieurs heures de négociations et de pressions de part et d’autre pour que le principe de réunion informelle soit accepté.

Peu de temps avant 18 heures un protocole d’accord de reprise du travail à été signé.

La réunion avec les délégués du personnel est reportée au 30 juillet, une réunion préalable avec la délégation pour discuter des mesures alternatives aura également lieu et les documents demandés par les salariés seront remis 9 jours à l’avance pour étudier ces mesures alternatives.

Par ailleurs, la direction s’est engagée à payer les trois jours de grève et les salariés sont prêts à reprendre le travail dès lundi.

Ces derniers ont accepté de tourner en 2X7 pour compenser le retard et livrer les clients.

Comme nous l’indiquait David Dauriac, délégué du personnel: «nous restons encore inquiets par rapport aux licenciement mais le dialogue a repris»

La porte de la négociation est désormais ouverte.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 09/07/2010 | 21:26 | Lu: 12230 fois