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Visite du Ministre Michel Mercier: «J'ai rencontré ici des gens qui veulent se battre !»
20/07/2010 | 20:19
© MidiNews 2010

On ne peut que se réjouir de la visite d’un ministre tel que Michel Mercier (Ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire) dans un département qui se pense souvent oublié de «Paris»

L’importance de cette visite pouvait d’ailleurs se mesurer, ce mardi 20 juillet, à l’aréopage de personnalités et d’élus présents à Lavelanet pour son arrivée: outre Monsieur le Préfet, étaient présents les deux députés, le sénateur, le président du conseil général et nombre de chefs de services et de chefs d’entreprises.

Après une visite de l’Hôtel d’entreprises de la capitale du Pays d’Olmes, le ton est donné par Marc Sanchez, maire de Lavelanet: «comment lutter, même si l’on a des projets, quand on est un petit territoire loin de tout, sans chemin de fer ni voie routière rapide, alors que les services publics quittent un à un le territoire, pour lutter contre les grandes agglomérations qui peuvent offrir les meilleures conditions d’installation et de travail ?»

Cette question, le président de la Communauté de Communes du Pays d’Olmes l’a posée lors de la présentation du grand projet du Pays d’Olmes: la création future d’un «Centre Européen de Recherche et d’Innovation sur les Matériaux Souples»

Ce centre pourra étudier toutes les possibilités qu’offrent les matériaux composites à base, ou simplement intégrant, des tissus.

Une association existe déjà: l’Association «A’» qui regroupe une dizaine d’entreprises locales dans le but d’étudier la création possible de nouveaux matériaux souples.

Michel Mercier, ministre de l'Espace rural et de l'aménagement du territoire, indique alors qu’il existe un appel à projet «Grappes d'entreprises» destiné, précisément, à soutenir des initiatives exemplaires de réseaux d'entreprises.

«Je ne peux que vous encourager à monter un dossier en ce sens […] Aujourd’hui, il y a deux choses à faire: Créer de l’emploi, et Donner de l’espoir !»

De l’espoir, il n’y en a guère dans le propos d’Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général de l’Ariège, qui accueille le ministre à l’Hôtel du département:

Brossant un tableau des plus noirs de la situation de son département, avec, par exemple, un taux de chômage supérieur à 11%, le président Bonrepaux s’insurge: «on nous dit de trouver du travail pour les RMIstes. Mais c’est mission impossible! […]

Nous nous heurtons à un gouvernement un peu autiste qui ne se rend pas compte des problèmes des départements! […]

Nous assistons à une augmentation de la métropolisation […] Il faut plus d’aménagement du territoire !
»

Augustin Bonrepaux n’en oublie pas pour autant de remercier le ministre pour deux «bouées de sauvetage» lancées par l’Etat: la première consiste en une aide d’un million d’euros pour l’installation de la couverture «Haut Débit», l’autre fait référence aux deux dossiers de Pôle d’Excellence Rurale présentés par le département et acceptés tous les deux.

Pour autant, «les PER ne constituent pas une politique… Il y a tout le reste, comme l’eau et la forêt, mais qui paye l’entretien ?» demande le président du Conseil Général qui revient sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur: Le désenclavement.

Celui du Pays d’Olmes, comme celui du Couserans, et la voie rapide Toulouse-Barcelone «E9»: «nous avons une proposition à faire: pour terminer ce chantier qui n’en finit pas, donnons une partie de l’autoroute en concession»

«L’Ariège est en difficulté, et souffre de réformes inappropriées», renchérit Henri Nayrou, député de l’Ariège.

«Les territoires de demain verront une évaporation des corps intermédiaires, c’est un recul de l’aménagement du territoire, et c’est vous !», ajoute-t-il en s’adressant au ministre Mercier.

«Des projets nous en avons plein les cartons, et je vais en citer cinq:
• La revitalisation du site de Lédar
• La création d’une filière «Fromages du Couserans»
• L’aménagement de la cité de Saint-Lizier
• La piscine couverte de Saint-Girons
• L’éco-golf départemental de la Bastide de Sérou

Nous sommes prêts pour le «Top Départ» qui peut être donné en deux fois: la premier maintenant, le deuxième, tout de suite
»

«Tout ce que j’ai entendu n’est pas très original, je l’ai déjà entendu» répond Michel Mercier, très offensif, répondant à Augustin Bonrepaux:

«Je dois être un des plus anciens présidents de conseil général de France, et je connais bien les problèmes des départements […]

Le RSA augmente avec la crise économique. Quand il n’y a plus rien, il reste le RSA […] Ce n’est pas le Pérou, mais ça existe […]

Face à ces problèmes, le gouvernement a décidé d’agir. C’est d’ailleurs bizarre qu’aucun de ceux qui m’ont précédé à cette tribune
[A. Bonrepaux et H. Nayrou  NDLR] n’en ait parlé: avant la fin de l’année, après le vote sur les retraites, on aura réformé la dépendance.

Ainsi, par le biais de la solidarité nationale, nous allons dégager des marges de manœuvre pour les collectivités territoriales
»

Commentant la visite du matin à Lavelanet, le ministre confie: «je suis heureux d’être venu, car si je n’entendais que vous, je dirais: «L’affaire est perdue !»

Mais j’ai rencontré aussi ce matin des gens qui veulent se battre, des hommes et des femmes qui veulent transformer les choses. Ne pas baisser les bras, mais travailler! […]

L’Etat est d’ailleurs très présent financièrement. L’Ariège n’est pas abandonnée et bénéficie d’un fort financement de l’Etat, qui est quelquefois le premier financeur! Si, Si,... Je donnerai la liste !
»

A noter un petit échange entre A. Bonrepaux, qui conteste la reforme des collectivités territoriales en cours, et M. Mercier qui la défend.
Le premier: «Il faut être convaincu pour dire cela !»
Le second: «Il faut être ouvert pour l’entendre !»

Enfin, le ministre fait une promesse: «nous veillerons à ce qu’il y ait deux piscines nouvelles dans le département !», avant de relativiser l’ensemble de l’échange «on dit quelquefois des choses dont on n’est pas tout à fait sûr de l’exactitude»

Difficile, en allant du Pays d’Olmes en Couserans, de ne pas faire une halte au Golf Départemental devenu, par la grâce d’un partenariat actif avec le PNR des Pyrénées Ariégeoises, l’Eco-Golf d’Unjat, tant il est vrai qu’un grand nombre d’espèces endémiques, ou rares, sont présentes sur ce terrain, et que le respect de l’environnement est au premier plan des préoccupations des gestionnaires.

François Murillo, maire de Saint-Girons, avait choisi le site de Lédar, «lieu hautement symbolique pour les habitants du territoire» pour accueillir le Ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire.

«Face à ces problématiques [fermeture de Lédar, et de la fromagerie «3A»], il fallait réagir, mettre en marche une contre révolution industrielle et, croyez-moi, Monsieur le Ministre, nous l’avons fait […] et aujourd’hui, nous sommes prêts»

Le ton est donné, et le Président du pays Couserans peut décliner les trois axes du Plan Opérationnel de Revitalisation du Couserans:
• Assurer le reclassement des salariés
• Engager la reconversion économique
• Améliorer le cadre de vie par le soutien aux projets structurants

Sur ce dernier point, François Murillo tend une perche au ministre: «en faisant jouer la solidarité nationale, nous voulons aussi mettre en place des équipements […] Un projet de piscine est à l’étude. Projet que nous jugeons indispensable»
A priori, le message est passé…

Après une présentation des projets du Pays Couserans par Olivier Rey, son directeur, et du Pôle d’Excellence Rurale pour «valoriser le bois local dans le PNR des Pyrénées Ariégeoises» par Matthieu Cruege, Vincent Ramon, et les ex salariés de Lédar présentent leur projet «Bois-Sierres», de fabrication de granulets et bûches de bois reconstitué, projet unanimement salué par les personnalités présentes, à commencer par le ministre lui même.

La journée se termine par une visite au site phare de Saint-Lizier, avec la cathédrale Notre dame de la Sède, et l’ensemble des aménagements immobiliers effectués dans le cadre de la rénovation du Palais des Evêques.

Une journée chargée, et riche, pour ce ministre près du terrain qui a pu toucher du doigt, tant les difficultés de ces deux Pays d’Ariège, que de la volonté de ses habitants de rebondir malgré les embûches.

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auteur: Bernard Pastourel | publié le: 20/07/2010 | 20:19 | Lu: 17078 fois