Jean-Pierre n’est pas content.
C’est la seconde fois depuis le début du mois de juillet qu’il est obligé d’arrêter sa chaîne d’embouteillage.
Pour cet «ancien» de l’usine des Eaux du Montcalm, le travail c’est sacré surtout dans cette vallée qui a connu une importante déprise industrielle avec le départ en 2003 de Péchiney.
Mais s’il a décidé de rejoindre le piquet de grève devant les grilles de l’usine c’est que pour lui, il y a péril en la demeure.
Rappel des faits : le 6 juillet dernier premier mouvement de grève pour préserver l’emploi de 8 salariés menacés par une restructuration du groupe Saint Amans, propriétaire de l’usine ariégeoise.
Après trois jours de blocage de l’usine, il ya retour au dialogue avec la direction.
Celle-ci s’engage à payer les trois jours de grève si les salariés compensent le retard des livraisons, une réunion avec les délégués du personnel est reportée au 30 juillet et les documents demandés par les salariés seront remis 9 jours à l’avance pour étudier les mesures alternatives proposées.
Aujourd’hui les salariés ariégeois ont repris le mouvement car ils indiquent «avoir été dupés»
«Depuis trois semaines nous tournons à 15 camions par jour (jusqu’à présent c’est 7) soit disant pour rattraper notre retard depuis la grève mais en fait nous épuisons tous les stocks par anticipation de l’annonce qui pourrait être faite par la direction vendredi lors de la réunion prévue avec les délégués du personnel», explique David, délégué du personnel.
Il s’insurge également contre le document fourni par le groupe dans lequel «les chiffres affichent une santé insolente, l’outil de production n’est pas défaillant, quant à la compétitivité des Eaux du Montcalm, jusqu’en 2007 elles étaient aussi compétitives que les autres marques du groupe mais quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage et je suspecte la direction de vouloir après cette première vague de licenciements d’en prévoir d’autre avant de vendre/…/
Nous attendions dans le document fourni des mesures alternatives, du chômage partiel, rien de tout cela, il s’agira vendredi d’une réunion sans possibilité de négocier.
C’est navrant car il ne faudrait que 140 000 euros pour préserver ces 8 emplois et garder ces huit familles sur le territoire… Au vu des bénéfices du groupe une telle somme parait dérisoire /… /
Nous sommes déterminés et solidaires : nous avons demandé l’organisation d’une table ronde avec le Préfet, le Conseil général, les représentants du personnel, la direction et le syndicat CGT qui soutient le mouvement»
A noter que l’usine ariégeoise dont la source appartient à la commune d’Auzat, vient d’obtenir une certification en eau minérale.
Ce matin, Christophe William, bras droit du Président du Directoire, était sur site.
D’après les salariés qui avaient espoir de le rencontrer, «il est là pour déminer la situation… il a été directeur du site d’Auzat pendant trois ans et avec lui ça s’est toujours bien passé…
Il est vrai qu’à l’époque il sortait 3000 camions par an alors qu’actuellement on arrive péniblement à 600»
A 13h30, aucune rencontre en vue.
Jointe par téléphone la direction n’a pas souhaité s’exprimer.
A 16h30 les véhicules de Christophe William suivi de celui de Richard Vermande, directeur du site d’Auzat et des cadres sont sortis de l’usine sous les huées des salariés en grève.
Demain mardi, le préfet de l’Ariège recevra la direction des Eaux du Montcalm et Bernard Piquemal, maire d’Auzat et conseiller général du canton puis à 16h30 les représentants des salariés.
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Grève aux Eaux du Montcalm: ouverture des négociations
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