La décision a été prise, aujourd’hui même, en fin d’après-midi.
«Face à l'obstination de la direction de 3A, propriétaire de la Fromagerie Occitane au Pont du Baup à Saint Lizier, les salariés, avec le syndicat CGT, ont décidé de bloquer le site à compter de ce jour mercredi 28 juillet 18h00»
Ce même communiqué appelle «la population, les élus, à venir apporter leur solidarité aux salariés en lutte et ainsi, s'opposer à la fermeture de la fromagerie Occitane, véritable patrimoine industriel couserannais»
Suite à la table ronde du 27 juin, et du Comité Central d’Entreprise du 29, (voir notre article du 29/06/2010), un accord avait été trouvé pour repousser la fermeture de l’usine licéroise au 15 septembre, le temps pour les salariés de chercher et, éventuellement trouver, une solution alternative à la fermeture du site.
On évoquait alors la création d’une SCOP, ou la venue d’un repreneur …
A partir de ce jour, Pierre Paris, délégué du personnel et ses collègues, n’ont pas perdu leur temps.
Avec l’aide d’Ariège Expansion, ils ont ainsi été rapidement en mesure de présenter à la direction de la coopérative «3A» un repreneur potentiel.
Dans la première quinzaine de juillet, un industriel basque spécialisé dans la fabrication et la distribution de fromages, a fait une offre qui permettrait de conserver entre quinze et vingt emplois sue le site.
Le 19 juillet, Pierre Paris, représentant du personnel, l'industriel basque et Didier Kuss, directeur d’Ariège Expansion, contactent la direction de «3A» pour lui faire part de leur intention de faire visiter le site au repreneur potentiel.
«D’accord» dit «3A» …
Sauf que cet accord est contredit quelques heures plus tard: «Interdiction de faire visiter l’usine à qui que ce soit, et de faire les moindres propositions !»
Cette position «intransigeante» est confirmée le lendemain.
«Le mardi 20 juillet, Henri-Jacques Duchet en personne, directeur de la coopérative, est venu nous voir, explique P. Paris en colère, pour nous confirmer qu’il n’était pas question de mettre un concurrent fromager sur le site, et que la décision de fermeture était définitive et inéluctable»
«On nous a baladé, s’insurge le délégué du personnel, en nous faisant croire que la situation était ouverte, en nous accordant ce délai jusqu’au 15 septembre pour trouver une solution, et quand on en trouve une, c’est un Non ferme et définitif»
«C’est pour cela que nous bloquons l’usine, pour faire pression, et dans les mêmes conditions qu’au mois de juin.
Nous ne sommes pas en grève, les employés continuent de travailler, mais nous de réceptionnerons plus aucun camion, et nous ne laisserons sortir aucun fromage»
D’ailleurs le camion qui venait livrer ce soir a été refoulé.
Les ouvriers sont particulièrement motivés.
«Nous sommes ouverts à toutes propositions … Si la direction refuse l'industriel basque, qu’elle propose autre chose ! … Notre but est de sauvegarder la vingtaine d’emplois en jeu. Il n’est pas question d’abandonner vingt familles ou d’accepter n’importe quelle mutation !»
La situation apparaît bloquée, tant les salariés paraissent déterminés à défendre leur outil de travail.
Ce soir, ils étaient quelques uns prêts à passer la nuit, et tout le temps qu’il faudra pour «contraindre la direction à négocier avec nous et avec ce repreneur potentiel, ou à faire des propositions concrètes acceptables»
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