Opération Mojito: ils ont sauté sur l'Ariège!
12/06/2012 | 17:22
© MidiNews 2012
sur le même thème
armée 1er RCP: Exercice grandeur nature avant projection en Afghanistan1er RCP: Exercice grandeur nature avant projection en Afghanistan

Très tôt ce matin, le Bréguet Atlantique de la marine quadrillait le ciel de la plaine appaméenne afin de permettre aux unités de la 11e brigade parachutiste de se déployer.

La veille à la tombée de la nuit, des groupements des troupes d’élite du 8e RPIMA ont sauté afin de commencer à quadriller la zone car le but de cette mission est de reprendre l’aérodrome aux mains des forces loyalistes dans un pays en crise et d’évacuer les ressortissants français avant d’établir une zone d’exclusion aérienne.

Les militaires qui participent à cet exercice interarmées ne connaissent pas le scénario concocté pour l’occasion par l’état major situé à Toulouse.

Cet exercice baptisé «Mojito», initié par la force d’action navale, fait suite à l’opération Harmattan.

Il mobilise près de 900 parachutistes, les hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de terre, les avions de la Marine et de l’armée de l’Air et le porte avion Charles de Gaulle stationné en Méditerranée.

Cette opération permet d’améliorer la connaissance mutuelle et les procédures de travail entre la Marine et l’Armée de terre: pour la Marine, il s’agit plus particulièrement de travailler les procédures de soutien aux opérations terrestres et pour l’Armée de terre d’approfondir les savoir-faire dans le domaine de saisie de plate-forme aéroportuaire, d’aérolargage, de renseignement, d’assaut héliporté dans le cadre d’une opération d’évacuation de ressortissants.

Des techniques déjà éprouvées sur les  terrains internationaux: «c’est un peu différent de l’Afghanistan où il s’agissait plutôt de missions de contrôle de zone, de surveillance de points sensibles comme l’aéroport, ou de sécurisation» indique le capitaine Onésime Volkoff, officier de communication, engagé sur le terrain avec le 1er RCP en 2011 dans le groupement tactique interarmes (GTIA) «Raptor»

Disposant d’un armement de pointe (dont les canons TRF 155mm, les postes de tir Milan ou le système Felin), d’importants moyens de transport et de logistique, cette manœuvre a également permis de tester de nouveaux matériels comme le dernier né des parachutes de l’armée française, l’EPC (ensemble de parachutage du combattant), qui doit remplacer peu à peu l’équipement existant (EPI: ensemble de parachutage individuel) à bout de souffle.

Il est constitué d’un système comprenant un parachute dorsal, un ventral, et une gaine d’emport de charges, le tout compatible avec le système Felin: «les hommes ne sont pas encore tous qualifiés mais dans les trois ans à venir la totalité des troupes aéroportées seront passées par l’école de Pau et seront totalement aguerries à ce nouveau matériel dont la voile plus grande est plus glissante et davantage dirigeable.

C’est plus confortable d’arriver au sol
» précise le capitaine Cyril Mitnik, officier issu de l’école Interarmes, commandant la 1ère compagnie du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers engagé dans cette opération.

Sortis de l’avion à 300km/h, les parachutistes font une chute comparable à celle d’un saut du second étage d’un immeuble, d’où la nécessité d’une excellente condition physique et d’un entraînement régulier pour ces militaires de haut niveau.


Ce matin à peine un tiers de la compagnie Guépard NG du 1er RCP a pu sauter sur zone à cause des conditions météos qui régnaient sur le département.

L’Etat major a été obligé d’adapter le scénario de l’opération en improvisant un posé d’assaut sur l’aérodrome pour décharger rapidement les personnels et le matériel, suivi d’un redécollage immédiat.

«C’est un travail d’interopérabilité, d’échange de moyens de données surtout au niveau des moyens de communication […] Mojito correspond concrètement aux missions dédiées à la 11e Brigade et au 1er RCP, c’est une réelle opportunité pour nous de travailler avec la Marine et l’Armée de l’Air» conclut le capitaine Mitnik.


Exercice Mojito, les forces en présence

Unités de la 11e Brigade Parachutiste: 11e Compagnie de commandement et de transmissions parachutiste stationnée à Toulouse. 1er Régiment de chasseurs parachutistes stationné à Pamiers, 1er Régiment du train parachutiste stationné à Toulouse, 17e régiment de génie parachutiste de Montauban, 35e Régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes, Groupement de commandos parachutistes.

Unités extérieures: le groupe Aéronaval: porte avion Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué, des frégates. Le 5e Régiment d’hélicoptères de combat stationné à Pau et l’Armée de l’air.

Capacités opérationnelles de la 11e Brigade Parachutiste:

Composée de 8 régiments, d’un état-major et d’une compagnie de commandement et de transmission parachutiste, la 11e Brigade est  par définition la brigade de l’engagement d’urgence, en parfaite cohérence avec son contrat opérationnel des armées appelé «Guépard TAP», soit un dispositif d’alerte 365/365 jours avec une réserve troupes aéroportées disponibles sur très court préavis.

La brigade est un outil d’«assaut» vertical, par la maîtrise d’un savoir-faire unique: la verticalité.

Elle traduit la volonté de disposer d’une capacité significative d’actions verticales, d’une grande réserve d’infanterie (avec 4 régiments) complétée de façon cohérente par des blindés légers et des appuis du même domaine.

Cette culture de l’engagement d’urgence s’est forgée tout au long des 27 dernières années dans de multiples opérations auxquelles les parachutistes ont pris part: Kolwezi (1978), Tchad, Liban, République Démocratique du Congo, guerre du Golfe, ex-Yougoslavie, République de Côte d’Ivoire, de Centre Afrique, Afghanistan.
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 12/06/2012 | 17:22 | Lu: 26158 fois