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«Recycarbo»: des produits dangereux encore sur le site de Laroque d'Olmes
29/06/2012 | 19:20
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En décembre 2007, une inauguration en grande pompe a lieu dans le pays d’Olmes.

Implantée non loin de la station d’épuration de Laroque d’Olmes, sur la zone industrielle du moulin d’Enfour, l’entreprise Recycarbo tourne à bloc.

Tout le monde se réjouit alors de voir cette société spécialisée dans le traitement des eaux souillées par des hydrocarbures s’installer sur le territoire, et créer des emplois.

Mais la belle histoire tourne court. En mars 2011, le placement de la société en redressement judiciaire se fait sans bruit.

La liquidation judiciaire est notifiée dans la foulée, en décembre 2011. A l’époque, les services de l’Etat se rendent sur le site et demandent illico sa sécurisation: coupure du gaz et de l’électricité pour éviter les incendies, évacuation des produits dangereux, surveillance des bassins extérieurs, et vidange des cuves.

Le risque de pollution du site existe-t-il?

Aujourd’hui, le site est abandonné. Même si rien n’a été démantelé. L’herbe a poussé. Et les cuves sont toujours là. La quantité de produits non dépollués et dangereux sur le site aussi.

«5000m3, dont une cuve de 100m3 contenant du glycol» selon un document de la mairie.

Et c’est une réunion menée cette semaine qui a alerté les membres du Comité écologique ariégeois (CEA) sur la situation.

«Les cuves sont à ciel ouvert. D’où le risque de débordement en cas de fortes pluies» s’inquiète Jean-Charles Sutra (pour le CEA et Olmes écologie) qui poursuit, «nous nous inquiétons du risque de pollution des sols et du ruisseau. Nous avons voulu alerter l’opinion sur cette situation: il y a urgence !»

Mais le principal problème est le suivant: le coût de l’évacuation des produits dangereux s’élèverait à plus de 430 000 euros (la dépollution totale couterait bien plus cher).

Qui doit payer la facture?

Christian Poma (maire de Laroque d’Olmes) se sent démuni, «il faut dépolluer mais nous n’avons pas les moyens de le faire. Et puis c’est l’affaire d’un privé! Nous aurions en tout cas aimé être informé de cette situation plus tôt»

Actuellement, le mandataire judicaire de l’entreprise indique qu’il n’y a pas les moyens financiers disponibles.

Et pour des travaux dont la valeur dépasse 150 000€, ni la Région, ni le département ne doivent mettre la main à la poche, mais le ministère de l’environnement (par le biais de l’Ademe).

«Autrement dit, ce sont les contribuables qui vont payer!» tempête Jean-Charles Sutra.

Mais les responsabilités sont peut-être à chercher ailleurs.

Le groupe Aurea a longtemps été actionnaire majoritaire de la société Recycarbo (joint par téléphone, aucun de ses représentants n’a donné suite à notre appel). 

Et Eric Soulet, ancien directeur technique de la société (ayant participé au lancement du projet) se pose des questions, «le groupe Aurea avait 100% des parts de Recycarbo. Je ne comprends pas comment ce groupe, richissime, a réussi à se sortir de tout ça et à ne plus être mentionné nulle part.

Ils sont partis comme des voleurs. Jusqu’au bout, ils ont continué à faire entrer des déchets, tout en sachant qu’ils ne pourraient pas les retraiter
»

Le liquidateur judicaire Maitre Brenac, est entrain de mener l’enquête, «l’investigation est en cours. C’est un travail de fourmi pour savoir qui a amené ces déchets sur le site. Parallèlement, on se préoccupe de l’appartenance de Recycarbo à un éventuel groupe»

Mais devant cet imbroglio financier, et sans savoir encore qui doit payer la facture, beaucoup craignent que la situation ne s’éternise.

Le maire de la commune en première ligne, «il y a certains sites en France où ce genre de situation a duré des années...»

Une inquiétude à laquelle Michel Laborie, secrétaire général de la préfecture de l’Ariège, répond fermement, «quelques soient les circonstances, la situation ne restera pas en l’état. Et l’État y veillera»

En attendant, des patrouilles de surveillance du site seront effectuées par la police municipale.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 29/06/2012 | 19:20 | Lu: 31270 fois