Cindy, 20 ans, soupçonnée d'assassinat en Ariège et incarcérée, a dit aux enquêteurs avoir poignardé à mort Kevin Sellier, 19 ans, pour se venger d'une agression sexuelle et parce qu'il lui devait de l'argent, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.
Le corps de Kevin Sellier avait été découvert le 11 mai dans une forêt des Pyrénées, entre les villages de Vicdessos et Goulier. Un cueilleur de champignons était tombé par hasard sur le cadavre recouvert de branchages.
L'autopsie a révélé que le jeune homme avait succombé à plusieurs coups de couteaux et qu'il avait ensuite été brûlé.
Devant la juge Dorothée Juillan, Cindy, étudiante à Pamiers (Ariège), a reconnu avoir prémédité le meurtre. Elle a été mise en examen samedi pour assassinat.
Un ami de la jeune femme, lui aussi étudiant, présent sur les lieux du crime, est soupçonné de l'avoir aidée à dissimuler le corps. Il a été mis en examen pour recel de cadavre et relâché à l'issue de sa garde à vue à Toulouse.
Les deux jeunes gens ont été interpellés jeudi à Pamiers à l'issue d'une enquête des gendarmes de la section de recherches de Midi-Pyrénées.
"Ce qui est sûr, c'est qu'elle a voulu se venger et qu'elle a prémédité son acte. Son mobile reste un peu flou. Elle dit avoir été victime d'une agression sexuelle et que la victime avait des dettes envers elle", a dit à l'AFP une source proche du dossier, précisant que l'instruction devrait déterminer la véracité de ses dires.
Trahie par ses appels
Les trois jeunes domiciliés à Pamiers et dans ses environs étaient partis faire une randonnée à bord de la voiture de la jeune femme. Signe de la préméditation, des bouteilles d'un liquide inflammable, qui serviront à brûler le cadavre, avaient été placées dans le coffre, relève la même source.
Kevin Sellier, qui vivait de petits boulots dans le BTP, avait été porté disparu le 23 mars par un membre de sa famille chez qui il vivait à Pamiers. Il n'a été identifié qu'en juin, grâce à l'ADN.
La victime étant connue de la police pour des vols et des affaires de stupéfiants, les enquêteurs pensaient initialement à un règlement de comptes. L'examen de ses communications téléphoniques leur a permis de faire le lien avec Cindy, "une fille a priori sans problèmes", selon une source proche du dossier.
L'avocat de l'étudiant remis en liberté, Emmanuel Tricoire, assure que son client "est complètement étranger à l'homicide et ignorait les intentions" de Cindy, une amie d'enfance avec qui il venait de reprendre contact. En revanche, ajoute l'avocat, "il reconnaît le recel de cadavre".
"Il faudra essayer de comprendre la réalité de son implication d'un point de vue pénal", dit-il.
Le jeune étudiant sans histoires, qui poursuit de brillantes études dans un cursus d'excellence, n'a pas dénoncé le crime auquel il a assisté, par peur, selon une source proche de l'enquête. Avant le drame, il ne connaissait la victime que de vue.
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