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Baignade dans les rivières d'Ariège: attention à l'eau qui dort
10/08/2012 | 17:08
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Au groupement d’usines d’EDF d’Aston (Haute-Ariège), juste à l’endroit où l’eau est rejetée dans la rivière, le chef d’exploitation André Delcor montre à droite, «voilà comment est la rivière à son débit normal. Tout est calme et tranquille» Et à gauche, «voilà comment elle est quand l’usine fonctionne. De ce côté là, on n'a pas du tout envie de s’y baigner»

Et cette simple observation résume à elle seule l’intérêt de la prévention menée par EDF en Ariège, où des «hydroguides» vont en ce moment à la rencontre des baigneurs, pêcheurs et randonneurs.

6 hydroguides pour le département

Ils sillonnent les bords des cours d’eau pour faire passer un message simple imprimé sur des plaquettes: «calme apparent, risque présent»

Casquettes bleues sur la tête, prospectus en main, Laurianne Delcor et Cécile Chatelet étaient ce vendredi en visite au camping des Cabannes.

Une petite plage y attire les baigneurs les jours de chaleur. «On explique aux gens qu’il faut faire très attention au lâcher d’eau, qu’elle peut monter très rapidement et qu’il peuvent se faire emporter» raconte Laurianne.

«Certains sont bien au courant du phénomène. D’autres beaucoup moins. On adapte notre message en fonction» explique Cécile, «on a aussi une mission de comptage des personnes, pour connaître les lieux les plus fréquentés»

Impossible de prévoir la montée des eaux

«Tout cela existe depuis un grave accident qui a eu lieu dans le lit du Drac, où plusieurs enfants s’étaient noyés, surpris par la brusque montée des eaux» précise Eric Chevallier (chef du groupement des vallées d’Ax).

Car c’est un état de fait: de part la production d’électricité à partir des usines hydroélectriques en montagne, le niveau et le débit des cours d’eau peut augmenter brutalement. Et on ne peut pas savoir quand.

En effet, la consommation d’électricité varie en permanence au cours de la journée et de l’année.

L’électricité ne pouvant pas être stockée, une centrale hydraulique doit ajuster sa production à cette consommation en réalisant des lâchers d’eau parfois imprévisibles.

Et d’un autre côté, les rivières sont de plus en plus prisées, «c’est vrai qu’il y a 20 ou 30 ans, il y avait beaucoup moins de monde au bord de la rivière» estime André Delcor, «cela a changé avec la pratique des sports en eaux vives»

Pour tous ces nouveaux usagers, la prudence s'impose.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 10/08/2012 | 17:08 | Lu: 31208 fois