Le procès en appel du maire de Cousolre (Nord), Maurice Boisart, qui conteste sa condamnation pour une gifle administrée à un adolescent rebelle en 2010, s'est ouvert jeudi après-midi devant la cour d'appel de Douai.
M. Boisart, cheveux blancs tranchant avec son costume noir, est arrivé peu avant 14H00 au palais de justice de Douai sans faire de commentaire, accompagné de son avocat, le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti, qu'il décrit comme "un enfant du village".
Quelques habitants de la région avaient fait le déplacement pour soutenir l'élu.
Pour Josiane Delannoy, une retraitée de 72 ans, "un maire mérite le respect". "Je suis révoltée de voir tout ce qui se passe", s'est indignée cette habitante de Maubeuge. "Je trouve injuste de traiter un maire de la sorte, car un maire défend son village. Cette affaire dissuadera de nombreuses personnes de se présenter comme maire", a-t-elle estimé.
"Je crains que la condamnation du geste du maire de Cousolre, si elle devait être confirmée en appel, ne fasse jurisprudence", a souligné pour sa part Jean-Pierre Royer, 76 ans, ancien doyen de la Faculté de droit de Lille, qui a compté Me Dupond-Moretti parmi ses étudiants.
Maurice Boisart bénéficie également du soutien de l'Association des maires de France (AMF) et de l'Association des maires du Nord (AMN).
L'Institut pour la Justice, une association de défense des victimes favorable à une politique pénale plus répressive, a également apporté son soutien à Maurice Boisart, lançant notamment une pétition qui a recueilli selon l'association plus de 500.000 signatures de toute la France.
Pour le père de l'adolescent, présent jeudi, "si Maurice Boisart n'avait pas été maire, l'affaire n'aurait jamais pris cette ampleur".
"Je ne défends d'aucune façon les incivilités. Mais quand il y a une sanction, elle doit être appropriée. Il n'est pas normal que le maire fasse un procès à lui tout seul", a-t-il ajouté.
Maurice Boisart, 63 ans, avait giflé un adolescent de 16 ans, le 24 août 2010, alors qu'il escaladait un grillage pour récupérer un ballon tombé dans un terrain communal.
Le maire, qui avait déjà été confronté à plusieurs reprises au jeune homme, a été condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis et à 250 euros de dommages et intérêts pour des faits de violence par personne dépositaire de l'autorité publique, le 17 février par le tribunal d'Avesnes-sur-Helpe (Nord) qui avait jugé sa réaction disproportionnée.
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