Trois jeunes femmes ont accablé jeudi Bruno Cholet en témoignant à son procès devant la cour d'assises pour le meurtre d'une jeune Suédoise, décrivant leur frayeur et leur sentiment d'avoir elles-mêmes échappé de peu à la mort après être montées dans son faux taxi.
L'accusé, qui nie avoir tué Susanna Zetterberg le 19 avril 2008, a contesté ces témoignages.
"Je me suis dit que j'allais finir dans une cave", a raconté Héléna Perez, 30 ans, en accusant l'ancien chauffeur de taxi clandestin de l'avoir empêchée de descendre de sa voiture.
Selon elle, Bruno Cholet avait "une casquette, des gants, un pic à glace et pas de compteur". Elle affirme avoir laissé une boule de cheveux dans le véhicule: "Je me suis dit que même si j'étais morte, ça servirait peut-être à attraper la personne plus tard."
Bruno Cholet, debout dans le box, ne nie pas avoir pris en charge cette jeune femme une nuit de février 2008. Mais il assure qu'elle avait refusé de payer la course une fois arrivée à destination et que ce qu'elle a pris pour un pic à glace était sans doute le stylet utilisé pour actionner son GPS.
"J'ai tout de suite vu son regard dans le rétroviseur, un regard froid, qui me gênait beaucoup", a également témoigné Caroline Balensi, 35 ans, reprochant elle aussi à Bruno Cholet de ne pas l'avoir conduite spontanément à destination lorsqu'il l'a prise en charge, une nuit de fin 2007.
"J'ai eu très peur, j'ai vu qu'il ne me ramenait pas chez moi", a-t-elle relaté, même si elle reconnaît qu'il ne l'a pas directement menacée.
"J'ai effectivement pris cette personne comme cliente", reconnaît Bruno Cholet. "A part ça, tout le reste, franchement, c'est pas commercial. Même si je veux draguer une femme, je ne demande pas son nom, son téléphone, d'entrée de jeu", ajoute l'accusé, 55 ans, déjà condamné à une dizaine de reprises dont deux fois pour des viols.
Un taxi "bizarre" Quant à Emilie Palis, 25 ans, dont le témoignage à la police avait permis d'établir un portrait robot du meurtrier présumé de Susanna Zetterberg, avant l'arrestation de Cholet, l'accusé dit ne pas la connaître.
La jeune femme, aux longs cheveux blonds, l'a pourtant encore identifié à l'audience et a reconnu ses "grosses mains et ses petits doigts boudinés".
Elle a raconté à la cour avoir pris un taxi à la sortie de la boîte de nuit la Scala, une semaine avant la mort de Susanna Zetterberg, qui a été tuée après être montée elle aussi dans un taxi en sortant de la même discothèque parisienne.
"Le chauffeur m'a dans un premier temps fait une proposition tendancieuse d'ordre sexuel, cela m'a mise sur mes gardes", a-t-elle dit. Puis le véhicule a pris une direction opposée à la destination de la jeune femme, qui est alors "sortie très vite de la voiture, à un feu rouge".
Deux amies de Susanna Zetterberg ont ensuite raconté à la cour les derniers moments passés avec elle. Dans une ultime conversation téléphonique, peu après son départ de la Scala, Susanna avait dit à l'une d'elles qu'elle était dans un taxi "bizarre", mais que tout allait bien et qu'elle rentrait à la maison.
Susanna Zetterberg, jeune fille blonde de 19 ans que ses parents et son frère ont décrite à la cour comme pleine de vie et d'amour, avait été retrouvée morte quelques heures plus tard en bordure d'un chemin de la forêt de Chantilly (Oise), son corps en partie carbonisé.
"Sanna", comme l'appelaient ses proches, venue à Paris en août 2007 pour étudier le français à la Sorbonne, "aurait dû rentrer à la maison le 17 mai. Elle est rentrée, mais dans un cercueil", a dit tristement son père.
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