Sept policiers lyonnais, placés en garde à vue depuis mardi dans le cadre d'une enquête pour des faits de corruption, ont été mis en examen jeudi pour "corruption passive par personne dépositaire de l'autorité publique".
Des poursuites ont également été engagées à l'encontre de certains d'entre eux pour "trafic d'influence", ou "violation du secret professionnel", "destruction d'objets par personne concourant à la manifestation de la vérité", ou encore "détournement de finalités de données informatiques", selon une source judiciaire.
Quatre fonctionnaires ont été placés en détention provisoire, deux autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Le débat sur le mandat de dépôt du septième devait se terminer dans la nuit.
Au total, 13 personnes, qui sont toutes poursuivies, ont été déférées jeudi au parquet dans le cadre de cette affaire survenant près d'un an après l'affaire Neyret qui a ébranlé la police judicaire de Lyon.
"Il ne faut pas faire l'amalgame" avec cette affaire, avait insisté mardi le procureur de la République de Lyon, Marc Cimamonti, évoquant l'ancien numéro 2 de la PJ lyonnaise, Michel Neyret, mis en examen en octobre 2011 pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs ou encore trafic de stupéfiants, et révoqué vendredi dernier par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
Outre les sept policiers, deux délégués du procureur, anciens fonctionnaires de police, ont été mis en examen jeudi. L'un est poursuivi pour trafic d'influence, le second pour corruption passive, trafic d'influence et violation du secret professionnel. Ils ont été placés tous les deux sous contrôle judiciaire, selon la source judiciaire.
L'un a été un ancien garde du corps de Charles Hernu, maire de Villeurbanne avant de devenir ministre de la Défense de François Mitterrand, selon une source proche de l'enquête.
Les fonctionnaires de police -- dont quatre du commissariat de Vénissieux -- sont soupçonnés d'avoir rendu des services à une famille de cette ville dont certains membres sont impliqués dans le trafic de drogue, en échange d'avantages.
"C'est une affaire de corruption significative et les faits les plus anciens datent de 2007", avait dit mercredi le procureur de la République, énumérant "une multitude de services rendus" par les policiers "en échange d'avantages reçus", tels que repas au restaurant, téléphones ou électroménager.
Des avantages fournis par le "chef de famille", propriétaire d'un négoce de réparation d'électroménagers et de matériels électroniques.
"Il ne s'agissait pas seulement de faire sauter des procès verbaux de contravention, mais aussi de se renseigner sur l'existence de procédures" concernant "des proches ou des membres de la famille" pour "empêcher qu'elles ne prospèrent", avait dit le magistrat.
Le propriétaire du négoce est poursuivi pour corruption active sur personnes dépositaires de l'autorité publique, trafic d'influence actif et complicité d'escroquerie, notamment. Lui et son frère ont été placés en détention provisoire.
Les deux dernières personnes poursuivies sont l'associé de l'entrepreneur, qui a été placé sous contrôle judiciaire. Un proche d'un des frères a enfin été mis en examen pour recel de violation du secret professionnel. Il a été laissé libre sans contrôle judiciaire.
L'interpellation des policiers, près d'un an après l'affaire Neyret, avait conduit le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui sera vendredi à Lyon, à souligner qu'il ne devait "jamais y avoir le moindre doute sur la police ou la gendarmerie".
Il avait insisté sur le fait que "l'exemplarité et le respect très strict de la loi" étaient "indispensables" afin de "maintenir, renforcer ou rétablir le lien de confiance" entre les forces de sécurité et les citoyens.
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