Un ex-magistrat de Lyon, en poste au parquet de Cayenne, a été mis en examen mercredi dans l'affaire de corruption présumée visant l'ancien numéro 2 de la PJ lyonnaise Michel Neyret, les enquêteurs le soupçonnant d'avoir fourni illégalement le contenu de deux casiers judiciaires.
Il s'agit du premier magistrat poursuivi dans cette affaire qui vaut à l'ex-figure de la police lyonnaise et à quatre autres policiers, anciens collaborateurs de Neyret, d'être également mis en examen.
Francis Montoy a été mis en examen mercredi à Cayenne pour accès frauduleux à un casier judiciaire, détournement de la finalité d'un traitement de données à caractère personnel et violation du secret professionnel, a-t-on indiqué de source judiciaire jeudi.
Le magistrat est soupçonné à ce stade d'avoir révélé le contenu de deux casiers judiciaires lorsqu'il était en poste à Lyon, a-t-on précisé.
Le casier judiciaire comporte les condamnations mais également les décisions de suspension ou d'exécution de condamnations ou encore les mandats d'arrêt non exécutés, décisions susceptibles d'intéresser des personnes visées par la justice. L'intégralité du casier ne peut être communiquée qu'aux autorités judiciaires.
Le magistrat de Cayenne a été placé sous contrôle judiciaire mais les modalités de ce contrôle ne l'empêchent pas d'exercer ses fonctions. Une éventuelle suspension relèverait de la Chancellerie.
Il avait été nommé en 2003 à Lyon où il est resté jusqu'à sa nomination en Guyane à l'été 2011, soit juste avant l'arrestation de Michel Neyret. Avant 2003, il avait notamment été en poste au parquet de Valence.
M. Montoy avait été placé en garde à vue à Cayenne (Guyane) mardi pour être entendu par les enquêteurs de l'inspection générale des services (IGS, police des polices parisienne) sur des renseignements qu'il aurait pu fournir à Michel Neyret, selon une source proche du dossier.
les interventions de Neyret
Michel Neyret a été mis en examen en octobre 2011 pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs ou encore trafic de stupéfiants dans l'enquête conduite par le juge Patrick Gachon. Il avait été remis en liberté en mai après près de huit mois de détention provisoire à la prison de la Santé à Paris.
L'affaire Neyret trouve son origine dans des écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre d'une enquête sur un vaste trafic international de drogue qui avait été marquée par la saisie de 110 kilos de cocaïne en novembre 2010 à Neuilly-sur-Seine.
Il est apparu qu'un homme réputé proche du milieu lyonnais cherchait à obtenir des informations sur les investigations menées dans ce trafic, et qu'il en avait obtenues au printemps 2011 grâce à l'entremise de Michel Neyret, selon une pièce d'instruction consultée par l'AFP.
Au-delà, l'ex-numéro deux de la PJ lyonnaise est soupçonné d'être intervenu dans plusieurs dossiers auprès de policiers et de magistrats au bénéfice de cet homme et d'un autre, lui aussi réputé proche du milieu, ou de leurs proches, et d'avoir consulté pour les deux hommes divers fichiers de police.
Michel Neyret a été révoqué le 7 septembre de la police par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui avait suivi l'avis du conseil de discipline devant lequel avait comparu l'ex-"grand flic".
Michel Neyret, qui ne s'est jamais exprimé sur le fond du dossier, a été placé depuis sous un strict contrôle judiciaire.
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