Les frères Karabatic et leurs compagnes étaient entendus mardi au palais de justice de Montpellier dans le cadre de l'affaire d'un match présumé truqué de handball, en vue d'éventuelles mises en examen.
Luka et Nikola Karabatic sont arrivés vers 12h00 chacun dans une voiture, l'un le visage caché (Nikola) et l'autre à visage découvert (Luka). Leurs deux compagnes les avaient précédés vers 11h00, ainsi que deux autres joueurs du club héraultais, transférés cet été au Paris SG, le Serbe Mladen Bojinovic et le Français Samuel Honrubia.
Lundi, le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin, avait précisé que dans cette affaire des paris sportifs litigieux entourant le match de D1 Cesson-Montpellier du 12 mai, 18 personnes - dont neuf joueurs évoluant tous à l'époque à Montpellier - avaient été placées en garde à vue.
Les joueurs mis en cause sont Luka et Nikola Karabatic, Mickaël Robin, Primoz Prost, Samuel Honrubia, Wissem Hmam, Dragan Gajic, Mladen Bojinovic, Vid Kavticnik. Lundi soir, trois d'entre eux - Mickaël Robin, Vid Kavticnik et Wissem Hmam - ont été remis en liberté à Nanterre, tandis qu'un autre joueur héraultais, Issam Tej, a été placé en garde à vue à Montpellier.
Devant le palais de justice de Montpellier, les journalistes se pressaient dès 07h30 avant l'arrivée des joueurs, notamment l'icône du handball français Nikola Karabatic, double champion olympique et double champion du monde.
"Match litigieux"
Lors d'une conférence de presse aux accents de réquisitoire, M. Robin a affirmé lundi que "de très fortes suspicions" pesaient "sur le non-respect de l'éthique sportive à l'occasion de ce match litigieux".
"Des liens très étroits ont été tissés entre les joueurs et leurs parieurs. Pour ceux qui doutaient d'un pacte, il y a matière à se poser des questions très légitimes", a-t-il souligné, détaillant le rôle joué notamment par les compagnes des frères Karabatic.
Selon le procureur, seule la compagne de Luka Karabatic, frère de Nikola --l'animatrice de télé Jeny Priez, interpellée dimanche-- a admis devant les enquêteurs "avoir parié" pour son compagnon, à sa demande et "avec l'argent de celui-ci". Les autres suspects ont gardé le silence, réservant leurs déclarations pour les juges. Selon des avocats de joueurs, ceux-ci ont parié, bien qu'ils en aient l'interdiction, mais n'ont pas truqué le match.
"D'évidence, ils ont commis une erreur grave. Il faut qu'elle soit punie de manière exemplaire car c'est quelque chose qui n'est pas supportable", a estimé mardi au micro de RTL le sélectionneur de l'équipe de France, Claude Onesta, au sujet des internationaux Nikola Karabatic et Samuel Honrubia avec qui il a remporté le titre olympique cet été à Londres.
Selon une source proche du dossier, des écoutes téléphoniques auraient permis aux enquêteurs d'entendre les joueurs suspectés expliquer qu'ils avaient décidé de gagner de l'argent le 12 mai car ils étaient certains que leur équipe perdrait la rencontre, sans conséquence pour leur club déjà assuré d'être champion.
"Match litigieux"
Selon RTL, d'autres écoutes ont révélé la panique qui s'est emparée des joueurs et de leurs proches une fois que le pot-aux-roses a été découvert.
Les paris incriminés se sont élevés à 87.880 euros et ont rapporté 252.880 euros. Des montants 40 fois supérieurs à l'ordinaire et portant "à 99,94%" sur un score défavorable à Montpellier à la pause, selon le procureur, ce qui avait alerté la Française des Jeux.
Ces paris avaient été pris dans seulement trois endroits (Montpellier, Rennes, région parisienne) et réalisés par tranches de 100 euros en liquide, ce qui permet au parieur de rester anonyme pour percevoir ses gains.
Par ailleurs, les clubs de handball de Nîmes et Istres, relégués en D2 en fin de saison dernière, joints mardi par l'AFP ont indiqué qu'ils n'avaient pas saisi la Ligue de handball au sujet du match Cesson-Sévigné/Montpellier.
Le procureur de Nîmes avait indiqué "qu'un club rétrogradé (avait) saisi la Ligue".
Istres qui avait terminé avant-dernier: "Nous n'avons engagé aucune action devant la Ligue. Un autre résultat du match n'aurait rien changé pour nous sur le plan sportif", a indiqué à l'AFP un responsable de la communication du club d'Istres qui avait terminé avant-dernier.
De son côté, la responsable de la communication de Nîmes qui avait terminé dernier a déclaré à l'AFP: "Nous n'avons pas porté réclamation devant la Ligue. Nous n'avons pas de commentaire à apporter sur l'affaire".
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