Les deux locataires soupçonnés d'être à l'origine de l'incendie de l'hôtel d'Armentières (Nord), qui a fait un mort et cinq blessés samedi, ont été mis en examen lundi soir pour dégradation par incendie ayant entraîné la mort.
Ils ont été incarcérés dans l'attente de leur présentation à un juge des libertés et de la détention, qui a été différée à leur demande et aura lieu "mercredi et jeudi", a indiqué le parquet de Lille à l'AFP.
Ces deux hommes, deux amis âgés de 39 et 51 ans, "en grande difficulté sociale" et faisant l'objet de mesures de tutelle, avaient été placés en garde à vue dès samedi soir.
Selon les premiers éléments de l'enquête, il semble que l'incendie de cet hôtel réservé à l'accueil de personnes en situation précaire soit parti de la chambre voisine de celle où la locataire âgée d'une cinquantaine d'années est décédée. Cette dame essayait "apparemment de sauver ses chiens", a expliqué le maire de la ville Bernard Haesebroeck.
Son conjoint, qui partageait la chambre avec elle, a survécu.
Les deux suspects étaient connus des services de police, selon une source proche du dossier. L'un avait été placé sous tutelle et l'autre sous curatelle renforcée.
L'un des deux habitait la chambre d'où le feu est parti. Principal suspect, il était déjà connu pour des faits d'incendie et aurait proféré menacé de mettre le feu à l'hôtel, selon la source proche.
Pour l'instant, aucune explication n'a été donnée sur les motivations des deux mis en cause, et aucun n'a reconnu les faits. Des résultats d'analyse toxicologique étaient attendus mais il semble que les deux hommes étaient légèrement alcoolisés lors des faits, selon cette source.
Le feu s'était déclaré samedi peu après 19H00 au deuxième et dernier étage de l'hôtel Albert 1er, provoquant l'évacuation de 39 personnes après l'intervention rapide des secours.
Sur les cinq personnes hospitalisées pour des complications respiratoires, trois étaient sorties de l'hôpital dimanche soir, selon le maire d'Armentières. La plupart des personnes évacuées avaient dû passer la nuit de samedi à dimanche dans l'EPSM (établissement public de santé mentale) d'Armentières.
Onze locataires, dont les trois sortis de l'hôpital, étaient toujours dans les bâtiments de l'hôpital psychiatrique lundi soir. Les autres ont été relogés par une association.
Une des solutions "est d'ouvrir par anticipation l'accueil hivernal à l'EPSM, pour confirmer ce qu'on a ouvert prématurément. Les gens ont été logés là où habituellement je loge les plus démunis et les personnes sans-abri", a expliqué M. Haesebroeck, qui espérait obtenir les moyens adéquats pour une telle ouverture.
Composé de chambres classiques et de studios meublés, l'hôtel abritait principalement des personnes en situation précaire: des sans-abris logés par des associations et des familles louant des chambres au mois, dont certaines originaires de Serbie et de Roumanie.
L'hôtel, "ancien mais d'apparence accueillante", était régulièrement visité par des commissions, selon la description de Bernard Haesebroeck. L'importance des dégâts ne permettra pas une réouverture rapide, a précisé le maire.
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