Des hommes en noir cagoulés arrivent au sol et par les airs pour capturer de faux malfaiteurs retranchés: les groupes d'intervention de la police nationale (GIPN) ont célébré lundi leurs 40 ans avec un spectateur de choix, le ministre de l'Intérieur.
Les criminels tirent sur un policier et se réfugient dans l'Ecole nationale supérieure de la police, à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, lieu de l'exercice grandeur nature.
Un fourgon blindé du GIPN vient chercher le blessé, des hommes équipés de casques, gilets pare-balles et boucliers sont déposés par hélicopère au sol et sur le toit du bâtiment. Un autre fourgon amène de quoi monter un poste de commandement opérationnel, avec des moyens audios et vidéos, des caméras étant portées par les intervenants et des robots télécommandés.
"Les négociations sont difficiles, les autorités envisagent un assaut", prévient un commentateur. Une grenade inoffensive est envoyée pour faire diversion par deux hommes descendant en rappel, tandis que leurs collègues interpellent les malfaiteurs à l'intérieur.
Manuel Valls, tout sourire, a suivi l'opération aux côtés de familles de policiers.
"Je suis ici pour saluer ces troupes d'élite de notre police nationale qui interviennent toujours dans des conditions difficiles, extrêmes et qui sont là pour neutraliser des individus, des forcenés, tout simplement protéger les Français", déclare-t-il à la presse, alors que plusieurs affaires ont secoué dernièrement les rangs des policiers.
"Difficulté du métier"
Le premier GIPN a été fondé en octobre 1972, après le massacre des athlètes israéliens pris en otage par des Palestiniens aux Jeux olympiques de Munich. Ces groupes d'intervention regroupant près de 200 hommes, à vocation régionale, sont au nombre de dix aujourd'hui, basés à Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille, Nice, Rennes, Strasbourg, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie et la Guadeloupe.
Parmi leurs faits d'armes récents figurent en juin la neutralisation d'un preneur d'otages dans une banque à Toulouse ou en octobre des interpellations à la Villeneuve à Grenoble après les meurtres de deux jeunes à l'arme blanche, ainsi que celles de membres d'une cellule islamiste radicale dans plusieurs villes.
"Je souhaite que les Français se rendent compte de la difficulté du métier des policiers comme des gendarmes", ajoute le ministre, devant ces unités en alerte 24 heures sur 24.
Pour intégrer un GIPN, "il faut être préparé physiquement, ne pas avoir de phobies en hauteur par exemple, et psychologiquement savoir gérer son stress, et il faut aussi une maturité personnelle et professionnelle", selon Franck Schuller, qui a dirigé le GIPN de Nice durant six ans et s'est reconverti depuis septembre en commissaire.
Triés sur le volet, les candidats subissent des tests drastiques (course, nage, grimpe, combat, tirs...) pour un faible nombre de places à pourvoir. Aucune femme ne les a encore réussis. Une fois en fonction, formation et entraînements occupent environ 40% du temps.
"Nous évoluons rapidement dans les techniques", au niveau des caméras, des équipements de protection ou encore des moyens pour forcer une porte, relève Fabrice, qui ne donne pas son nom de famille car il est en poste.
"La négociation reste au coeur de notre métier. Car un forcené est quelqu'un en détresse morale ou sociale, on ne doit pas le considérer comme un délinquant", rappelle Christophe, 49 ans, qui a quitté le GIPN de Lyon il y a peu après 19 ans de service et prône les dénouements "sans l'emploi de la force".
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