Les femmes jeunes, vivant seules ou élevant seules leurs enfants, sont la cible privilégiée de la plupart des types d'agression, souligne jeudi une étude publiée dans le dernier numéro d'"Economie et statistiques" de l'Insee.
Les femmes de milieu modeste subissent aussi plus fréquemment des agressions sexuelles ou des violences à l'intérieur du ménage, selon cette enquête, basée sur des données recueillies entre 2007 et 2009. La situation de chômage augmente aussi pour les femmes le risque de se faire agresser sexuellement.
Les femmes diplômées sont davantage victimes d'agressions de faible gravité, comme les vols sans violence ou les injures.
Le risque d'être victime d'un vol violent est près de quatre fois plus élevé que la moyenne pour une Parisienne, relève l'enquête, en soulignant qu'il est aussi plus élevé dans les centres des villes de plus de 100.000 habitants.
Les victimes des agressions non sexuelles (violences physiques, vols, injures et menaces) sont en règle générale plus souvent des hommes que des femmes. Les vols, notamment, touchent plus les hommes et s'accompagnent alors plus souvent de violence, car ils ont sans doute davantage tendance à se défendre, selon l'étude.
Les femmes sont deux à trois fois plus souvent que les hommes victimes d'agressions sexuelles en dehors du ménage: 1,2% des femmes interrogées ont déclaré avoir été la cible de telles violences (viols, tentatives de viol, attouchements sexuels).
Elles sont aussi 0,6% à avoir été la cible de violences à caractère sexuel au sein du ménage au cours des deux années précédant l'enquête, trois fois plus que les hommes.
Cette plus grande vulnérabilité face aux agressions sexuelles et aux violences au sein du ménage se reflète dans un sentiment d'insécurité plus prégnant, selon l'enquête: ainsi, 13,8% des femmes se sentent souvent ou de temps en temps en insécurité, contre 7,8% des hommes.
Les faits ont par ailleurs tendance à se répéter lorsque la victime connaît l'auteur: environ les deux tiers des victimes d'un membre du ménage l'ont été plusieurs fois en deux ans.
L'enquête fait aussi état d'un nombre élevé de plaintes déposées pour les vols, mais très faible pour les violences conjugales ou sexuelles. Ainsi, seules 10,6% des femmes ayant reçu des coups au sein du ménage portent plainte et seulement 3,4% lorsqu'il s'agit d'un rapport sexuel forcé.
Et même quand l'agresseur n'est pas un proche, la femme victime d'agression sexuelle a peur de se faire connaître comme telle, note l'enquête, relevant que le tabou autour de ce type d'agression reste important.
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