Plusieurs magasins du géant suédois de l'ameublement Ikea ont vu leur fonctionnement perturbé samedi par un mouvement de grève de salariés qui dénoncent la baisse de leur prime d'intéressement et la dégradation de leurs conditions de travail, a-t-on appris auprès de la direction et de syndicats.
"L'intégralité des magasins sont ouverts, mais quelques uns offrent des services restreints", a dit un porte-parole de la direction du groupe qui emploie environ 9.000 personnes en France.
C'était notamment le cas à Thiais (Val-de-Marne) ou Plaisir (Yvelines), deux des magasins déjà affectés le samedi précédent par une grève.
Les salariés se plaignent en particulier de la baisse de la prime d'intéressement en 2012 alors que le chiffre d'affaires est resté en hausse.
La direction souligne de son côté que, même en hausse de 3,2%, la progression du chiffre d'affaires a été divisée par deux par rapport à l'année précédente (+6,1%), preuve, selon elle, que le meuble est à son tour affecté par la crise économique, surtout au cours des derniers mois.
"L'entreprise est fière néanmoins de maintenir l'intéressement", a dit le porte-parole.
"Plus de 84 % des collaborateurs (employés 35H présents toute l'année sur l'exercice 2012) vont toucher en novembre 2012 un intéressement compris entre 600 et 800 euros", a affirmé la direction dans un communiqué.
Les débrayages touchaient samedi une partie des services des magasins: restaurant, service après-vente, transport etc., ont précisé la direction et une déléguée centrale CGT, Marylène Laure-Douilly.
A Plaisir, toute la partie exposition est restée fermée au public qui n'avait accès qu'au libre-service.
Ni la direction ni les syndicats n'étaient en mesure de donner un taux de grévistes sur l'ensemble des magasins, le mouvement n'ayant pas fait l'objet d'un appel national de l'intersyndicale, mais de décisions par magasin.
"Un mouvement national était compliqué à mettre en place", a déclaré le délégué central adjoint FO, Dominique Niconof.
Pour lui, la grogne des salariés d'Ikea devrait se poursuivre car "il y a des réductions massives d'effectifs et des heures travaillées sans que l'on récompense les efforts consentis".
La CGT a déclaré pour sa part "attendre un retour de la direction" lors d'une réunion qui était planifiée de longue date pour mardi prochain, au cours de laquelle la direction s'est dite prête à parler de leurs revendications avec les organisations syndicales, notamment des conditions de travail.
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