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Lac de Montbel, enjeu de toutes les convoitises

© midinews 2013

C'est une des réserves d'eau les plus importantes du département de l'Ariège.

Avec 60 millions de m3 cette retenue a pour vocation de compenser les prélèvements des irriguants, à la fois sur les rivières mais aussi sur la nappe phréatique d'accompagnement (ce soutien d’étiage concerne les départements de l’Ariège, de la Haute-Garonne et de l’Aude).

«Cette année nous avons la satisfaction de voir le lac complètement rempli depuis samedi dernier, nous pourrons accomplir notre mission estivale, se réjouit Jean Cazanave, conseiller général du canton de Mirepoix. Car la grande difficulté dans la gestion de cette retenue c'est que les années se suivent mais ne se ressemblent pas: en 2006, 2007, 2008 et plus encore en 2011 nous n'y sommes pas parvenus»

Les réserves sont tellement importantes qu’elles ont permis aussi d’alimenter le lac de la Ganguise dans l’Aude (44 millions de m3); l’eau transite par un conduit de 40 km depuis Montbel.

Le lac de Montbel est une institution collégiale interdépartementale
On retrouve au sein de son conseil d'administration six Ariégeois élus par le Conseil général, trois désignés par le Conseil général de la Haute-Garonne et trois désignés par celui de l'Aude.

Une majorité d'Ariégeois aux commandes et une répartition de l’eau légitime au regard des investissements réalisés lors de la création de cette retenue artificielle en 1985: 50% pour l'Ariège, 25% pour la Haute-Garonne et 25% pour l'Aude.

Le SMDEA en assure la gestion déléguée par concession d’appel d’offres et deux techniciens sont dépêchés sur place pour l’entretien et la maintenance.

«Le département de l'Ariège a la position de château d'eau de Midi-Pyrénées, près de 40% de l'eau qui passe sous les ponts de Toulouse provient de l'Ariège, il est donc légitime que nous ayons une position dominante dans la prise de décision»

Aujourd'hui l'institution a lancé une étude pour amener de l'eau à Montbel en la prélevant dans la rivière Touyre en période de hautes eaux afin d’éviter les inconvénients rencontrés lors des années de sècheresse (soit 7 années sur 10).

Jean Cazanave: «il faut sécuriser les ressources»

L'eau peut rapidement devenir un enjeu majeur et générer des tensions surtout depuis une vingtaine d'années alors que l’on constate du fait du réchauffement climatique une baisse sensible du régime des cours d'eau.

«Lors des dernières campagnes de remplissage nous avons effectivement enregistré des tensions aiguës sur le problème de l'eau. Elles se vérifient entre les territoires et les usagers.

Les agriculteurs sont montrés du doigt comme dilapidant un bien commun... les tensions sont telles que le Conseil général a décidé de créer un SAGE ou schéma d'aménagement et de gestion de l'eau (sur les 5 à 7 ans à venir). Il a été désigné comme organisme unique pour le versant de l’Ariège et de l’Hers et travaille en partenariat avec la Chambre d’Agriculture.

Les règlements et dispositions sont élaborés par une association qui porte le nom de commission locale de l'eau (CLE) ou parlement de l'eau qui réunit une cinquantaine de personnes issues de tous les milieux représentatifs des usagers de l'eau: les usages domestiques, les agriculteurs, la chambre d'agriculture ou encore les syndicats agricoles, des associations militant pour le milieu naturel, les syndicats de riverains, les collectivités territoriales, les élus des départements limitrophes et peut-être même jusqu'à l'Andorre
»

L’objectif de ce parlement de l’eau étant à terme d’avoir une politique globale et donc cohérente de la ressource: «nous partons de la base que l’eau est un bien public et le Conseil général s’en considère comme le garant. Concrètement un tel schéma est un outil de planification de la gestion de l’eau à l’échelle d’une unité hydrographique cohérente.

Un tel programme fixe des objectifs d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative de la ressource
» indique Jean Cazanave, témoignant de l'intérêt particulier que le département de l’Ariège attache à cette richesse du patrimoine naturel ariégeois.

Laurence Cabrol | 17/04/2013 - 18:26 | Lu: 24316 fois

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