accueil  |  ariège   |  france

Haute-Ariège: les barrages de montagne surveillés de près pendant la période de fonte des neiges

© midinews 2013

En Ariège, aussi bien que dans l’ensemble des Pyrénées, l’hiver 2012/2013 restera comme celui de tous les records notamment celui de l’enneigement.

Au 1er avril, dans le département on trouve effectivement un enneigement très largement excédentaire avec 170% des stocks habituels par rapport à une année dite normale. Entre 1800 et 2000 mètres d’altitude, on a 1,5 à 2 fois le stock de neige habituel, un constat similaire au-dessus de 2200 mètres.

Cet enneigement exceptionnel n’est pas sans conséquences pour le reste de l’année. Depuis plusieurs semaines, l’entreprise EDF anticipe différents scénarios de fonte des neiges au printemps. Une fonte qui a débuté et devrait durer jusqu’au mois de juillet.

«Pour nous, en ce moment c’est parfait car nous sommes sur une fonte progressive et partielle du manteau neigeux qui se réalise doucement et par tranche. Selon les prévisions météorologiques, nous avons 10 jours devant nous de fonte progressive» explique Franck Belotti, directeur EDF hydraulique Aude-Ariège.

Cela dit, compte-tenu du manteau neigeux, un scénario de crue déclenchée par un événement météo très pluvieux reste probable. «La seule fonte des neiges ne peut pas générer de crue. Mais dans le cas d’une crue, les barrages font office d’éléments retardateurs ou amortisseurs de crue» confirme le directeur EDF.

Une veille permanente avec la préfecture et le service de prévision des crues est effectuée avec les services d’EDF pour envisager les différents scénarios possibles et surtout s’y préparer. «Nos équipes révisent les procédures de passage en crue pour que le moment venu les équipes soient opérationnelles» confirme Franck Belotti. La vigilance reste donc de mise du côté des différents acteurs.

Une crue probable par la concomitance d’une fonte du manteau neigeux importante et de pluies abondantes
Pour assurer ses arrières, EDF a fait en sorte que ses barrages soient le plus vides possible afin de réceptionner l’eau de la fonte et lisser les débits à l’aval. «Nos barrages sont loin d’être pleins, ils sont même plutôt vides» affirme Franck Belotti.

En effet, en Haute-Ariège, le niveau de remplissage du barrage de Gnioure est actuellement à 52 mètres en dessous de la retenue nominale et à un niveau bien inférieur à celui de 2012 à la même date. De la même façon, le barrage de Naguilhes est à moins 55 mètres, celui de Soulcem à moins 39 mètres et celui de Laparan à moins 49 mètres.

Le taux de remplissage des retenues des Pyrénées est donc à ce jour inférieur à l’historique. Une situation qui résulte de deux éléments: le fort besoin en électricité pendant l’hiver rigoureux et la gestion de l’importante fonte des neiges qui sera stockée dans les barrages au printemps 2013.

Les équipes EDF sont mobilisées 7 jours/7 et 24h/24 sur les ouvrages hydrauliques afin d’adapter en permanence la gestion des aménagements aux phénomènes météorologiques et aux volumes d’eau liés à la crue.

Face à cette fonte lente, les débits seront soutenus dans les rivières pendant plusieurs semaines. Sur la rivière Ariège, on a actuellement un débit de 100 m3 par seconde. Au niveau de Labarre, on considère une crue quand on atteint les 400 m3 par seconde, la marge reste donc encore importante. «Sur le Vicdessos, il n’y a franchement pas de raisons qu’on puisse être en crue à part un épisode météo exceptionnel» soutient Franck Belotti.

Anne-Sophie Fontanet | 17/04/2013 - 18:25 | Lu: 31155 fois

dans la même rubrique