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Tous les laboratoires ariégeois fermés une journée pour protester contre les baisses successives des tarifs d'actes de biologie médicale

© midinews 2013

Sur les sept laboratoires d’analyses médicales présents en Ariège, aucun n’a ouvert ses portes ce mercredi. Une initiative locale qui suit la révolte nationale en ce sens.

L’objet du courroux: la septième baisse consécutive des tarifs d’actes de biologie médicale.

«On est dans une démarche d’asphyxie économique des laboratoires pour favoriser de grosses structures. Le risque évident, c’est que si vous ne pouvez plus faire fonctionner un site, vous le fermez. C’est pour cela qu’on essaie d’alerter le gouvernement et la population sur cette démarche de redistribution du nombre de laboratoires en France» explique le docteur en biologie appaméen Eric Delmas.

La profession estime que la décision de l’UNCAM (Union nationale des caisses d'assurance maladie) entraînera la fermeture de nombreux sites, générant ainsi de nouvelles désertifications des soins et du diagnostic, et se traduira aussi par la perte de 8 000 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale en France.

Les baisses de nomenclature prises par décision de l’UNCAM en date du 26 février 2013 ont été publiées au Journal Officiel du 27 mars dernier. Les nouvelles cotations sont entrées en vigueur 21 jours après la publication, soit le mercredi 17 avril 2013.

Pour les laboratoires, cette date marque la fin de la biologie médicale de proximité de qualité. «Tout cela pour favoriser une biologie industrielle et de fait la disparition de la biologie de proximité» détaille Eric Delmas, cogérant d’un des deux laboratoires privés à Pamiers.

«Notre principal argument c’est pour les patients et les médecins»
Pour Jean-Marc Gandois, biologiste et porte-parole de la PEP (plateforme d’exercice professionnel) en Midi-Pyrénées, «plus de 60% des diagnostics reposent aujourd’hui sur la biologie médicale et le maillage territorial que représentent les 3 700 structures de proximité de biologie médicale implantées en France. Celles-ci permettent de répondre à la nécessaire qualité et à la permanence des soins.

Les mesures de baisses récurrentes du projet de loi de finances de la Sécurité sociale tel qu’il est conçu actuellement ne tient absolument pas compte de cette nécessaire proximité
»

C’est un ras le bol global qui est soulevé dans toute la France. L’idée des gouvernements successifs, de couleurs politiques différentes, est de se rapprocher du modèle allemand. On dénombre là-bas 400 laboratoires d’analyses médicales alors qu’on en compte presque 4000 en France.

«Mais l’Allemagne ne fonctionne pas du tout comme la France. Ce sont des sortes d’usines qui ne reçoivent pas le public, qui reçoivent directement les prélèvements puis réacheminent les résultats vers les patients avec des délais bien plus longs» selon Eric Delmas.

La PEP fait prévaloir que «la biologie médicale française a dû s’engager à marche forcée vers l’accréditation règlementaire; l’effort financier demandé a fragilisé les laboratoires qui ont cru en cette réforme. Les ponctionner lourdement aujourd’hui reviendrait à anéantir une profession qui prend soin de 500 000 patients chaque jou

L’espoir des laboratoires: que ce mouvement de baisse des tarifs de l’acte s’arrête immédiatement. Une réunion importante aura lieu au sein du ministère de la Santé avec Marisol Touraine pour évoquer la situation le 24 avril prochain.

Anne-Sophie Fontanet | 17/04/2013 - 18:25 | Lu: 13304 fois

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