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Ariège: un peu de répit dans le mouvement des labos de biologie médicale avant l'ouverture de nouvelles négociations

© midinews 2013

«Tout le monde est passé, passe et passera à un moment ou à un autre dans un laboratoire d’analyses médicales et biologiques […] il y a toujours un labo proche de chez soi»

C’est bien pour que cette affirmation reste concrète dans les faits que les laboratoires d’analyses médicales et biologiques se sont lancés voici plus de six mois dans un mouvement de contestation qui a rapidement pris une envergure nationale.

«Nous sommes une profession calme et plutôt discrète, ce ne sont pas des revendications, plutôt un cri d’alerte» souligne Richard Fabre, biologiste de son état sur Toulouse et par ailleurs vice-président du syndicat des biologistes et coordonnateur du PEP (la plateforme d’exercice professionnel) qui regroupe une soixantaine d’organismes et syndicats de la profession en France et en Outre-mer.

Reçu avec d’autres de ses collègues ce mercredi par Denis Morin, directeur de Cabinet, «le numéro 2» de la ministre Marisol Touraine à Paris, ce dernier a poursuivi ses échanges, accompagné cette fois d’Eric Barrau, le local de l’étape, avec les élus en rencontrant ce jeudi Frédéric Gruart l’assistant parlementaire de Jean-Pierre Bel à Foix et ce, par l’entremise d’Alain Rameil, le directeur de l’association des Maires de l’Ariège.

«On suspend notre mouvement, mais on reste l’arme au pied»
650 références collectées (articles de presse, émissions de radios, etc.), plus de 700.000 signatures apposées au bas de la pétition qui a circulé, ont permis au mouvement d’avoir l’oreille attentive du ministère et des autres décideurs, la CNAM en particulier, «on approche d’une solution», avance le vice-président du syndicat des biologistes.

De fait, après 7 ans continus de baisse de la nomenclature tarifaire des actes des laboratoires, la profession dénonce «une politique de maîtrise des dépenses qui conduit à une casse systématique du service»

Et, poursuit-il, «les laboratoires ariégeois, de territoires montagnards ou ruraux sont les premiers concernés […] au profit de gros laboratoires industriels qui ne sont que de simples centres de prélèvements, des boîtes aux lettres»

Aujourd’hui, il existe un réseau de 3.700 labos en France par lesquels transitent 70% des diagnostics médicaux indispensables à la pratique, «des laboratoires de proximité à l’écoute du patient et des professionnels de la santé», six demeurent en Ariège, touchée elle aussi par cette phase de restructuration, «un modèle économique qui change» contesté par la profession.

«Bercy a refusé l’accord précédent»
Si les élus, au plus haut niveau, semblent entendre le message, «il reste désormais à convaincre Bercy qui détient les cordons de la bourse. On suspend notre mouvement pour donner une chance à l’ouverture» concède Richard Fabre.

Et, elle commence dès à présent. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale se négocie actuellement. «Il doit être adopté en septembre ou octobre prochain» estime-t-il.

Reste maintenant à trouver la bonne quadrature du cercle, «avoir une véritable maîtrise des dépenses tout en maintenant un réseau le plus dense possible», gage de davantage de proximité.

Un cadre qui, l’espère Richard Fabre, passera par la définition d’un «plan pluri-annuel concerté, contrairement au diktat subi pour l’instant année après année»

Les éléments du diagnostic sont posés. Reste maintenant à établir le bon traitement.

Sylvain Sastre | 25/04/2013 - 18:48 | Lu: 28554 fois

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