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Foix: les Allées de toutes les revendications

© midinews 2013

En marge de la visite du premier ministre et de son aréopage ministériel, comme on pouvait s’y attendre les allées de Villote ont été le rendez-vous de tous ceux, organisations syndicales et collectifs divers, qui souhaitaient se faire entendre du numéro un du gouvernement.

Intersyndicale en tête, CGT, FSU et Solidaires, représentants de l’ADAPEI, de la Sotap Carol, du Chiva et même de l’hôpital psychiatrique de Lannemezan ou encore du collectif contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes, sont venus clamer leurs revendications, rassemblés à proximité de la grande Halle. Environ une centaine de personnes se sont massées là.

Face à eux de l’autre côté des Allées, le collectif contre le mariage pour tous a réuni lui aussi une centaine de personnes pour manifester, malgré le vote de la loi, son opposition à cette loi. Un important cordon policier aura endigué tout risque de débordement tout autant que le temps pluvieux aura atténué les ardeurs des uns et des autres.

Revendications contre l’accord national interprofessionnel, contre la désindustrialisation ou la désertification rurale, contre le projet d’aéroport Notre-Dame des Landes, la casse du service public notamment en milieu hospitalier ou encore contre le mariage pour tous, les slogans ont fleuri tout autant que le muguet dont les clochettes sonnent déjà le tocsin du 1er mai.

«Le premier ministre et son président doivent écouter les Français»
Avec finalement, un même message pour tous, la volonté d’être entendus par un gouvernement et son président «qui se sont coupés des Français et ne les écoutent plus»

«On veut protester contre la politique menée depuis un an qui ne correspond pas au changement qui était attendu […] surtout dans nos territoires ruraux, le compte n’y est pas, pour Christophe Couderc de la CGT, il faut un changement radical de politique»

«Nous ne sommes pas écoutés par le président, qui n’écoute pas non plus les avis des autorités compétentes» dira pour un tout autre sujet Yann de Kérimel responsable des opposants au projet de mariage pour tous au sein de manif pour tous Ariège. «On veut du boulot pas du mariage homo, assène-t-il, qu’est-ce qu’on fait pour l’emploi ou pour les personnes en situation difficile»

Des messages que chacun aura pu répéter à l’attaché parlementaire du Premier ministre qui les a reçus en préfecture.

Il se dit que le muguet sera abondant cette année. Tant mieux, il paraît qu’il porte bonheur.

Pour l'intersyndicale, «il y a un vrai décalage entre eux et nous»
Au sortir de leur entrevue, Guillaume Estalrich de la FSU, reçu avec Christophe Couderc pour la CGT, Daniel Mémain pour Solidaires et Christian Gaston pour FO, au nom de l’intersyndicale, ne se fait guère d’illusions et se dit très inquiet devant ce qu’il considère être un déni de démocratie même si l’attaché aura eu beau jeu de répéter tout l’intérêt que Jean-Marc Ayrault porte «aux remontées de terrain»

Concernant cette loi portant sur l’accord national interprofessionnel, l’intersyndicale dénonce tout autant le «fond que la forme, d’une loi votée dans le cadre d’une procédure accélérée qui détricote le code du travail et s’accompagne d’une destruction continue du service public»

Pour lui comme pour ses collègues syndicalistes, le «dialogue social est bafoué, le Medef est plus écouté que nous»

Le retoquage récent de la loi d’amnistie de certains syndicalistes par ce gouvernement est symptomatique «d’une action syndicale réprimée à laquelle il importe que le gouvernement prenne garde, sans quoi d’autres partis politiques sauront accueillir le mécontentement de nombreux salariés»

Et de constater «le décalage entre le positionnement des politiques au gouvernement de ce qui est ressenti par la population, les salariés»

«Une entrevue très négative» pour le responsable Manif pour tous Ariège
Pour Yann de Kérimel, reçu dans l’après-midi par l’attaché parlementaire du premier ministre, le constat est encore plus amer. «L’entrevue s’est très mal passée, il n’a rien à faire de nos arguments, il nous a pris de haut»

Pour le responsable du mouvement contre le mariage pour tous, il s’agit bien là d’une fin de non-recevoir à tous les niveaux, «très décevante car les Français ne sont ni entendus ni écoutés, alors que 55% d’entre eux selon les derniers sondages se disent opposés à cette loi qui ne recueille plus que l’assentiment de 37% des personnes»

Déplorant un «projet déstructurant pour les familles», il dénonce par ailleurs l’action des forces de l’ordre qui ont empêché les personnes d’aller au contact direct du premier ministre. «Ils viennent en Ariège mais refusent de rencontrer les Ariégeois» regrette-t-il.

Sylvain Sastre | 29/04/2013 - 20:53 | Lu: 29454 fois

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