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Aménagement routier: le Gouvernement débloque la déviation d'Ax-les-Thermes

© midinews 2013

La déviation d’Ax-les-Thermes voit le bout du tunnel. Enfin, serait-on tenté d’ajouter.

Mercredi, Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, a diffusé dans les rédactions un communiqué de presse pour annoncer la décision du Gouvernement de mobiliser les crédits nécessaires à l’achèvement du contournement de la cité thermale et au lancement des études de faisabilité de la modernisation de la Route nationale 20 depuis Tarascon-sur-Ariège.

«Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, Alain Fauré et Frédérique Massat, Députés de l’Ariège, se félicitent que le Gouvernement et le Ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, aient répondu à leur sollicitation concernant l’aménagement de la RN20 dans leur département», indique le Cabinet de la Présidence du Sénat.

D’une même voix, les trois parlementaires «saluent la décision de mobiliser 37 millions d’euros de crédits»

Un rebondissement qui n’a pas manqué de faire réagir en Ariège. A l’Hôtel du Département notamment duquel ont émané au fil des mois de très nombreuses missives et interventions diverses à destination de l’actuel Gouvernement mais aussi du précédent.

Une participation de 4,5 millions d'euros demandée à l’Ariège
Si le ton employé dans ces courriers a sans douté évolué depuis le mois de mai dernier et l’accession au pouvoir de François Hollande, nul doute que la rhétorique, elle, est restée la même. Depuis un an, le discours d’Augustin Bonrepaux n’a en effet pas dévié d’un iota.

D’ailleurs, Jean-Marc Ayrault a dû s’en apercevoir lors de l’entretien privé qu’il a accordé au chef de l’exécutif ariégeois, en marge de sa venue dans le département le 29 avril dernier.

«Cette annonce était très attendue», confirme ainsi sobrement le Président du Conseil général de l’Ariège qui indique avoir appris la nouvelle par «une lettre du Ministre délégué aux Transports, m'informant de la décision du Gouvernement de réduire la participation du Département de 6 à 4,5 millions d'euros, pour la déviation d'Ax-les-Thermes»

Augustin Bonrepaux, qui souligne également «la mobilisation des parlementaires ariégeois» dans ce dossier, précise qu’il soumettra la signature du contrat entre l’Etat et le Département dès la prochaine réunion de la Commission permanente. Le lundi 27 mai donc, d’après la Direction de la Communication du Conseil général.

«Quand on est tous ensemble, on fait avancer les choses»
Même satisfaction du côté de Paul-Louis Maurat, Président de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ariège, joint par téléphone mercredi après-midi. «Je me félicite de cette décision qui démontre que quand on est tous ensemble, on fait avancer les choses»

Allusion directe aux prises de position volontaristes de la chambre consulaire qui se mobilise de longue date pour la modernisation de l’itinéraire E9.

«Il y a trois semaines, nous nous sommes encore engagés pour participer au financement de l’étude lancée par le Conseil général sur les aménagements possibles de l’itinéraire», rappelle ainsi le Président Maurat.

Les enjeux de cet aménagement justifient effectivement une large mobilisation des acteurs locaux et nationaux. «L’aménagement de cet axe répond en effet à des impératifs de sécurité routière, de développement économique et d’aménagement du territoire» insiste Jean-Pierre Bel, avant de souligner «la volonté politique forte qui traduit la priorité de l’Etat de s’engager pour le désenclavement de l’Ariège, en partenariat avec la Région et le Département»

«Quelle contrepartie ?»
Seule voix discordante dans le paysage, celle de Claude Doussiet, Président départemental de l’UDI, zélé commentateur de l’actualité ariégeoise, qui s’inquiète des sommes annoncées.

«Je suppose que ces 37 millions suffiront, ironise l’ancien ingénieur des travaux publics. Je sais qu’il faut déjà mobiliser 8 millions d’euros sur les travaux de réparation des aménagements réalisés sur cette déviation, travaux rendus indispensables face aux tergiversations locales. Je regrette qu’il soit nécessaire aujourd’hui de couvrir ces réparations que l’on aurait pu s’éviter !»

Claude Doussiet s’interroge également sur «la contrepartie que l’Etat imposera au département» et sur «la nature des études qui seront lancées […] S’il s’agit de la déviation de Mérens ou de Sinsat, ces études existent déjà», affirme-t-il.

Autre question, qui n’a pas été soulevée: aménagement par concession, et donc péage, ou non? Gageons que les automobilistes seront très attentifs à la réponse.

CP | 15/05/2013 - 18:13 | Lu: 41085 fois