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Assemblée Générale à la Tour du Crieu: Augustin Bonrepaux reste à la barre du SMDEA

© midinews 2013

C’est dans le complexe sportif à l’entrée de la Tour du Crieu que s’est tenue la dernière assemblée générale du SMDEA.

Une soirée qui s’est effectivement déroulée dans un climat complexe et même sportif puisque dès l’entame figurait au premier point de l’ordre du jour la demande de démission du président du SMDEA, Augustin Bonrepaux, formulée par le maire de la commune d’Ignaux, Michel Barre.

Au dehors, dès l’entrée vers la grande salle, un collectif nouvellement formé et emmené par Dominique Masset, le «Réz’eau», accueillait chaque personne invitée et lui faisait part des raisons de son courroux.

«Un prix de l’eau jugé excessif tout d’abord», puis les inquiétudes devant ce qu'ils considèrent comme une privatisation «avec l’arrivée de Véolia partenaire choisi par le SMDEA»

Enfin, le collectif soutient la motion de Michel Barre et demande «la démission du Président du SMDEA, prenant appui sur la moralisation de la vie politique prônée par le gouvernement», et interrogeant «est-il raisonnable de donner votre confiance à votre président, à ce stade de la procédure judiciaire dont il fait l'objet ?»

Dans la vaste salle comble, René Massat, 1er Vice-président du SMDEA a dirigé les débats, en l’absence du principal concerné et a laissé la parole au maire d’Ignaux. Ce dernier a tout d’abord expliqué «ne pas avoir demandé que la demande de démission soit inscrite à l'ordre du jour»

Un vote de confiance décerné à Augustin Bonrepaux
Debout face à la salle, il a néanmoins exposé, micro en main, son point de vue face aux délégués et aux membres du collectif en fond de salle.

«J'ai demandé au président Bonrepaux de s'expliquer et de dire pourquoi il avait été mis en examen», mettant en avant «le travail du juge qui a instruit le dossier pendant deux ans et demi. Je n'ai fait que rappeler ce que le PS préconise au niveau national à savoir que quelqu'un qui est mis en examen doit démissionner des fonctions dans le cadre desquelles il a été mis en examen, je demande au moins le retrait de son poste de président du SMDEA»

Applaudi au terme de son intervention par les membres du collectif, Michel Barre retournera s’asseoir à sa place tandis que René Massat revenait par le menu détail sur les conditions de l’appel d’offres ayant abouti à retenir le cabinet CRP Consulting pour mener un audit interne du syndicat. C’est ce marché qui a entraîné par la suite la mise en examen du président Bonrepaux.

A sa suite, deux autres vice-présidents interviendront. Tout d’abord le Maire de Mazères, Louis Marette, puis Jean-Pierre Boix attestant tous deux de la rigueur de ladite procédure qui s’était déroulée devant le représentant de la DGCCRF -la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes- chargé des contrôles de la légalité de ce type de marchés.

Avant que le point de la démission du président Bonrepaux ne soit voté un autre maire a tenu à s’exprimer. En l’occurrence Ramon Bordallo, maire de Loubaut, exprimera lui aussi son souhait de voir Augustin Bonrepaux se retirer, «la moindre des corrections devant les soupçons de corruption qui pèsent sur lui»

Il s’inquiètera davantage sur «le marché confié à Veolia» dénonçant «un début de privatisation du service»

Au terme de ce long premier point à l’ordre du jour, c’est finalement un vote à main levée (le quota minimal pour un vote à bulletin secret n’ayant pas été atteint) qu’à l’unanimité moins 3 avis contraires et six abstentions que les «membres du Conseil d’administration se considérant parfaitement informés renouvellent leur entière confiance au Président du SMDEA, regrettant la demande formulée par le Maire d’Ignaux et souhaitant que la justice fasse au plus tôt la lumière sur cette affaire»

Interrogé en marge de la séance, René Massat fera part des «tracasseries qui existent entre la commune d’Ignaux et le SMDEA sur le canton d’Ax», évoquant même des visées politiques.

Il reste cependant convaincu «qu’on va aplanir les choses avec le temps», plaidant parallèlement pour «le courage qu’il aura fallu au président du SMDEA pour réunir 280 communes dans ce syndicat où tout était à faire»

Il réfutera également les accusations d’un prix de l’eau trop cher, mettant en avant «un avis de la chambre des comptes jugeant le prix de l’eau en Ariège trop bas», accusant le collectif de parler au nom de municipalités non membres du SMDEA.

Il reviendra également sur l’arrivée de Veolia à qui le SMDEA a «seulement» confié la prise en charge du diagnostic du réseau d’assainissement non collectif.

L’affaire est close pour le moment. Les autres points mis à l’ordre du jour ont pu être abordés plus calmement. Le collectif a quitté la salle sitôt le premier point terminé.

Sylvain Sastre | 27/05/2013 - 18:42 | Lu: 21154 fois