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Grève aux urgences du Chiva, le conflit s'enlise

© midinews 2013

Depuis le mois de février 2013, les urgences sont en grève illimitée.

Seules les banderoles à l’extérieur de l’établissement témoignent du malaise général qui règne dans ce service qui se dit saturé.

Manifestations, tractations sur le marché, rencontres avec la direction, l’ARS ou des parlementaires ariégeois, le conflit n’a pas évolué selon les organisations syndicales qui ce matin occupaient une fois de plus l’entrée du centre hospitalier.

Toujours déterminée à faire bouger les lignes, l’intersyndicale CGT-FO santé attend des propositions concrètes mettant en avant l’engorgement des urgences, la pénibilité des tâches pour les personnels qui travaillent dans de mauvaises conditions et la dépréciation de la qualité des soins pour des patients toujours plus nombreux.

«On est passé en dix ans de 15 000 à 30 000 patients avec le même effectif, c’est impensable… le personnel est excédé, il travaille dans des conditions déplorables, ils ont même des problèmes pour poser des congés» indique Jacques Gomès de la CGT.

«Quand on sait que le passage aux urgences conditionne à 80% le parcours du patient à l’hôpital, on a vraiment des efforts à faire» poursuit Stéphane Corticchiato de FO.

Les organisations syndicales restent campées sur leurs positions, essayant de sensibiliser les visiteurs et de faire signer des pétitions dans le hall d’entrée de l’hôpital. Pour autant le dialogue avec la direction reste ouvert. «Une réunion aura lieu en fin de matinée» lâche un personnel soignant en grève.

Justement du côté de la direction, Michel Thiriet qui vient d’être nommé à la tête de l’établissement entend rétablir un certain nombre d’idées reçues: «en dix ans le passage aux urgences n’a pas doublé comme on peut le voir écrit ici ou là, nous sommes passés de 23 500 à 29 000 patients, ce sont des chiffres attestés par nos rapports d’activité.

Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai engagé des rencontres pour avancer sur ce dossier… nous avons proposé d’améliorer les conditions d’accueil du patient en apportant du temps aux soignants en service, en couvrant mieux la nuit, nous avons renforcé les effectifs d’aide soignant sur le service pour faciliter les sorties SMUR. Aujourd’hui ces effectifs supplémentaires représentent 150 000 euros. La création d’un nouveau poste à l’accueil assure une meilleure gestion des flux
»

Pour Michel Thiriet les moyennes de passage au CHIVA sont en deçà de la moyenne régionale: «à ce jour les patients passent deux fois moins de temps aux urgences du Chiva que dans les autres services d’urgences de Midi-Pyrénées.

De plus, on assiste depuis quelques mois à une baisse du nombre de passages qui peut s’expliquer par la mise en place d’une permanence de soins en ville, cette coopération commence à enregistrer ses premiers effets et l’on ne peut que s’en féliciter !
»

Selon le directeur de l’établissement, un pas significatif a été réalisé au regard de l’équilibre budgétaire de l’hôpital et il n’est pas en mesure cette année de faire davantage: «toute bonne négociation doit aboutir à un compromis. Je propose de faire une évaluation de l’activité, si nécessaire en 2014, un effort supplémentaire pourra être envisagé… je souhaite que ce qui a été acté comme des éléments de progrès soient mis en place et nous les évaluerons ensemble»

La grève se poursuit mais la continuité du service public de santé n’est pas menacée par le mouvement qui n’a pas d’impact sur le traitement des patients.

Laurence Cabrol | 29/05/2013 - 18:39 | Lu: 16623 fois