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Grève à l'APAJH de l'Ariège: «Pas une manifestation de colère»

© midinews 2013

45 salariés de l’association étaient en grève ce mardi.

«C’est un désir des salariés de porter plusieurs revendications, ce n’est pas une mobilisation de colère» affirme Jérôme Duroudier, délégué syndical CGT APAJH 09.

Les revendications sont salariales. «Nous avons perdu 25% de pouvoir d’achat en 15 ans dans le secteur médico-social et l’évolution du point d’indice de nos métiers n’a même pas suivi l’évolution du SMIC» justifie le syndicaliste.

En petite délégation, ils ont été reçus par le vice-président de l’association et la directrice générale. «Le dialogue social existe mais nous devons tenir compte de la structure. Notre responsabilité ce sont vos emplois d’aujourd’hui et de demain» a expliqué en préambule Christian Alvarez.

L’homme s’est montré un peu irrité d’avoir pris connaissance d’une grève au sein de l’association via la presse. «C’est une erreur à ne pas renouveler car il me semble que l’APAJH est l’association qui pose le moins de problèmes à ses salariés en Ariège. Il me semble qu’ici on fait mousser quelque chose qui peut se passer sans mousse» regrette le vice-président.

«Cette mobilisation, ça veut dire que les salariés ont conscience de ce que représente l’outil syndical. C’est en toute sérénité que l’on vient apporter le cahier revendicatif à l’employeur» estime Jérôme Duroudier.

Un leitmotiv: l’amélioration des conditions de travail
Devant leurs employeurs, les représentants CGT (le syndicat FO est aussi partie prenante mais aucun représentant n’était présent à cause d’un arrêt maladie) ont égrené les raisons de la grève.

Non remplacement des salariés absents, suppressions de postes, une charge de travail toujours plus lourde sans moyens supplémentaires, absence de fiches de postes, formations professionnelles mutualisées qui ne répondent plus aux besoins des salariés.

L’APAJH en quelques mots

L’APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), association laïque à but non lucratif, fonde son action sur l’absolu respect de la personne humaine.

Elle entend promouvoir la dignité et la citoyenneté des personnes en situation de handicap, œuvrer pour leur épanouissement individuel et leur meilleure intégration à toute forme de la vie sociale.

«Nous demandons la création et la mise en œuvre rapide d’un CHSCT central (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et l’ouverture dès septembre des négociations annuelles obligatoires 2013» explicite le tract syndical.

«La revalorisation du point n’est pas de notre ressort. Tout le reste est lié à l’interne et va continuer à se négocier» a souligné Christian Alvarez.

«L’état des lieux au 31 décembre laisse apparaître que sur 324 personnes physiques, nous avons 55 postes de remplacement, ce qui paraît un bon chiffre. Il faudra peut-être revoir l’équilibrage.

Pour le CHSCT, au plus tard, il se fera au 31 décembre 2014. C’est une maison où il faut avancer sans laisser du monde en rade. Il ne faut pas bousculer les choses
» a réagi la directrice.

«Aujourd’hui, on est dans un dialogue plus constructif avec la direction mais ce qui a changé aujourd’hui, ce sont les politiques d’économie au niveau national et au niveau de l’ARS.

Nous, ce qu’on leur demande, c’est de rester en phase avec leurs valeurs et je pense qu’ils en ont vraiment le souhait mais ça veut dire aussi qu’il faut prendre conscience qu’au niveau de l’ARS, il y a quand même une tentative de marchandisation du secteur
» estime Jérôme Duroudier.

Anne-Sophie Fontanet | 04/06/2013 - 19:11 | Lu: 16578 fois