Pellerin: l'affaire Tapie met en lumière un "système organisé"

© AFP/Archives - Bertrand Langlois
La ministre de l'Economie numérique Fleur Pellerin a estimé jeudi que l'affaire Tapie mettait en lumière un "système d'enrichissement personnel" et un "système organisé de financement illicite de campagne" politique mis en place au cours des dix dernières années.
Alors qu'elle était interrogée sur le tournant spectaculaire qu'a pris mercredi l'enquête sur l'arbitrage, dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais, la ministre s'en est pris à l'entourage de l'ancien président Nicolas Sarkozy.
"Cela met en lumière un système qui a été mis en place au cours de ces dix dernières années et je crois que ce n'est pas la seule illustration. Vous avez l'histoire des prélèvements en espèces sur les frais d'enquête de (Claude) Guéant, le financement libyen de la campagne (politique de Nicolas Sarkozy) de 2007. Vous avez l'affaire Bettencourt", a-t-elle énuméré sur RTL.
Et de poursuivre: "Il y a quand même une série d'événements récents qui mettent en lumière l'action d'un homme ou d'une personne (...), un système organisé par le précédent pouvoir, je crois qu'on peut le dire (...), je le dis clairement en tous cas", a-t-elle encore fustigé. "Il y a quand même trois ou quatre affaires en ce moment qui montrent bien qu'on est en présence d'un système organisé de financement illicite de campagne, d'enrichissement personnel".
Elle s'est dite particulièrement choquée par "Claude Guéant (et) les 10.000 euros par mois qui venaient s'ajouter à son salaire alors même que les primes en liquide (destinées aux collaborateurs des cabinets ministériels) avaient été supprimées à la demande de Jacques Chirac et de Lionel Jospin en 2002". "C'est quand même assez extraordinaire!", s'est-elle exclamée.
Elle s'est toutefois refusée à donner le nom du "chef de la bande": "C'est à un juge de le déterminer", a-t-elle avancé prudemment.
Stéphane Richard, le patron d'Orange, directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, au moment de l'arbitrage, a été mis en examen mercredi dans cette affaire pour "escroquerie en bande organisée".
La question du maintien de son maintien à la tête d'Orange, "est posée", a également estimé Fleur Pellerin. "La question est posée de (savoir si Stéphane Richard doit se maintenir à la tête d'Orange)", a déclaré sur RTL la ministre. "Et la réponse devrait être apportée par le conseil d'administration qui se réunira dans les jours prochains. Ce sera en début de semaine prochaine", a-t-elle ajouté.
Mais elle a fait savoir que le sort du patron d'Orange n'avait pas encore été décidé: "Nous sommes en train d'en discuter", a-t-elle seulement indiqué. "La présomption d'innocence vaut vis-à-vis de la personne, ensuite il y a les intérêts de l'entreprise", a-t-elle argumenté, répétant que la position des trois représentants de l'Etat français au conseil d'administration sera dans le seul intérêt de l'entreprise.
L'Etat français détient 27% du capital d'Orange et compte trois membres du 15 au sein du conseil d'administration.
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