Les acteurs économiques ariégeois invités par le conseil économique, social et environnemental régional à phosphorer sur l'avenir
© midinews 2013«Nous sommes dans une période de raréfaction des crédits qui va durer encore au moins jusqu’en 2014, il importe de retrouver des marges de manœuvres. Cela passe nécessairement par des accords entre les partenaires sociaux au niveau français mais aussi européen»
Ainsi trace la voie Jean-Louis Chauzy, président du CESER, le conseil économique social et environnemental régional, organe consultatif du Conseil Régional.
Et, effectivement la marge de manœuvre sera ténue pour les quelques 90 acteurs socio-économiques et syndicalistes ariégeois invités à venir débattre le temps d’une journée lors des 9èmes rencontres organisées en territoire par le CESER.
Une journée pour faire part de constats et perspectives ensuite restitués aux étages supérieurs pour contribuer à la définition des futurs Contrats de Plan Etat-Région - CPER.
Une marge de manœuvre qui sera d’autant plus ténue que, rappelle le président du CESER, «sur les 2,2 milliards d’euros dépensés en Midi-Pyrénées sur la période récente, en particulier les investissements d’avenir, plus de la moitié sont revenus directement dans l’escarcelle de Toulouse et sa métropole»
Alors quand ce dernier affirme que «si les programmes européens ont remis à niveau les différentes régions européennes, ils ont paradoxalement renforcé les écarts au sein d’une même zone» ou bien encore «la tendance générale est à la spécialisation des territoires tandis que l’état français veut renforcer le poids des métropoles françaises pour leur donner une dimension européenne», la question ne peut que rester posée de la place de ces acteurs ariégeois sur la scène française voire européenne.
«Toulouse et le désert Pyrénéen»?
Malgré ou avec la crise économique, sociale et financière, en toile de fond, le CESER mobilise les acteurs des territoires réunis au sein de trois ateliers pour échanger et faire des propositions sur trois thèmes majeurs: le développement économique et la ré-industrialisation, l’attractivité et les enjeux du territoire et la cohésion sociale.
A l’issue de ce brainstorming organisé, que résultera-t-il de cette phosphorescence des quelques acteurs ariégeois qui ont accepté de sacrifier une journée pour réfléchir à ces problématiques et surtout qu’en restera-t-il dans les futures politiques territoriales (françaises et européennes) auxquelles tous seront assujettis?
Sans reprendre de façon exhaustive la teneur d’une journée forcément riche, quelques mots clés et idées forces émergent de ces débats. D’abord celui de l’attractivité d’un territoire ariégeois à conforter et valoriser, et ce dans tous les domaines.
Un thème indissociablement lié au désenclavement tant routier (vers l’extérieur en particulier l’Andorre ou l’Espagne qu’à l’intérieur ou en soutenant le ferroutage) que numérique.
Un point sur lequel le président du CESER insiste: «il ne faut pas opposer les moyens de transport […] tous complémentaires à l’échelle ariégeoise ou régionale, y compris la fameuse ligne LGV»
Trois filières en devenir sont mises en avant: l’eau et l’énergie, le bois et le tourisme, qui toutes reposent sur les potentialités d’un département extrêmement bien doté même si pour le tourisme il s’agit d’optimiser la nature et la culture au sens large.
En filigrane, le président Chauzy dénoncera des «situations ubuesques» face d’une part à une agriculture bio ou traditionnelle (et industrie agroalimentaire) pourtant très forte au plan régional, en crise, et une industrie qui peine à trouver de la main d’œuvre.
«Définir un plan de gestion des compétences à l’échelle régionale déclinée sur les différents territoires» est une nécessité pour le président du CESER, tout autant que renforcer la formation et ses différentes filières notamment à l’image de certaines filières décentralisées du Mirail sur l’université de Foix.
«Il faut élargir la palette de formation territorialisée sur Foix» déclame ce dernier, pointant «les services à la personne, l’industrie et l’aéronautique ou encore la filière bois»
Miser sur l’innovation et favoriser l’écosystème de l’innovation dans les nouvelles technologies, l’eau ou le bois ou encore la chimie verte. Jouer la carte des complémentarités «plus de tourisme ne signifie pas moins d’industrie…»
Dans le registre sanitaire et social, face au constat d’une population ariégeoise vieillissante et vivant plus longtemps tandis que parallèlement est constatée une hausse de la précarité, notamment des jeunes, un besoin se fait sentir tant en termes d’équipements (maison médicale, accueil de jour, hébergements temporaires, structures d’accueil de personnes en situation de handicap) que de formation des personnels médicaux et paramédicaux, toujours plus difficiles à attirer et retenir sur le territoire.
Beaucoup est attendu de la loi sur la dépendance, maintes fois annoncée, qui se fait attendre ou de politiques claires en faveur de l’insertion.
«Une base de réflexion pour les futurs contrats de plan état-région»
Quelques maîtres mots resteront de ces journées. «Il faut passer de l’incantation à l’action» ou encore «reconquérir les cerveaux et les acteurs» (dans le domaine spécifique de l’industrie, mais pas seulement NDLR).
Enfin si aux yeux de tous l’égalité prônée par la république reste un «doux rêve» inaccessible, il faut «obtenir les moyens d’une équité territoriale ou encore de péréquations financières et de solidarités entre les territoires»
En d’autres termes, il s’agit pour les acteurs ariégeois d’avoir «la capacité à être traités de façon différenciée, dans le cadre de stratégies territoriales (donc d’en obtenir les moyens, financiers NDLR), notamment et avant tout par rapport à la métropole toulousaine»
Pour la suite, le CESER par l’entremise de son président, va poursuivre ses consultations dans les territoires, à Montauban pour le Tarn-et-Garonne, puis en Comminges, avant de terminer par Toulouse en septembre.
Une fois voté autour du 15 octobre, le rapport partira en Région, au préfet de Région et à la DATAR. «Nous ferons attention ensuite à ce que nos préconisations soient entendues dans les sphères régionales et des représentations de l’état en région»
Autant dire que bien d’autres acteurs seront attentifs de la même manière, puisqu’ensuite ce sont les différentes politiques régionales couplées à celles de l’état dans les régions, et donc directement appliquées aux collectivités, qui seront déclinées dans le cadre des nouvelles politiques des CPER pour 2014-2020, dont certaines seront ensuite abondées par les fonds structurels de l’Europe.
L’enjeu pour l’Ariège au terme de ces nouveaux contrats sera d’avoir comblé le désert qui la sépare de la capitale toulousaine. Un doux rêve là aussi?
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