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Crues dans les Pyrénées: quels sont les risques en Ariège?

© midinews 2013

Alors que les images d’eaux torrentielles traversant les communes des Hautes-Pyrénées, de Haute-Garonne et des Pyrénées Atlantiques se répandent nationalement, le département de l’Ariège semble pour le moins épargné. «Le spectre d’une crue est en train de s’éloigner» réagit Franck Belotti, directeur EDF Hydraulique Aude/Ariège.

Les départements ont subi une conjonction d’événements propice à une crue importante: un manteau neigeux en pleine fonte grâce aux températures caniculaires des derniers jours, un vent du Sud venant d’Espagne associé à de fortes pluies. «Tous les barrages sont pleins, la nature reprend ses droits» signale Franck Belotti.

Depuis les mois de février/mars, EDF et les services de l’Etat sont particulièrement vigilants et font un point hebdomadaire sur la situation ariégeoise. «On a de la chance car on a eu peu de pluie, les débits se maintiennent à environ 200 m3/ seconde. On surveille cela de très près, la météo tourne vers un vent du Nord, moins propice pour la fonte des neiges»

Si un phénomène de crue reste probable, les indicateurs pour les 10 prochains jours seraient plutôt rassurants.

Phénomène de lessivage du manteau neigeux
«On vient d’avoir une semaine un peu cruciale avec ce que l’on appelle un lessivage du manteau neigeux» explique le directeur EDF.

Finalement le phénomène météo le plus visible et proche des départements pyrénéens voisins s’est retrouvé dans le Vicdessos où le débit a triplé de volume en une journée lundi.

Du coup, la surveillance se poursuit notamment sur les barrages d’altitude où le turbinage fonctionne à plein régime. A cause d’une côte un peu haute, EDF a reçu l’accord d’ouvrir un peu la vanne du barrage de Soulcem pour la stabiliser.

Les niveaux aux barrages d’Izourt et Gnioure restent bas. Laparan et Riète sont eux devenus déversants. «Pour nous, c’est une "cruette" avec 50 m3/s de débit» explique Franck Belotti.

L’alerte jaune pour les crues est maintenue dans le département sur le tronçon Ariège-Hers vif. Celle-ci correspond à un risque de crue ou de montée rapide des eaux n'entraînant pas de dommages significatifs, mais nécessitant une vigilance particulière dans le cas d'activités saisonnières et/ou exposées.

Météo France place aussi le département en vigilance jaune pour conserver une vigilance certaine si l’on pratique des activités sensibles aux risques météorologiques.


EDF ne procède pas à des lâchers d’eau

«Nos usines hydroélectriques fonctionnent 24h/24 dans la perspective de recueillir ce manteau neigeux et cette fonte nivale dans nos retenues. On ne procède pas à des lâchers d’eau volontaires dans les rivières» tient à souligner Franck Belotti.

La fluctuation des débits d’eau est naturelle. Le matin, sous l’effet de températures basses, les niveaux sont bas alors que le soir sous ces mêmes effets, la fonte s’accélère.

«En fait, ce que l’on observe aujourd’hui dans la rivière de l’Ariège, c’est totalement naturel et c’est essentiellement lié à l’effet des températures et à l’accélération de la fonte dans la journée» appuie l’homme.
Anne-Sophie Fontanet | 19/06/2013 - 18:17 | Lu: 31931 fois