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Fromageries Sodiaal et 3A: «rien n'est encore fait dans ce rapprochement», plutôt bien vu du côté ariégeois

© midinews 2013

Alors que les milieux économiques «du fromage» ariégeois avaient plutôt le regard tourné vers Cescau et les difficultés de la fromagerie Cazalas, c’est finalement du côté de Bethmale que les choses se précipitent, quoi que.

Les grands titres de la presse économique nationale ont largement repris à leur compte un communiqué de l’AFP faisant part d’un projet de fusion entre la société Sodiaal et le groupe 3A parlant même d’une absorption «Sodiaal avalant 3A»

Si cette nouvelle pèse de son poids sur le marché national voire même européen, il semblait intéressant d’avoir le sentiment des acteurs ariégeois directement concernés.

Deux sites sont directement impactés en Ariège et plus particulièrement en Couserans. Tout d’abord le point de vente situé à Saint-Lizier (qui emploie deux salariés) et surtout la fromagerie de Bethmale.

Le point de vue des acteurs ariégeois
Employant vingt salariés sur le site de Bamalou à Samortein, plus connu sous le nom de Bethmale, l’usine du célèbre fromage couserannais est donc sur le plan ariégeois, en première ligne car intégrée à la LFO -Les Fromageries Occitanes- la filière fromagère du groupe 3A, encore dans les mémoires suite aux affres passées de l’usine du Pont de Baup à Saint-Lizier et de sa fermeture définitive.

Jointe par téléphone, Jackie Bonzon, responsable RH, nous fait part des premiers éléments à disposition des salariés du site. «Nous avons été avisés par le directeur du site Stéphane Cazottes tout récemment de ce projet»

Très directe elle parle du «tissu de mensonges relevé dans la presse» et est en mesure d’affirmer: «à ce jour ce n’est pas un rachat mais un projet de rapprochement qui s’étudie et s’évalue. Il n’y a rien de concret et rien n’est fait»

De plus, s’agissant d’un groupe coopératif «où un homme égale une voix», si les choses devaient évoluer «ce ne sera pas avant la fin de l’année et surtout début de l’année prochaine», le temps que toutes les consultations, qu’on imagine basées sur de volumineux rapports comptables et autres négociations, s’effectuent.

Mais pour l’heure sur ce site où comme l’affirme Jackie Bonzon «on produit, on affine, on conditionne et on expédie, il n’y a aucune inquiétude chez les salariés ni aucun impact économique, à fortiori négatif, à craindre»

Des propos que l’attachée de presse de la direction générale de 3A, Céline Verdalou appuie: «il n’y a pour l’instant aucune décision de prise et en tous les cas aucune conséquence sur le plan économique et de l’emploi, notamment vis-à-vis du site ariégeois»

Et de renvoyer sur le «fameux communiqué en date du 25 juin évoquant un projet de rapprochement» qui affiche «la volonté exprimée par les deux coopératives de construire en commun leur avenir laitier» sur lequel Philippe Carré, DG de 3A, devrait revenir ce jeudi matin lors d’une conférence de presse à Toulouse.

«Un rapprochement qui s’effectuerait par échanges de parts sociales, soutient l’attachée de presse, qui a pour but de se rendre plus forts, de créer de la valeur et faire face à la fin des quotas laitiers d’ici 2015»

A Ariège Expansion, bras armé de l’intervention économique départementale dans les territoires, Didier Kuss, le directeur, se veut tout aussi positif: «par le passé l’ancienne direction de 3A n’a pas brillé par sa transparence lors de l’épisode préalable à la fermeture du site de Saint-Lizier.

Ce nouvel ensemble s’il devait voir le jour serait un acteur de poids dans la filière laitière et fromagère nationale, certainement plus à même de soutenir le développement de la filière
(en Ariège notamment NDLR) et les lourds investissements que cela suppose. Deux acteurs de poids composeraient alors le paysage national Lactalis et la Sodiaal»

3A qui représente aujourd’hui 2 000 sociétaires producteurs essentiellement dans le grand sud-ouest, pour 756 millions d’euros de CA et la Sodiaal, 4e coopérative laitière européenne avec près de 12 100 sociétaires producteurs pour un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros formeraient alors un groupe coopératif de poids sur la scène européenne avec 5 milliards d’euros et autant en terme de collecte de litres de lait ainsi que d’une offre largement diversifiée.

A ce compte-là et au regard des informations dont il dispose lui-même, Didier Kuss se dit «plutôt favorable à ce rapprochement qui ne présente aucune inquiétude particulière et confèrera au contraire une assise financière plus solide au groupe»

A Bamalou, l’usine rattachée au groupe 3A, Jakie Bonzon ne dit pas autre chose: «c’est un rapprochement, on ne se fait pas avaler, nous n’avons aucune inquiétude particulière»

Nul besoin d’en faire un fromage pourrait-on conclure à sa suite sauf si c’est un Bethmale, peut-être!

Sylvain Sastre | 26/06/2013 - 11:51 | Lu: 14806 fois