Le Palais des Evêques de Saint-Lizier accueille une rencontre bilatérale franco-espagnole sur les sujets vétérinaires et phytosanitaires
«J’ai plaidé pour ma paroisse, et c’est donc sur proposition des autorités locales que le Palais des Evêques de Saint-Lizier accueille cette rencontre bilatérale» certifie le sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Girons.
De fait trois jours durant, une délégation d’une soixantaine de personnes regroupant des administrations compétentes dans ces domaines au niveau national, régional et départemental des services français, espagnols et andorrans chargés des questions de santé des animaux (domestiques et sauvages) et des végétaux, débat sur un sujet aussi épineux que foncièrement crucial.
«En France, entame Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation nommé par le Ministère de l’Agriculture et en tête de cette délégation, on a su se prémunir (effet bénéfique de la centralisation) et nous avons un statut sanitaire reconnu au niveau national et même international.
Grâce à une force de frappe de moyens humains et techniques formés et efficaces, l’état joue le rôle d’arbitre et donne le "la" auprès des professionnels et organisations. Tout ceci se traduit au niveau international par un capital de confiance précieux auprès de tous nos partenaires et nous exportons notre modèle.
Au final cela a des répercussions non seulement au niveau sanitaire, car au bout de la chaîne il y a l’homme, mais aussi économique car on exporte des produits et denrées "sains", animaux et végétaux»
«Les virus, maladies et autres pandémies ne connaissent pas les frontières»
«Le réchauffement climatique, la globalisation, les échanges internationaux, le développement des moyens de transport sont autant de facteurs, poursuit le haut-fonctionnaire, qui nous imposent une vigilance et une surveillance permanentes afin d’identifier les pathogènes le plus en amont possible et trouver des solutions appropriées […] sur le principe que les maladies, virus et autres ne connaissent pas les frontières»
S’il admet des cas qu’on ne peut prévoir, ou des abus comme la récente crise de la viande de cheval le démontre, Patrick Dehaumont considère néanmoins que compte tenu de tous ces éléments, «la France est particulièrement bien protégée, les principales épidémies disparaissent»
Dans ce domaine, l’étroite collaboration entre les services français et espagnols reste exemplaire et s’inscrit dans une longue tradition de relations entre la France et l’Espagne depuis le traité des Pyrénées de 1659.
«Ces réunions ont lieu annuellement depuis une soixantaine d’années, enchaîne Philippe Sauvannet. D’abord échange transfrontalier sur la santé animale, ces rencontres se sont élargies aux questions de santé végétale depuis 2009.
Elles sont l’occasion d’échanges d’informations, de définition de protocoles communs, d’évocation des sujets d’actualité. Le tout dans une ambiance très conviviale et un cadre, ici à Saint-Lizier, somptueux»
Questions d’intérêt général sur la prévention et la lutte contre les maladies ou les échanges d’animaux et végétaux entre ces pays, problèmes plus locaux concernant les départements et régions frontaliers, comme la transhumance, l’objectif reste de coordonner le mieux possible l’action sanitaire entre les états pyrénéens.
«Tout ça est parti du local, atteste Patrick Dehaumont, pour s’entrevoir dans le cadre de rencontres bilatérales et remonte maintenant jusqu’à la commission européenne. Ces échanges ont donc aussi pour but de s’assurer que les mesures décidées à Bruxelles, sur la base de nos travaux, répondent bien à nos besoins. A plus forte raison que la commission européenne réfléchit à une refonte complète du dispositif législatif»
Pour autant, le haut-fonctionnaire reconnaît une «harmonisation européenne parfaite sur ces sujets jusqu’au stade de l’autorisation mais l’aval (c’est-à-dire la distribution et la prescription) reste encore à débattre»
Avec en particulier en ligne de mire les problèmes liés à la contrefaçon, à la concurrence déloyale (entre pays) ou encore au trafic transfrontalier (de médicaments et produits phytosanitaires).
C’est aussi le problème des «venta» cite-t-il, «rien n’empêche une personne d’acheter un médicament autorisé en Espagne et de l’administrer ensuite en France d’une manière non conforme»
Toutes choses qui ont donc aussi un poids économique, pour lequel «il faut mettre la pression sur ces formes de délinquances»
A plus forte raison, comme le rappelle le haut-fonctionnaire, «la santé est unique et qu’au bout de la chaîne il y a l’homme, les animaux de son entourage, les végétaux qu’il côtoie, les produits qu’il ingère»
Alors suivant l’adage «mieux vaut prévenir que guérir», il martèle encore: «en France nous n’avons aucun sujet préoccupant. Il ne faut pas pour autant s’endormir sur nos lauriers, la clé c’est la surveillance»
Outre son intérêt professionnel, l’occasion pour tous les participants de découvrir l’Ariège et plus particulièrement le Palais des Evêques de la cité de Saint-Lizier, classée au patrimoine de l’Unesco.
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