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Exercice de sécurité civile grandeur nature à Ax les Thermes

© midinews 2013

Ce matin à la mairie d’Ax les Thermes, un exercice un peu particulier se jouait en relation avec le poste de commandement de la Préfecture: une simulation de rupture du barrage de Naguilhes.

Tous les ingrédients du scénario catastrophe distillés au cours de la matinée pour éprouver la réactivité des élus et des personnes concernées dans ce PPI ou plan Particulier d’Intervention «Barrages»

«Jusqu’à ce jour aucun exercice n’avait été organisé et c’était une grosse lacune, indique André Alex, garde champêtre. Certes les écoles et les ERP ont bien des plans d’évacuation (PPMS) mais aujourd’hui cet exercice nous a permis d’avoir une idée de l’évacuation en temps réel.

Nous espérons bien pouvoir le reconduire car qu’on le veuille ou pas nous sommes sur la route des eaux qui pourraient s’échapper du barrage de Naguihles, situé à quelques kilomètres à vol d’oiseau d’Ax les Thermes.

Les probabilités sont infimes mais le risque existe, tout dépend des niveaux d’alerte (EDF est toujours à l’origine de ces alertes). Notre rôle consiste à gérer le temps pour évacuer les populations en toute sécurité, alerter les mairies pour qu’elles puissent recevoir les populations évacuées, les mettre en sécurité et prévoir la logistique pour les maintenir en sécurité
»

Situé à 1890 m d’altitude, suspendu à près de 1000 m au-dessus de la vallée d’Orlu, le barrage de Naguilhes, un barrage voûte d’une hauteur de 51 m, permet de stocker 43 millions de m3 d'eau sur un bassin versant naturel de 118 m3.

Le risque d’accident sur barrage est extrêmement faible (la probabilité est de 1 pour 100 000 dans le monde) mais les pouvoirs publics, en liaison avec l’exploitant, doivent être prêts à toute éventualité: c’est l’objet d’un PPI.

Etabli sous l’autorité du préfet, il ne concerne que les barrages de plus de 20 mètres de haut et d’une capacité supérieure à 15 millions de mètres cubes.

Il prend en compte le risque majeur lié à la submersion ou à la rupture de l’ouvrage et est destiné à l’alerte des populations, aux moyens d’évacuation et de secours.

Dans le département de l’Ariège, quatre barrages sont soumis à ce PPI (Soulcem, Gnioure, Naguilhes et Laparan) et régulièrement des exercices grandeur nature sont mis en place par les gestionnaires de ces ouvrages (EDF), en relation avec les services de l’Etat, les services de secours, l’inspection d’Académie et les communes concernées et volontaires.

Habituellement, la Délégation Militaire départementale est chargée d’écrire et de mettre en musique le scénario à l’origine du déclenchement de ce plan d’alerte.

L’exercice de ce jeudi matin en mairie d’Ax les Thermes aura permis de faire remonter les points positifs et de pointer ceux à améliorer.


En quoi consiste le Plan Particulier d’Intervention?

Tous les grands barrages ont leur PPI ou «Plan Particulier d’Intervention» visant à organiser la mise à l’abri des populations.

-Les différentes zones:

Il y a la «zone de proximité immédiate» (dite du quart d’heure) aux premières loges d’une éventuelle vague.

Vient ensuite la «zone d’inondation spécifique», dont le niveau d’élévation est observé pendant les fortes crues.

Avec enfin, la «zone d’inondation», comparable à une inondation naturelle.

-Trois niveaux d’alerte:

Le premier palier est l’«état de vigilance renforcée» (il y a une crue dangereuse ou des faits anormaux repérés sur le barrage), puis il y a l’«état de préoccupation sérieuse» (lorsque l’on peut penser que dans un délai indéterminé, le barrage pourrait échapper au contrôle), avec enfin l’«état de péril imminent» (lorsque l’exploitant n’a plus le contrôle de l’ouvrage, on enclenche les alertes par sirènes et radio).

-Les objectifs:

Mettre en place un dispositif d’hébergement d’urgence, des itinéraires d’évacuation, assurer des moyens de transport médicalisés, le transport des personnes à évacuer, et surveiller les installations industrielles à risques.
Laurence Cabrol | 27/06/2013 - 18:08 | Lu: 12820 fois