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Mouvement de grève des personnels des ateliers du CHIVA

© midinews 2013

Après la grève aux Urgences du centre Hospitalier du Val d’Ariège qui dure à présent depuis de longs mois, c’est au tour des agents techniques des ateliers qui réclament une revalorisation du forfait d’astreinte et viennent d’entamer une grève illimitée.

Leur travail, peut-être moins médiatisé que celui du personnel hospitalier des Urgences, est tout aussi important pour le bon fonctionnement des locaux et le confort des patients: «notre travail a considérablement évolué, explique Laurent en poste depuis treize ans pour qui ce métier est considéré comme une véritable vocation.

Il ne s’agit plus de petits dépannages en électricité ou plomberie, réparer un téléphone ou une prise électrique, la maintenance et la technicité de nos tâches ont considérablement augmenté.

Le temps d’intervention est plus important car nous avons désormais un hôpital décliné sur plusieurs sites: EHPAD de Bariol, internat et amphithéâtre de l’institut de formation à Pamiers, EHPAD de Belissen à Foix et CHIVA… l’amplitude d’action est énorme, c’est de la maintenance industrielle car il s’agit du premier employeur du département
»

«Des salaires de misère» dénoncés par ces agents
Les douze salariés des ateliers doivent également dans le cadre de la continuité du service public assurer en binômes des astreintes, des astreintes selon eux mal rémunérées.

«En tant qu’agents de la catégorie C de la fonction publique hospitalière, nous avons de très bas salaires, ajoute Bruno qui gagne 12000 € par an après 18 ans passés dans les ateliers du CHIVA. Aujourd’hui les astreintes sont payées une heure sur quatre. Un texte de loi dit que l’on peut être payé une heure sur trois si l’astreinte est considérée comme pénible.

En se déplaçant 70 fois par an, jour et nuit nous considérons cela comme une contrainte c’est pour cela que nous demandons la revalorisation du forfait d’astreinte à une heure pour trois. Cela représenterait en tout et pour tout 10 000 € pour l’année pour 12 agents… une situation de blocage pour 10 000 € c’est insensé !
»

Hier la dernière négociation avec Michel Thiriet, directeur de l’établissement, n’a pas été concluante. C’est pour cette raison que les agents sont en grève ce vendredi. Pour autant les négociations se poursuivent.

Le dialogue avec la direction n’est pas rompu
Du côté de la direction, Jean-Louis Portet responsable du pôle patrimoine et logistique est clair: sur le plan purement salarial, l’hôpital n’a aucune marge de manœuvre car dans toute la fonction publique les salaires sont fixés au niveau national et le CHIVA se doit d’appliquer les grilles et les valeurs de points d’indice comme dans tous les hôpitaux publics (Marie-France Lebranchu ministre de la fonction publique a décidé de geler la valeur du point d’indice cette année encore).

Quant aux astreintes mises en place 24x24h pour assurer la sécurité des installations, la rémunération est calculée sur la base du quart de la durée de l’astreinte en dehors des appels: «c’est un décret qui fixe ce régime, explique Lean-Louis Portet. Les agents des services techniques veulent utiliser la dernière phrase de ce texte qui dit qu’en cas de pénibilité importante de l’astreinte, on peut passer d’une heure pour quatre à une heure pour trois… c’est une demande difficile à satisfaire car le budget de l’hôpital n’est pas en situation d’excédent.

Par contre nous leur avons proposé de rémunérer le temps d’intervention récupéré mais ils n’ont pas accepté cette proposition, la négociation se poursuit mais nos propositions ne pourront aller que vers une meilleure indemnisation des interventions plus que sur le temps d’astreinte
»

Les agents des ateliers seront reçus lundi 1er juillet à 9 heures par la direction. Ils poursuivent la grève jusqu’à la semaine prochaine.

Laurence Cabrol | 28/06/2013 - 18:57 | Lu: 11962 fois