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Le changement, climatique c'est maintenant... que doivent s'y préparer les acteurs touristiques ariégeois et même pyrénéens

© midinews 2013

«L’homme a tendance à attendre le dernier moment, d’être au pied du mur pour changer, mais on sait que plus on attend plus c’est dur, douloureux et parfois délicat»

Vincent Vles fait partie de ces éminents universitaires conviés par l'ISTHIA (Institut Supérieur du Tourisme, de l'Hôtellerie et de l'Alimentation) de l'université de Toulouse-II Le Mirail lors d’un séminaire conclusif d'un projet de coopération transfrontalière nommé Transversalis.

Vaste programme porté par un collectif d'universités pyrénéennes dans le cadre d'un projet européen POCTEFA, pour lequel l'ISTHIA a été en charge d'une action portant sur le «Tourisme, développement durable et territoires pyrénéens»

Vincent Vles de poursuivre: «les Pyrénées vont gagner 2 à 3° à l’horizon  2060-2080 […] Avec ce réchauffement climatique, c’est tout un éco-système qui va être impacté, et ça touchera tout le monde. Les paysages vont être transformés, donc l’agriculture, le pastoralisme et bien entendu tous les commerces, services et activités qui gravitent autour du tourisme»

Un phénomène qui selon le spécialiste commencera à se faire sentir «dans les 10-20 ans à venir pour les stations pyrénéennes de ski en dessous de 2.000 mètres, même si, nuance-t-il, l’approche doit être différenciée quasiment au niveau de chaque piste, car à l’échelle du massif pyrénéen, certaines pistes situées au nord seront moins touchées même si dans des stations de moyenne altitude»

A ses côtés, d’autres universitaires sont intervenus lors de cette «grande journée» puisque 8 institutions universitaires se sont associées à cette démarche à l’échelle des Pyrénées: le PRES (pôle régional d’enseignement supérieur) de Toulouse, l’Université de Perpignan, l’Université de Girona, l’Université d’Andorre, l’Université de LLeida, l’Université Paul Sabatier, l’Université de Zaragoza et l’Université de Toulouse II-le Mirail.

Une plateforme web, simple d’utilisation pour l’aide à la décision des acteurs
Durant trois années, un long travail a été mené sur trois axes -réflexion, observation et action- compilant études, rapports et analyses, projets de développement, venant questionner la thématique du changement climatique, et plus globalement l’impact du tourisme pyrénéen sur les territoires, pour aboutir à préciser la place du développement durable dans les perceptions, les pratiques et les gestes au quotidien des professionnels du tourisme pyrénéen.

Vice-président du Conseil Régional, par ailleurs président de la Communauté de Travail des Pyrénées, Marc Carballido loue ce long travail d’inventaire appliqué au tourisme, secteur majeur des Pyrénées, et les préceptes avancés en matière de tourisme durable, estimant que «le développement économique donc touristique a une responsabilité sociale mais également environnementale.

La prise en compte du climat est importante et s’adapter aux évolutions de plus ou moins long terme reste un enjeu pour lequel les étudiants en formation aujourd’hui constitueront les emplois de demain
»

Un enjeu pour lequel la «constitution de référentiels communs et reconnus et leur transfert vers les opérateurs, décideurs et citoyens est essentielle»

Pierre Torrente, directeur adjoint de l’ISTHIA, posera également le problème: «comment aider l’ensemble des décideurs et acteurs à intégrer les logiques de développement durable, relative en particulier au changement climatique tout au long de leur chaîne de décision (investissement, stratégies, politiques et actions) ?»

Pour y parvenir, «ce long travail de compilation de données de trois années a été rassemblé sous la forme d’une plateforme web, simple d’utilisation, ouverte au plus grand nombre et mettant à disposition un ensemble de ressources et d’outils, pour une meilleure intégration du développement durable dans les prises de décision et les métiers du tourisme pyrénéen»

«Ainsi, poursuit le directeur adjoint, à l’issue d’un questionnaire complété en quelques clics sur son activité ou son projet, un institutionnel, un porteur de projet bénéficiera de préconisations et informations sur le pilotage de son activité, la conduite de projets et apportera au besoin des correctifs pour mieux intégrer les éléments de tourisme durable et l’impact du climat.

C’est un véritable outil d’aide à la décision dont le but est d’affiner la capacité d’un projet, d’une action à générer du développement sur le long terme
»

«Travailler sur l’acceptabilité politique et sociale du changement, climatique, en particulier, impose de communiquer davantage et mieux sur son impact au quotidien dans son activité, intervient Vincent Vlès. Cela repose sur de la pédagogie, de la sensibilisation afin d’accompagner le changement dans nos habitudes, nos attitudes.

Ainsi,
poursuit-il, en s’y prenant suffisamment en amont on peut se reprofiler, préparer les mentalités, adapter les projets, prévoir les financements»

Le tout, on l’imagine, de façon progressive et harmonieuse, sur la durée, sans heurts. Sinon, c’est le mur.

Sylvain Sastre | 28/06/2013 - 11:30 | Lu: 14542 fois