Dans une conjoncture complexe, les chefs d'entreprise ariégeois veulent être mieux considérés
En l’absence de la présidente Josiane Gouze-Fauré, Michel Vigier, délégué général de l’Union Patronale Ariège-Pyrénées -UPAP- a bien voulu commenter l’arrivée de Pierre Gattaz à la tête du Medef et les perspectives nouvelles qui l’accompagnent.
S’il reconnaît le travail accompli par Laurence Parisot, «d’abord une femme, venue des services, une présidente très présente», Michel Vigier voit en l’arrivée d’un homme issu du milieu industriel un symbole fort.
D’abord celui d’un rôle plus accru de l’importante branche métallurgiste, l’UIMM au sein de l’interprofessionnelle, ensuite une opportunité «de faire avancer l’image de l’entreprise, en particulier dans un contexte de désindustrialisation ou de désaffection des jeunes»
Reprenant à son compte les propos du discours introductif du nouveau patron du Medef, Michel Vigier cite en particulier 4 axes forts: défendre l’entreprise, changer son image, faire avec les politiques «s’adapter» et peut-être surtout «être au plus proche des territoires»
«Le Medef, ce n’est pas seulement les entreprises du CAC 40… il faut dépasser une vision très parisienne»
Pour le délégué général de l’UPAP, presque envieux des «gazelles allemandes» (ces grosses PME/PMI reines de l’exportation), «le Medef ne se résume pas au CAC 40. En Ariège, via les différentes branches, ce sont près de 700 entreprises (soit 15.000 salariés) qu’englobe l’UPAP, c’est une vraie richesse, un melting-pot qui va du salon de coiffure, aux grosses PME de la métallurgie (souvent en lien avec l’aéronautique) ou même la papèterie.
On a perdu le textile, Péchiney, ne reste plus que deux entreprises papetières. On ne peut pas faire grand-chose face à des phénomènes conjoncturels et structurels, les délocalisations ou encore la concurrence internationale»
Pour autant admet-il, «on a des niches, des savoir-faire, des petites entreprises très performantes, sans oublier des filières de formation excellentes… ces emplois feront les chefs d’entreprises de demain dans nos territoires»
Pour lui désormais, il faut attirer l’attention des pouvoirs publics pour soutenir davantage le monde économique et industriel «par un allègement des charges et des aides accrues à l’export»
Un rôle que doit jouer Pierre Gattaz de ce point de vue, considéré comme un rassembleur.
De même, Michel Vigier reste vigilant: «nous avons un tissu d’hommes, d’industriels très attachés à leur territoire, l’Ariège. Au niveau national, ils ont un peu oublié le territoire, "la base", le combat des entreprises au quotidien. Il faut dépasser une vision parisienne…»
«Nous devons tous avancer, dans une relation gagnant-gagnant»
Un signal fort et attendu afin que le nouveau patron des patrons soit effectivement «au plus près des territoires», d’autant que «la conjoncture reste atone, ni franchement négative ni positive, nous ne redoutons plus de catastrophes économiques mais il n’y a pas d’embellies non plus, la crise est toujours là et avec des carnets de commandes à deux-trois mois nos entreprises manquent de visibilité»
Une situation contrastée que le délégué général juge complexe: «il y a un vrai décalage entre la vie des entreprises, l’attitude des consommateurs ou encore l’implication des salariés ou celle des demandeurs d’emploi»
Si les milieux économiques ariégeois ne redoutent pas «au plan national, une rentrée sociale agitée si ce n’est ponctuellement lors de fermetures de sites», Michel Vigier reste prudent mais confiant sur les avancées indispensables à la table des négociations entre partenaires sociaux, notamment dans l’épineux dossier des retraites, «car tout le monde se rend bien compte que notre système n’est pas viable»
Une vigilance, pour ne pas dire frilosité, des chefs d’entreprise face à la conjoncture sans parler des banquiers, qui explique pour partie le peu d’engouement envers les dispositifs mis en place par l’état (le CICE, les emplois d’avenir ou encore le contrat de génération).
«Il n’y a pas des réactions d’opportunité. L’aide est un plus mais ce sont d’abord les perspectives de développement de l’activité qui font que l’entreprise embauche, crée de l’emploi»
Alors s’il y avait un dernier message à faire passer, il concernerait les jeunes: «on a du mal à attirer les jeunes dans nos métiers, à les former. L’Ariège compte près de 12.000 personnes sans emploi et pourtant certains métiers peinent à trouver du personnel, en particulier dans la métallurgie ou la sous-traitance aéronautique où par exemple 120 postes restent à pourvoir.
Nous avons aussi une vocation sociale… plein de chantiers sont en réflexion comme la convention passée avec Pôle Emploi au travers de la POE – la Préparation opérationnelle à l'emploi»
Un sujet de plus, le chômage des jeunes, qu’il faudra mettre en bonne place sur la table des négociations. Et aboutir là aussi «à une négociation gagnant-gagnant, qu’appelle de ses vœux Michel Vigier, pour le bien des entreprises et pour le bien des salariés»
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