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Une année chahutée pour l'APAJH 09 mais un projet associatif qui s'affirme

© midinews 2013

«Il fallait remettre la machine APAJH sur la bonne voie, un peu chahutée par quelques erreurs de gouvernance, au cours de ces dernières années»

Le Foyer d’accueil médicalisé, FAM, de Saint-Girons accueillait dernièrement l’assemblée générale annuelle de l’APAJH 09, sous le haut patronage de son président Jean-Louis Vigneau qui débutait ainsi son rapport moral.

C’est dans une salle comble face aux collines environnantes que cette assemblée a permis de revenir sur les faits marquants de l’année écoulée et tracer les perspectives.

Le FAM accueille en résidence des locataires en situation de grave handicap d’origine neurologique (Locked-in-syndrome, accidents vasculaires cérébraux, myopathies graves évoluées).

Fleuron ultra moderne à la pointe des dernières technologies de l’APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), il fait partie de la dizaine de sites, (IME d’Eycheil, CAT / Foyer de Montégut-Plantaurel, l’Unité de Traitement et d’Hébergement pour Adultes Autistes -UTHAA- à La Bastide de Sérou, le Foyer Occupationnel pour adultes en situation de handicap à Auzat, etc.) que gère l’association sur l’ensemble du département ariégeois.

Une association qui entend promouvoir la dignité et la citoyenneté des personnes en situation de handicap au travers de différents services, au nombre de quatre pôles dans le domaine médico-social qu’elle pilote (enfance scolarité, vie sociale ou professionnel, grande dépendance).

Ainsi, ce sont 250 personnes qui sont accueillies en établissement et près de 2.000 personnes suivies par les quelques 359 salariés ETP de cette association dont le budget annuel avoisine les 20 millions d’euros.

Dans un contexte plus qu’incertain le projet associatif entend se recentrer sur les valeurs de l’association
«Stabiliser la gouvernance a été l’un des premiers défis de l’association» évoque le président. Désormais, le président l’admet dans son rapport moral: «les inquiétudes et incertitudes sont nourries par notre environnement immédiat»

Si l’association trouve un écho important au niveau du Conseil général, il convient, selon le président, d’être «prudent dans la phase actuelle de négociations avec le département en vue d’une nouvelle gouvernance, améliorée, dans le secteur médico-social qui s’apparenterait à un troc» dans le cadre de l’Acte 3 de la décentralisation.

Du côté de l’ARS (l’Agence Régionale de Santé), «il ne se passe rien ou presque» évoque encore Jean-Louis Vigneau. Aussi, «être solides sur nos bases sera notre premier objectif», anticipe le président.

Forte de ses valeurs, de son histoire et même de son action militante, l’APAJH 09 se fixe 7 objectifs clés fondant son projet associatif toiletté dans lesquels la personne handicapée doit être au cœur.

Promouvoir la citoyenneté à l’école, dans la vie sociale ou professionnelle, adopter une gestion efficiente et plus créative et renforcer l’action militante sont les principaux rouages de ce projet associatif voté pour la période 2013/2018.

Si l’assemblée générale a focalisé une bonne partie des débats avec sa cohorte de rapports moraux, financiers ou d’activité, deux personnalités ont été invitées à s’exprimer puis échanger avec la salle.

Jean-Pierre Hardy à la direction des politiques sociales de l’Assemblée des départements de France est plus particulièrement revenu sur les évolutions du secteur du handicap et les logiques de parcours des personnes handicapées, revisitées dans le cadre de la décentralisation.

Intervenant à sa suite, en tant que vice-président du Conseil général en charge des questions de solidarité, André Montané est plus particulièrement revenu sur le contrat pluri-annuel d’objectif et de moyen (CPOM) qui vise à instaurer, atour du Conseil général, pilote, un système de gouvernance qui s’applique à toutes les structures entrant dans le champ médico-social. «Dans un contexte de finances contraintes, la mutualisation devient la règle»

Pour autant, le vice-président l’affirme: «c’est le projet individuel de la personne suivie, au centre de toutes les préoccupations, qui doit être accompagné par toutes ces structures.

C’est une révolution, une rupture, dans le mode de traitement du handicap qui s’appuie sur une politique de suivi de la personne dans tout son parcours y compris résidentiel (s’entendre en résidence d’accueil adaptée NDLR), et ce, tout au long de sa vie
»

En ce sens, pour André Montané, le FAM de Saint-Girons, rempli dans les trois mois qui ont suivi son ouverture avec des personnes venues de tout l’hexagone, répond à ses exigences et en constitue une belle illustration.

Sylvain Sastre | 10/07/2013 - 18:01 | Lu: 10864 fois