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L'emploi et la formation, les deux priorités de la Scop Métal de Pamiers

© midinews 2013

Fin 2012, les salariés de l’entreprise Milhorat Activité Fer, spécialisée dans la métallerie et la serrurerie, décident de la reprendre collectivement sous forme de Scop.

«La trésorerie était saine et les clients ont décidé de nous suivre» explique Gérald Latour, l’actuel gérant de la structure.

Cet ancien technico de l’entreprise Milhorat SA a plus de vingt ans d’expérience et avec lui un portefeuille de clients qui a permis à la Scop de poursuivre son activité dans de bonnes conditions: «au départ, les premières difficultés rencontrées étaient de rassurer clients et fournisseurs de la bonne continuité de l’activité. Aujourd’hui, la volonté affichée est de mettre en place tous les moyens nécessaires pour assurer la pérennité de ce projet ambitieux»

L’insertion professionnelle pour donner accès à la qualification des jeunes
Son objectif étant de transmettre le savoir aux jeunes pour que dans 4 ou 5ans, au moment où Gérald Latour fera valoir ses droits à la retraite, les emplois et la société soient pérennisés.

Bien qu’il n’y ait pas encore suffisamment de recul pour cette jeune Scop, l’expérience semble réussie.

Pour Sabrina Marchandise, assistante comptable, «c’est une belle aventure humaine avec l’investissement de beaucoup de jeunes qui veulent évoluer dans leur métier et faire grandir leur entreprise. Nous croyons à notre projet, on se donne les moyens d’y arriver»

Avec une vingtaine de salariés dont onze sociétaires, la politique de la Scop est au recrutement et à la formation: «nous sommes en pleine restructuration, des travaux sont en train d’être réalisés notamment le bureau du gérant et le bureau d’étude.

A la rentrée de septembre nous accueillons un dessinateur en BTS en alternance que nous allons former pendant deux ans, destiné à remplacer Jean-Christophe l’actuel dessinateur quand il partira à la retraite
» poursuit Gérald Latour.

La Scop Métal a été la première entreprise ariégeoise à signer un contrat d’avenir dans le secteur marchand. «Nos métiers sont dévalorisés et il est compliqué de trouver les compétences et d’attirer des jeunes sur ces formations. Alban est un jeune Kosovar arrivé en France en 2009. Après des débuts difficiles, il a été pris en charge par la communauté d’Emmaüs qui l’a aidé à trouver sa voie.

Nous avons accepté de le prendre en stage afin qu’il découvre les métiers de serrurier/métallier. Devant son enthousiasme et sa réelle volonté d’apprendre, nous avons voulu lui donner sa chance. C’est pourquoi, nous lui avons proposé un emploi d’avenir en mars dernier
» indique Sabrina Marchandise.

Et aujourd’hui comme tous les jeudis, Alban va suivre des cours de français afin de poursuivre son intégration au sein de la société.

Participer à la gestion de l’entreprise, une belle expérience humaine
Les sociétés coopératives et participatives, forme d’entreprenariat plus juste et plus humaine, suscitent de plus en plus l’intérêt des salariés et des politiques qui souhaitent pérenniser les emplois sur les territoires.

Grâce à leur fonctionnement et à la mise en réserve d’une partie des bénéfices, elles réussissent à tirer leur épingle du jeu malgré le contexte de crise économique, et certaines sont même dans une dynamique de recrutement grâce aux dispositifs financiers mis en place afin de les accompagner.

Une expérience gagnant-gagnant qui fait des émules.


Une Scop c’est quoi?

La Scop (Société Coopérative et Participative) est une société commerciale qui vit et se développe dans le secteur concurrentiel avec les mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise.

Son originalité: les salariés sont associés majoritaires de l’entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital.

En étant associés majoritaires de la Scop, les salariés décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants selon le principe «une personne = une voix»

Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation: privilégier ceux qui travaillent dans l’entreprise, sous forme de participation, d’intéressement, voire de dividendes, et penser aux générations futures en constituant des réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l’entreprise.

Enfin, l’esprit Scop favorise l’information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l’autonomie, la motivation et l’esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain.
Laurence Cabrol | 18/07/2013 - 18:43 | Lu: 11867 fois

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