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Dénonçant un décret scélérat, Jean-Pierre Bel clarifie la situation et annonce la réintégration des 101 communes ariégeoises en ZRR

© midinews 2013

«Je confirme que j’étais dans une colère terrible, ce n’est pas vraiment dans mon naturel, ce n'est pas ma personnalité… mais il faut de temps en temps exprimer ses colères… je n'ai pas eu besoin de faire de grands discours»

Sollicité de toute part on l’imagine depuis qu’un texte modifiant les communes classées en ZRR faisait disparaître 101 communes ariégeoises du dispositif, Jean-Pierre Bel n’a pas mis longtemps à réagir; vu la description qu’il en fait lui-même, on pourrait même dire que son sang n’a fait qu’un tour.

Et c’est devant toute la presse ariégeoise réunie que le deuxième personnage de l’état a souhaité clarifié fermement mais sur un ton posé la situation non sans cacher cette colère, donc, qui fut la sienne.

«Décret scélérat […] c’était hallucinant… on scie la branche sur laquelle on est assis … c’est un cas flagrant de bureaucratie excessive. C’était un très mauvais coup porté aux collectivités, à l’Ariège, à la montagne, aux zones rurales»

Une fois passée cette émotion, ce choc que nous évoquions hier dans notre précédent article, le président du sénat s’est voulu plus rassurant: «le premier ministère me l’a rappelé hier… c’est en cours de traitement»

Les 101 communes seront réintégrées dans le dispositif des ZRR
«Les Ariégeois ont été assez surpris dans les dernières 24 heures d’apprendre qu’une carte avait été conçue qui tout simplement aboutissait à faire disparaître plus de cent communes ariégeoises des cartes de ZRR (les zones de revitalisation rurales), c’est-à-dire d’une carte qui permet à des communes, à des territoires de faire vivre des projets avec ce petit supplément bien normal lorsqu’on se situe dans des zones plus difficiles, des zones de montagne, où l’on a besoin de surmonter les handicaps naturels»

Ainsi commence cette clarification voulue par Jean-Pierre Bel qui conclura plus loin: «je suis en mesure de dire aujourd’hui que cette disposition est purement et simplement nulle et non avenue, que les cent communes d’Ariege sont réintégrées dans la carte des zones de revitalisation rurales. Cela va créer un petit vide juridique mais qui sera rapidement réglé», le premier ministre lui ayant confirmé lui-même.

Admettant qu’il y aura des responsabilités et que les leçons en seront rapidement tirées, le président du sénat l’affirme: «je n’ai pas eu de mal à convaincre le premier ministre, Cécile Duflot et je sais que le président pense exactement comme moi, il est normal que la solidarité nationale joue en faveur des territoires qui en ont besoin»

Si de ce point de vue l’épineuse cartographie des ZRR semble donc être résolue en faveur de ces 101 communes ariégeoises qui réapparaissent dans les dispositifs (le reste n’étant que péripéties administratives pour régulariser la situation), ce couac, appelons-le ainsi, soulève deux autres problèmes que le président du Sénat anticipe et évoque ouvertement.

«J’ai été moi-même assez été étonné de l’apprendre (ce nouveau classement des ZRR NDLR) soudainement, car la décision qui a été prise l’a été sans aucune concertation sans aucun échange et sans aucune discussion. Je peux vous dire qu’il est hors de question pour l’avenir que nous fonctionnions de cette manière-là» lance Jean-Pierre Bel, qui l’assure toutefois «c’est un bel exemple qui permet de vérifier que notre démocratie fonctionne»

Car incidemment et le président du Sénat l’affirme aussitôt après, «nous sommes dans une vraie démocratie, c’est un pays dans lequel ce n’est pas la bureaucratie qui décide de l’avenir pour les territoires mais le politique dans le grand sens du terme, c‘est à dire ceux qui sont élus par les populations»

S’il vilipende un cas flagrant de bureaucratie excessive et ses calculs purement théoriques, il l’admet toutefois: «il va falloir être très attentif à l’avenir… Nous sommes revenus en arrière mais nous savons bien qu’une carte, un zonage c’est toujours évolutif» évoque-t-il revenant sur les «critères sur lesquels ces bureaucrates se sont appuyés en se gardant bien d’échanger»

Démocratie: 2, bureaucratie: 1, fin du troisième round par KO. S’agit-il d’un des premiers résultats de «ce choc» voulu par le président lui-même? On l’aura compris toutefois, il convient de rester vigilant.

Sylvain Sastre | 19/07/2013 - 18:24 | Lu: 35851 fois

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