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Marché de l'immobilier en Ariège: 2014, la bonne année?

© midinews (archives)

La présentation devant la presse des grandes tendances de l’immobilier en Ariège sur l’année 2012 par Bruno Barbe, délégué à la communication de la chambre interdépartementale des Notaires, reste toujours un évènement pour prendre le pouls de la vitalité économique du territoire.

Un pouls avec quelques hauts et beaucoup de bas révélés pour l’année 2013 par la base de données Min.Not des Notaires de France agrégeant les informations fournies par les 18 offices ariégeois, soit une trentaine de notaires (dont les prix énoncés s’entendent hors droits, commissions, frais et mobilier).

Après une année 2012 déjà très dure pour le secteur en Ariège, inutile de dire que beaucoup attendaient 2013 «au tournant» Et pour Bruno Barbe le constat est sans appel «2013 a été une année compliquée, oui. Avec une baisse sensible des prix sur les maisons anciennes puisqu’on est à -12%, en revanche avec une augmentation des volumes, ce qui est plutôt une bonne chose. On a aussi paradoxalement une diminution des volumes sur les terrains a bâtir et sur les appartements anciens, analyse-t-il.

Donc on a une situation compliquée parce que cela a été une année économiquement compliquée, une situation anxiogène, avec par exemple l’augmentation des droits d’enregistrements à venir applicable depuis le 1er mars»
Le marché est essentiellement porté par les maisons anciennesLes chiffres clés concernant l’évolution des prix font état d’une baisse dans les maisons anciennes de -12,2% et de hausse pour les appartements anciens +17,3% et les terrains à bâtir + 11,3%. Mais dans ces deux derniers secteurs, le volume de transactions est en chute, respectivement de -36 et-31%.

Le prix médian s’affiche à 65.000 euros dans les appartements anciens, soit 1730 le m2. Le studio avec 39% des ventes reste le bien le plus vendu. Le prix médian est de 30€ le m² pour les terrains à bâtir avec une surface moyenne de 1320 m². Le marché est essentiellement porté par les maisons anciennes (+13%) mais une hausse en volume qui annule simplement les baisses passées successives.

«Le prix médian, commente Bruno Barbe, sur une maison ancienne est déjà bas et il continue à baisser. Le prix médian est de 93.500 euros sur l’Ariège avec une distorsion entre la basse Ariege à 117.000€ à et la Haute-Ariège (à 102.500€) ou encore le Pays d’Olmes qui est à 74.300€»

Grosso-modo, le prix médian retrouve là son niveau de 2005. Les quatre pièces sont les plus vendues. Pour le reste des territoires ariégeois, le prix médian est de 100.000€ en Volvestre qui connait une baisse des prix de l’ordre de 6,1% et de 86.600€ en Couserans qui affiche lui une baisse des prix de 12,6%.

«Ce qui est caractéristique, détaille l’expert, c’est qu’on a un surcout à la construction lié à l’application des normes RT2012 qui vont certes améliorer la qualité thermique des bâtiments et donc permettre des économies d’énergie mais pour les investisseurs et primo accédant c’est compliqué de trouver un financement complémentaire de 10 à 15% sur le cout de construction de la maison cela a contribué à ralentir le souhait des acquéreurs de se porter sur les terrains à bâtir»

Par ailleurs, attentistes les investisseurs ont boudé le marché des appartements anciens en 2013 ou attendu une baisse des prix dans les terrains à bâtir et les maisons anciennes.
C’est le moment d’investir«La fiscalité est un des leviers, pour redynamiser le marché, éclaire Bruno Barbe, qui peut être efficace quand on le maitrise mais surtout sur les logements neufs dont le marché s’est bien développé grâce aux avantages fiscaux. En revanche sur le marché classique de l’appartement ancien, du terrain à bâtir ou des maisons anciennes le levier lié à la fiscalité, va rendre plus difficile le financement des opérations, avec par exemple l’augmentation des droits d’enregistrement applicable depuis le 1er mars…  car le client est à l’euro près»

En 2014, cette augmentation des droits d’enregistrement, puis l’abattement complémentaire de 25% sur les plus-values immobilières peuvent avoir un impact sur le marché même s’ils envoient des signaux contradictoires, plutôt négatifs pour l’un et positifs pour l’autre. Cependant dans une situation économique toujours aussi anxiogène, mais également face aux difficultés liés au financement bancaire les notaires ne s’attendent pas à une forte reprise du marché immobilier. A défaut une stabilisation serait la bienvenue pour tous.

«On espère que 2014 sera une meilleure année, veut croire Bruno Barbe. On a un prix très bas, évoque-t-il en référence au prix médian constaté en Ariège, ça veut dire que ce peut être un prix d’appel. C’est pour ça que je pense que 2014 sera une meilleure année, on peut difficilement aller plus bas et il y a toujours des gens qui veulent acheter, c’est le projet d’une vie. C’est le moment d’investir…»

Rendez-vous l’année prochaine pour savoir si les acquéreurs (et investisseurs) auront su et surtout auront pu saisir toutes les opportunités qu’offrent actuellement le marché immobilier Ariégeois pour concrétiser leurs projets. Mais c’est déjà une autre histoire…

Sylvain Sastre | 20/03/2014 - 19:13 | Lu: 34463 fois