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Européennes: la participation en légère hausse (15,70%) à midi en France

Une électrice dépose son bulletin dans l'urne pour les européennes le 25 mai 2014 à Marseille
© AFP - Franck Pennant

La participation aux élections européennes s'élevait à 15,70% dimanche à midi en métropole, en hausse de près d'un point par rapport au scrutin européen de 2009 (14,81%), selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Elle est en revanche très en dessous de celle du premier tour des municipales du 23 mars dernier, qui était de 23,16%.

La participation finale est la grande inconnue du scrutin de dimanche, qui semblait devoir être marqué par une abstention massive. Le précédent scrutin, en 2009, avait été marqué par la plus faible participation à ce type d'élections: 40,63% sur la France entière.

Près de 46 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner les 74 députés français au Parlement européen, qui compte au total 751 membres.

La participation était en hausse de deux points (11,7%) par rapport à 2009 à la mi-journée à Paris, et de 0,5 en Ile-de-France à 12,50% (-4 en Essonne).

En Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardennes, Picardie, comme dans l'est de la France, elle était en hausse dans la plupart de départements (+2 dans le Nord et le Pas-de-Calais, +5,5 dans la Somme). En PACA, les électeurs ont en revanche moins voté dans les Bouches-du-Rhône (-2), mais plus dans le Var (+4) ou l'Hérault (+2).

Le vote de l'exécutif a été marqué par les suites de l'attaque meurtrière de samedi contre le Musée juif de Bruxelles.

Pour François Hollande, qui a voté peu avant midi à Tulle, le "caractère antisémite" de cette attaque "ne fait pas de doute". Arrivé en voiture pour ne pas s'exposer aux critiques qu'avait suscité l'usage d'un Falcon lors des municipales, le chef de l'Etat doit repartir en début d'après-midi pour Paris.

A l'issue de son vote à Evry, le Premier ministre Manuel Valls a adressé un message "de solidarité et de compassion" au peuple belge.

A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), quatre membres du groupe des Femen ont manifesté peu avant le vote de Marine Le Pen dans cette ville tenue par le FN, en appelant seringues à la main à administrer un "vaccin antifasciste".

Pour ce vote, ouvert depuis 08H00, la pluie était attendue sur la plus grande partie du pays. Le scrutin sera clos à 18h00 dans les petites communes, à 19h00 dans certaines, à 20h00 dans les autres, en particulier en Ile-de-France. Pour faciliter la participation, plus de 400 communes ont retardé l'heure de fermeture.

Dans les départements et collectivités d'Outremer ayant voté dès samedi, et qui boudent généralement les scrutins européens, la participation a été encore plus faible que d'habitude. Ainsi 7,42% en Guadeloupe à 17h00, pratiquement moitié moins qu'en 2009 à la même heure (13,34%) et 7,79% en Martinique (9,5% il y a cinq ans).

Les électeurs qui auront boudé les urnes ne pourront pas se rattraper dimanche prochain. Le scrutin est à un seul tour, à la représentation proportionnelle (les sièges étant repartis en fonction des voix entre les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés), dans le cadre de huit "super-régions" : Nord-Ouest, Ouest, Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Massif central-Centre, Ile-de-France et Outre-Mer.

- Le successeur de Barroso -

Quelque 24 listes se présentent en moyenne dans chacune de ces circonscriptions, de 19 en Outremer à 31 en Ile-de-France. Pour la première fois, les bulletins blancs seront comptés à part, séparés des nuls.

Le découpage en ces grandes circonscriptions, étranger à l'organisation territoriale du pays, a pu contribuer au désintérêt envers le scrutin, à un moment où l'indifférence traditionnelle envers l'Europe se transforme en hostilité chez un nombre croissant de citoyens, dans la plupart des pays de l'UE.

L'enjeu est pourtant de taille : pour la première fois, le Parlement européen devrait être le faiseur de roi en choisissant le nom du successeur de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. A condition qu'une majorité claire se dessine dans l'hémicycle, car sinon les dirigeants européens pourraient être tentés d'imposer un candidat.

L'affaire se jouera en principe entre le conservateur luxembourgeois Jean-Claude Juncker et le social-démocrate allemand Martin Schulz. Mais beaucoup de Français ne connaissent ni l'un ni l'autre.

Partout, dans l'Union européenne, les résultats officiels ne seront publiés qu'à 23H00, heure de clôture du scrutin en Italie, dernier pays à fermer ses bureaux. Toutefois dès 20H00, les estimations des instituts de sondage - à partir des premiers bulletins dépouillés dans des bureaux tests, et non des déclarations des électeurs comme dans un sondage - permettront de connaître les tendances du scrutin.

- Les chances du FN -

Après ses scores souvent élevés aux municipales de mars, le Front National a des chances de gagner son pari d'arriver en tête, devant l'UMP.

La tâche de Marine Le Pen est facilitée par les difficultés du parti présidé par Jean-François Copé, large vainqueur des élections municipales mais incapable de parler d'une seule voix sur l'Europe et handicapé par des soupçons de surfacturations financières en son sein, avec l'affaire Bygmalion.

Le PS aborde le scrutin avec pessimisme, donné troisième avec un chiffre égal ou inférieur à son score (16,5%) des européennes de 2009, qui avait constitué l'un de ses plus mauvais résultats pour ce type d'élections.

Hormis le FN, aucune force politique n'a émergé dans la campagne : ni l'alliance UDI-MoDem, privée de Jean-Louis Borloo, ni les écologistes d'EELV, à la ligne politique hésitante - un pied dans la majorité parlementaire, l'autre en dehors -, ni le Front de gauche où Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent (PCF) ont rarement accordé leurs violons ces derniers mois.

En tout cas, Manuel Valls a prévenu mercredi qu'il n'y aurait "pas de changement de gouvernement" ni de "ligne économique", quel que soit le résultat.

Dominique CHABROL et Vincent DROUIN | 25/05/2014 - 11:59